Vie du Prophète - l'authentique
31/07/2007 20:33 par momowally
Généalogie du Prophète Muhammad

Abû al-Qâsim, Muhammad, ibn Abd Allâh, ibn Abd al-Muttalib, ibn Hâshim, ibn Abd Manâf, ibn Qusay, ibn Kilâb, ibn Murra, ibn Ka'b, ibn Lu'ay, ibn Ghâlib, ibn Fihr, ibn Mâlik, ibnan-Nadhr, ibn Kinâna, ibn Khuzayma, Ibn Mudrika, Ibn Ilyâs, Ibn Mudhar, Ibn Nizâr, Ibn Ma'ad, Ibn 'Adnân /.../ Ibn Ismâ'îl, ibn Ibrâhîm.
Au-delà de 'Adnân, la généalogie est interrompue mais nous savons cependant que 'Adnân est un descendant du Prophète Ibrâhim via son fils Ismâ'îl.
Du point de vue de sa mère il est Abû al-Qâsim, Muhammad, ibn Âmina, bint Wahb, ibn Abd Manâf, ibn Zuhra, ibn Kilâb (on continue avec les mêmes ancêtres que ci-dessus).
Notons que Fihr est celui qu'on appelle Quraysh, d'où le nom de la tribu de Quraysh.
Hâshim, L'arrière grand-père de Muhammad est celui qui donne son nom au clan des Banû Hâshim auquel appartient Muhammad.
Introduction à la science du hadith
31/07/2007 20:30 par momowally
Introduction à la science du hadith
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L'objectif de ce thread est de présenter quelques notions* utiles et non exhaustives que chacun, je pense, devrait avoir à l'esprit avant de lire, citer puis manipuler les hadiths.
* basées sur ma compréhension de ce que j'ai lu, donc n'engagent que moi et ne constituent absolument pas l'avis d'un expert mais après tout, nous sommes sur un forum
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SOMMAIRE
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1. Définition de la science du hadith
2. Distinction entre le khabar, le hadith et le athar
3. Les conditions du hadith authentique (hadith sahih)
4. Premiers écrits, premiers recueils de hadiths
5. Présentation succincte des recueils de hadiths les plus connus et utilisés aujourd'hui
6. Différentes classifications des hadiths
7. Conclusion
A retenir
Annexes
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1. Définition de la science du hadith
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Définition 1 : apprentissage des règles de base et des principes qui permettent de parvenir à la connaissance du rapporteur (ar-râwî) et de ce qui est rapporté (al-marwî).
Définition 2 : science basée sur des règles/principes qui permettent de connaitre tout ce qui concerne la chaîne de transmission (sanad ou isnad) et le contenu qui est véhiculé par cette chaîne (matn).
>> Objectif poursuivi : être capable de statuer sur l'authenticité (sahih) des informations qui nous sont rapportées.
Exemple :
Muhammad ibn 'Ibrâhîm at-Taymy rapporte avoir entendu 'Alqama ibn Waqqâs al-Laythy dire : J'ai entendu 'Umar ibn al-Khattâb dire du haut du minbar: J'ai entendu le Messager d'Allah dire : [La valeur de] l'action [réside] dans l'intention. A chacun selon son intention : celui qui s'expatrie pour [un certain bien de] ce bas monde ou pour épouser une femme, son expatriation lui sera comptée comme telle.[Extrait de Sahîh Bukhârî - Chapitre le début de la révélation] |
Ce qui est en vert correspond au matn, c'est à dire le contenu qui nous est transmis via la chaîne de transmission.
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2. Distinction entre le khabar, le hadith et le athar
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Le khabar : il s'agit de l'information qui est rapportée concernant le Prophète (psl), ou ses Compagnons (Sahâba), ou leurs Successeurs (Tâbi'ûn, i.e. la génération ayant été en contact avec les Compagnons), ou les tâbi' tâbi'în (2ème génération suivant celle des Compagnons), ou suivants.
Il découle de cette définition que le khabar se décline donc naturellement en deux catégories :
Le hadith : ce qui est rapporté concernant le Prophète (psl) que ce soit une parole de lui, un acte, une approbation ou une description de son caractère, son physique.
Le athar : ce qui est rapporté concernant les Compagnons du Prophète (psl) et suivants.
Remarque : des nuances dans la définition du khabar et du athar existent selon les auteurs mais les propos du Prophète (psl) sont unanimement appelés hadiths.
Exemples de hadiths rapportés selon qu'il s'agit :
| a) d'une parole du Prophète (psl) : le hadith déjà cité où le Prophète dit : "La valeur de l'action réside dans l'intention (...)" b) d'un acte du Prophète : Aïcha rapporte que quand le Prophète s'apprêtait à aller se coucher en étant en état de grande impureté (junub) il accomplissait les grandes ablutions (ghuçl) et ses ablutions pour ensuite prier. c) d'une approbation (non explicitée sous forme parole) du Prophète : Ibn Abbas rapporte que sa tante a offert au Prophète du fromage, du beurre et de la viande de lézard. Le Prophète mangea du fromage et du beurre et laissa la viande de lézard par dégoût. Cependant Ibn 'Abbâs rapporte qu'il en mangea à la table du Prophète. Ce qui prouve que si cela fût interdit il ne l'aurait pas mangé. d) d'une description du Prophète (psl) : Anas rapporte que le Prophète était ni grand ni petit, son corps sain, ses cheveux ni lisse ni crépu, etc |
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3. Les conditions du hadith authentique (hadith sahih)
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Un hadith sera qualifié d'authentique (sahîh) s'il répond aux 5 conditions suivantes :
- Le hadith doit être musnad
- La chaine de transmission doit être continue (= hadith muttaçil)
- Chaque rapporteur doit être honorable/honnête ET fiable/précis
- Le hadith ne doit pas être châdhdh
- Le hadith ne doit pas présenter de défaut caché (= ne pas présenter de 'illa)
Parfois ces 5 conditions sont présentées différemment : les deux premières (hadith musnad et muttaçil) sont regroupées en une première condition tandis que la troisième condition qui porte sur le rapporteur (honorabilité et précision) est divisée en deux en distinguant chaque attribut comme une condition à part entière.
3.1. Condition d'isnad
Cela signifie que le hadith doit posséder une chaîne de transmission (sanad/isnad) remontant jusqu'à son émetteur, c'est à dire le Prophète. Le hadith sera ainsi qualifié de musnad.
Quelques citations concernant l'isnad :
>> Une des principales raisons qui ont poussé à la nécessité de vérifier l'authenticité de l'isnad fût la fabrication délibérée de hadiths par différentes sectes en vue de légitimer leurs opinions. Ibn Sirîn (d.110H), un successeur (=tabi' appartenant à la génération qui a été en contact avec les compagnons du Prophète), a dit :"Ils [les traditionnistes] n'avaient pas l'habitude de demander la chaine de transmission [isnad]. Mais dès que la fitna apparut (trouble, guerre civile), ils prirent la précaution de demander les noms des rapporteurs. La fitna dont il est question concerne les troubles qui sont apparus à partir de l'assasinat du 3ème Calife Uthman en 35H.
>> 'Abdullah b. al-Mubârak (d.181H), un des célèbres professeurs de l'Imam al-Bukhari, a dit : "Le Isnad est partie intégrante de la religion. S'il n'avait pas existé, chacun aurait pu tenir les propos qu'il voulait."
3.2. Condition de continuité de la chaine de transmission
Cela signifie que chacun des rapporteurs composant la chaine de transmission ait pu entendre et récolter le hadith du rapporteur précédent. Dans beaucoup de cas, chaque rapporteur reçoit le hadith de la part de son précepteur (cheikh). Le hadith sera ainsi qualifié de muttaçil.
3.3. Condition sur chaque rapporteur
Chaque rapporteur doit remplir les conditions d'honorabilité ('adâla) ET de fiabilité "technique" (dhabt) :
- L'honorabilité s'entend comme condition portant sur la moralité et le comportement religieux du rapporteur qui devra présenter les caractéristiques de piété, ne pas commettre de péché tel qu'associationnisme, désordre, innovation, acte immoral, etc. Ex.: un menteur, un voleur, quelqu'un qui délaisse sa prière, qui ne respecte pas ses voisins ne pourra pas être considéré comme honorable et son hadith sera automatiquement écarté.
- La fiabilité "technique" est une condition portant sur les capacités de mémorisation de chaque rapporteur, sa connaissance de la langue arabe, et d'une manière générale tout ce qui peut affecter la précision du contenu rapporté. Ex. Un rapporteur âgé dont la mémoire fait défaut sera écarté sans pour autant mettre en doute son honorabilité.
3.4. Le hadith ne doit pas être châdhdh
Un hadith est qualifié de châdhdh si un de ses rapporteurs entre en contradiction flagrante avec un ou d'autres hadiths dont les rapporteurs sont sans conteste d'une fiabilité supérieur. Un tel hadith sera écarté.
3.5. Le hadith ne doit pas présenter de défaut caché ('illa)
Un tel défaut ne saute pas immédiatement au yeux mais sera relevé par un spécialiste du hadith compte tenu de son expertise des hadiths. Ce défaut peut, par exemple, être la non adéquation entre le vocabulaire arabe employée dans le contenu (matn) et l'époque du Prophète.
3.6 Conclusion
Notons que ces 5 conditions impliquent donc l'existence de ressources permettant :
- la connaissance des rapporteurs composant les chaines de transmission => domaine de la science des hommes du hadith ('ilm ar-rijâl) qui s'intéresse à établir une carte d'identité de chaque rapporteur : génération d'appartenance, sa région, ses précepteurs, son cercle d'élèves, etc.
- la connaissance de la critique de ces rapporteurs => domaine de al-jarh wa at-ta'dîl qui s'occupe de connaitre les critiques négatives (jarh) et positives (ta'dîl) émises à l'encontre des rapporteurs.
En fait, ces deux domaines sont étroitement liés et vont de pair et le terme 'ilm ar-rijâl englobera souvent les deux facettes ci-dessus.
Remarque : il va s'en dire qu'un rapporteur non identifié dans une chaine de transmission sera considéré comme inconnu (majhûl) et le hadith automatiquement rejeté.
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4. Les premiers écrits et recueils de hadiths
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A/ Premier siècle de l'Hégire : écrits ponctuels et personnels
Du vivant du Prophète (psl), il est rapporté que certains mettaient ponctuellement à l'écrit certains hadiths pour leur besoin personnel. D'autres commençaient à se constituer leur propre collection individuelle à l'instar de Abdullâh Ibn 'Amr. Ces mises à l'écrit furent autorisé tardivement par le Prophète, une fois que la révélation coranique était bien avancée et que les compagnons avaient bien été sensibilisé à la différence entre le Coran et les paroles du Prophète.
Après la mort du Prophète (psl) et jusqu'à la fin du premier siècle, les hadiths était véhiculés oralement et de mémoire et certains continuaient de produire des collections personnelles, notamment en vue d'enseignement à leurs élèves. Un exemple de recueil personnel (sahifa) est celui utilisé par Hammâm Ibn Munabbih (d.101H) et élève du célèbre compagnon Abu Hurayra (d.59H) de qui il a retranscrit ces hadiths. Quatres manuscrits de ce recueil (de 138 hadiths) ont été découvert tardivement bien après les recueils qui font aujourd'hui autorité établis par les célèbres Bukhârî, Muslim, Ahmad etc. La comparaison de ces derniers avec le recueil de Ibn Munabbih est étonnante (http://www.islamic-awareness.org/Hadith/hadith.html).
B/ Deuxième siècle de l'Hégire : écrits de préservation
Par la suite d'autres ont également compilés à l'écrit des hadiths dans une optique de transmission et de préservation. Citons par exemple les écrits suivants :
* al-Jâmi' de Ma'mar ibn Râshid (d.153H)
* al-Muwatta de Mâlik ibn Anas (93H-179H)
* al-Jâmi' de Sufyân ath-Thawrî (97H-161H)
* Kitâb az-Zuhd de ibn ul-Mubârak (d.181H) : un des professeur de Bukhârî
Parmi ces écrits dont l'existence est attestée dans plusieurs ouvrages, seul le Muwatta de l'Imâm Mâlik nous est parvenu. Bien qu'étant à la base un livre de Fiqh (droit) basé sur les pratiques de Médine, il contient l'une des plus anciennes collections de hadiths répartis selon les chapitres du droit.
Puis, au cours de la seconde moitié du 2nd siècle de l'Hégire, des auteurs ont engagés dans des efforts afin de voyager et récolter les hadiths du Prophète (psl). Citons à titre d'exemple, les recueils de Abû Dâwud (d.204H), al-Humaydî (d.219H) ou le célèbre musnad de l'Imâm Ahmad ibn Hanbal (d.241H). Tous ces ouvrages nous sont parvenus.
C/ Troisième siècle de l'Hégire : recueils spécialisés
C'est le siècle où Bukhârî (d.256H) puis son élève Muslim (d.261H) vont recueillir les hadiths et les filtrer en fonction de leur authenticité. Leurs deux ouvrages qui porte le nom de Sahîh (authentique) font autorité actuellement bien que Bukhari soit considéré un cran au-dessus de Muslim car plus sévère dans ses critères d'authentification.
D'autres recueils ont vu le jour durant ce siècle : sunan de at-Tirmidhî (d.270H), sunan de Abû Dâwud (d.275H), sunan de Ibn Mâja (d.275H), sunan de an-Nassaî (d.303H). Pour information, at-Tirmidhî et an-Nassâ'î sont des élèves de Bukhârî.
C'est aussi au cours de ce siècle que la science du hadith s'est mise en place au fur et à mesure et parmi les premiers écrits à avoir poser noir sur blanc les premiers jalons de la terminologie du hadith et les règles qui gouvernent l'étude des hadiths, nous avons ar-Risala de l'Imam Chafi'i (d.204H), l'introduction du Sahîh de Muslim (d.261H), les sunan de at-Tirmidhî (d.270H). At-Tirmidhî est celui qui, par exemple, a introduit la notion de hadith bon (hassan) qui est un intermédiaire entre le hadith authentique (sahih) et le hadith faible (da'îf).
Les contours de la science du hadith et la terminologie définitive furent ensuite figés par des savants comme al-Hâkim (d.405), al-Asbahani (d.430) ou al-Baghdadi (d.460).
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5. Aperçu des recueils de hadiths les plus connus et utilisés aujourd'hui
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L'objectif de ce paragraphe est de faire un tour d'horizon des recueils (sources écrites) de hadiths qui sont actuellement les plus connus et d'en décrire rapidement les spécificités. Les receuils en question sont :
Les 2 Sahih dans lesquels les auteurs ont eu pour objectif de consigner uniquement les hadiths authentiques sans prétendre à l'exhaustivité :
- Sahih Bukhârî (d.256H)
- Sahih Muslim (d.261H)
Les 4 Sunan dans lesquels les auteurs ne prétendent pas avoir fait un travail d'authentification :
- Sunan Abu Dâwud (d.204H)
- Sunan at-Tirmidhî (d.270H)
- Sunan Ibn Mâjâ (d.275H)
- Sunan an-Nasâ'î (d.303H)
Les ouvrages des deux Imâms à l'origine des deux écoles de droit (malékites et hanbalite)
- Le Muwatta de Mâlik Ibn Anas (d.179H)
- Le Musnad de Ahmad (d.241H)
Les deux autres sahih pus tardifs que ceux de Bukhârî et Muslim mais ayant le même objectif d'authentifier les hadiths avant de les consigner à l'écrit :
- Sahih Ibn Khazîma (d.311H)
- Sahih Ibn Hibbân (d.354H)
5.1. Les deux Sahîh de Bukhâri (d.256H) et Muslim (d.261H)
Les deux Sahih contiennent des hadiths collectés par Bukhâri et Muslim (qui est élève du premier) et passés au filtre des 5 confitions d'authencité citées plus haut (cf. §3). Bukhârî a l'avantage de poser comme contrainte forte pour remplir la condition de la continuité de la chaîne de transmission (al-ittiçâl) que les deux rapporteurs qui s'échangent le hadith doivent avoir pû se rencontrer alors que Muslim se contente qu'ils soient comtemporains.
Il est important de signaler que ces deux recueils ne se veulent pas exhaustifs de tous les hadiths authentiques du Prophète et que d'autres hadiths non contenu dans ces deux recueils peuvent être authentiques mais sur lesquels Bukhârî et Muslim n'ont pas "travaillé".
Un ouvrage existe (mustadrak de al-Hâkim d.405H) et se veut une authentification de hadiths non recueillis par Bukhârî et Muslim mais remplissant leurs conditions d'authenticité.
Notons que des savants comme Bukhârî et Muslim connaissaient leurs hadiths par coeur avec leur chaîne de transmission. Bukhârî était par exemple capable de détecter une erreur si on voulait le tester en changeant le nom d'un des rapporteurs ou en intervertissant deux rapporteurs quand bien même le contenu (matn) du hadith était bon. Bukhârî a été surnommé le prince des croyants dans la science du hadith.
Les deux recueils de Sahih ont été unanimement reconnu comme ayant un contenu de très haute fiabilité. Des savants comme Daraqutnî ou al-Hâkim ont fait l'analyse et la critique des hadiths contenus chez Bukharî et Muslim et il ressort en général que sur une moyenne de 4000 hadiths, une centaine de hadiths soit l'objet de discussion entre les traditionnistes donc sont critiquables sans que cela soit synonyme de hadiths faibles.
5.2. Sunan de Abu Dâwud (d.204H)
Recueil contenant uniquement les hadiths prescriptifs.
Recueil contenant à la fois des hadiths authentiques (sahih), bons (hassan) et faibles (da'îf).
Recueil contenant certains commentaires sur les hadiths et les divergences des savants sur certains rapporteurs.
5.3. Jâmî de at-Tirmidhî (d.270H)
At-Tirmidhî fût un élève de Bukhârî.
Recueil contenant des hadiths authentiques, bons et faibles.
Recueil contenant aussi des commentaires sur les rapporteurs et des commentaires des savants sur certains hadiths.
At-Timidhî a introduit une catégorie intermédiaire entre le hadith authentique (sahih) et le hadith faible (da'îf) : le hadith bon (hassan). Toutefois il use en plus dans son recueil de certaines expressions comme bon-authentique ou faible-hassan ou bon-authentique-étrange que les savants ont bien du mal à comprendre le sens.
5.4. Sunan Ibn Mâjâ (d.275H)
Recueil intéressant parce qu'on y trouve beaucoup de hadiths cités dans les 5 autres recueils mais partant il contient aussi beaucoup de hadiths faibles.
5.5. Sunan de an-Nasâ'î (d.303H)
An-Nassâ'î fût un élève de Bukhârî.
Recueil contenant des hadiths authentiques, mais aussi des hadiths faibles voire très faibles.
5.6. Muwatta de Imâm Mâlik Ibn Anas (93H-179H)
Signalons que le recueil de Mâlik est antérieur aux 2 Sahih. Comme nous l'avons déjà vu plus haut (§4) le Muwatta de l'Imâm Mâlik (d.179H) est à la base un livre de Fiqh (droit) basé sur les pratiques juridiques de Médine, mais qui contient l'une des plus anciennes collections écrites de hadiths répartis selon les chapitres du droit.
Les hadiths du Muwatta ont été en grande majorité authentifiés, quelques uns sont faibles, d'autres ne peuvent être évalués car la chaîne de transmission n'est pas citée ou partielle.
5.7. Le Musnad de l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal (d.241H)
Un ouvrage de hadith dont le titre est musnad signifie que l'auteur a classé les hadiths selon les noms des rapporteurs. Le musnad le plus célèbre est celui de l'Imâm Ahmad qui contient environ 30.000 hadiths (à comparer au 4000 de Bukhârî) ! Le recueil contient à la fois des hadiths authentiques, bons et faibles.
Le musnad commence par les 10 compagnons dont le paradis leur a été promis de leur vivant (dont les 4 Califes).
5.8. Sahih Ibn Khazîma (d.311H) et Sahih de Ibn Hibbân (d.354H et élève de Ibn Khazîma)
Les deux auteurs ont eu pour objectif de collecter uniquement ce qui est authentique.
Un des professeurs de Ibn Khazîma fût Muslim. Son recueil ne nous est pas parvenu dans sa totalité (les 3/4 sont perdus), le 1/4 restant est composé d'environ 3000 hadiths.
Finalement, l'analyse des deux recueils montre qu'ils ne sont pas exempts de hadiths faibles bien qu'en faible quantité et l'autorité ces deux recueils se situe en général juste après les deux Sahihs classiques. La critique de ces deux recueils est encore d'actualité à l'inverse des deux recueils de Bukhârî et Muslim qui ont été très tôt soumis à la critique des savants et dont les hadiths critiquables sont bien identifiés par les spécialistes du hadith.
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6. Les différentes classifications des hadiths
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Les savants du hadith ont attribué aux hadiths des qualificatifs afin de les classer et surtout permettre d'en décrire les différentes spécificités, que l'on peut répartir en fonction des catégories suivantes :
6.1. Qualificatifs informant sur l'autorité qui est à l'origine du hadith
Hadith qudsî (divin) : révélation de Dieu à Muhammad (psl) dans le sens mais formulation par Muhammad avec ses propres mots. Elle est déconnectée de la révélation coranique.
Hadith marfû' (élevé) : hadith dont le contenu est énoncé par le Prophète (psl) (ex. Un compagnon qui dit : J'ai entendu le Prophète dire : "...")
Hadith mawqûf (arrêté) : hadith dont le contenu émane d'un Compagnon (ex. Un compagnon qui dit : On nous a ordonné de...)
Hadith maqtû' (coupé) : hadith dont le contenu émane d'un Successeur.
6.2. Qualificatifs décrivant une particularité de la chaîne des rapporteurs
Hadith musnad : la chaîne de transmission remonte jusqu'au Prophète (psl).
Hadith muttaçil : la chaîne de transmission (isnad) est continue. Comme nous l'avons vu en §3 c'est une des conditions nécessaires du hadith authentique (sahîh).
Hadith munqati' (isnad discontinu) : il existe une discontinuité dans la chaîne de transmission (isnad). Le terme munqati' est assez général pour désigner l'existence d'une ou plusieurs coupures. D'autres termes viennent préciser le lieu et la nature de la coupure selon que le coupure soit en début (hadith mu'allaq) ou en fin de chaîne (hadith mursal).
Hadith mursal : le lien entre le Successeur et le Prophète est manquant (ex. Le successeur dit : le Prophète a dit...). Donc la coupure se situe au niveau d'un ou des Compagnons du Prophète. Théoriquement un hadith mursal ne satisfait pas à la condition de l'ittiçal (hadith muttaçil) nécessaire au hadith authentique. Cependant sous certaines conditions un hadith mursal pourra être considéré comme muttaçil, mais nous ne développerons pas cette partie car nous sortons de l'objectif fixé qui est d'offrir un aperçu globale des règles sans approfondir le détail des exceptions.
Hadith mu'allaq : le traditionniste omet le début de chaîne et cite directement la chaîne à partir du Successeur. Exemple : parfois Bukhârî omet de citer son professeur donc théoriquement le hadith est mu'allaq et ne satisfait pas à la condition de l'ittiçal (hadith muttaçil) nécessaire au hadith authentique. Cependant il est démontré que ces hadiths sont mu'allaq en apparence seulement (Bukhârî allège en ne citant pas son professeur, le hadith est déjà cité avec une chaîne complète dans un autre chapitre), mais muttaçil dans les faits.
Hadith mu'dhall : la coupure est composée de plusieurs rapporteurs successifs manquants (2 rapporteurs et plus).
6.3. Qualificatifs portant sur le nombre de rapporteurs à chaque strate de la chaîne
Hadith mutawâtir (abondant) : se dit d'un hadith dont les chaînes de transmission abondent, i.e. il existe un nombre important (en moyenne 10 mais ce nombre varie selon les auteurs) de rapporteurs à chaque niveau de la transmission de manière à ce qu'il soit juger impossible qu'ils se soit tous mis d'accord sur une erreur. On distingue le hadith mutawâtir dans le sens (ma'nawî) de celui qui est mutawâtir à la lettre (lafdhî). Ce type de hadith est bien évidemment une denrée rare et est estimé à environ 300 hadiths (mutawâtir ma'nawî) selon Abû Ja'far al-Kittâbî.
Hadith ahâd : Un hadith qui n'est pas mutawâtir est qualifié de ahâd et se subdivise en 3 catégories :
- Le hadith machhûr (célèbre) : existence de plus de deux rapporteurs (donc au moins 3) à chaque étape de la chaîne de transmission.
- Le hadith 'azîz (fort) : au moins une étape donnée contient seulement deux rapporteurs.
- Le hadith gharîb (isolé) : au moins une étape donnée contient un seul rapporteur.
6.4. Qualificatifs jugeant de la valeur probante d'un hadith en vue de son acceptation ou non
Le hadith sahîh (authentique) : il réunit les 5 conditions de l'authenticité que nous avons vu plus haut (cf. §3).
Le hadith hasan (bon) : Parmi les 5 conditions de l'authenticité, la condition portant sur la précision (adh-dhabt) n'est pas remplie pour un des rapporteurs.
Le hadith da'îf (faible) : hadith ne remplissant ni les conditions du hadith authentique (sahih) ni celles du hadith bon (hasan).
6.5 Conclusion
Ceci ne représente qu'un survol des différentes terminologies utilisées pour classifier les hadiths. Il en existe facilement plus d'une trentaine, utilisées par les spécialistes (traditionnistes et juristes).
Le profane pourra se contenter simplement de retenir la définition d'un hadith authentique (sahîh), bon (hasan), faible (da'îf), divin (qudsî) et abondant (mutawâtir).
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7. CONCLUSION
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Conformément à mon objectif, je ne suis pas entré dans l'exhaustivité de chaque notion, notamment ce que j'ai dis sur la classification des hadiths ou sur les recueils de hadiths existants ne représente qu'un morceau choisi.
Je n'ai pas abordé non plus la question de la critique des rapporteurs ('ilm ar-rijâl et al-jarh wa at-ta'dîl) car on entre là déjà dans le coeur de la science du hadith alors que notre exposé ne se veut qu'une introduction. Des bouquins très bien fait existent certainement pour ceux que la science du hadith intéresse même si selon moi, dès que l'on dépasse le stade des définitions que j'ai données on se doit de "manipuler" concrètement les chaines de transmission avec un professeur et non plus se contenter de lire de la théorie.
Je vais clore sur deux notions importantes :
A/ Les règles d'acceptation d'un hadith par les spécialistes
La règle fondamentale pour accepter un hadith est qu'il soit authentique (sahîh), bons (hasan) ou mutawâtir. Le hadith sera ainsi qualifié de maqbûl (accepté). Donc par exclusion, les autres hadiths ne sont pas considérés comme valables.
La majorité des hadiths acceptés (maqbûl) est directement utilisée comme base de travail par les musulmans pour en extraire une morale, une éthique, ou par les juristes pour en extraire une règle, une interdiction, etc. Ces hadiths seront alors qualifiés de ma'mûl bih (à partir desquels on peut travailler). Les autres hadiths bien qu'acceptés (maqbûl) ne seront pas immédiatement ma'mûl bih et nécessiteront une analyse plus en profondeur car ce sont ceux qui font apparaître a priori des contradictions entre eux (hadith mukhtalif) et suivront alors par exemple le processus suivant :
- on regardera si les hadiths n'entre pas dans le cas d'un abrogeant/abrogé
- sinon, on regardera si une voie de conciliation est possible
- sinon, on tentera de trancher quel hadith est le plus probant/cohérent selon différentes techniques (il en existe une cinquantaine selon Dr Mahmoud at-Tahhân)
- sinon (ce qui est très rare après les trois précédents filtres), les deux hadiths resteront valables comme argument.
B/ Restons attentifs avant de manipuler les hadiths
Chacun l'aura compris, les recueils de hadiths que nous avons cités ne sont en réalité pas destinés sans condition au novice car la présence d'un hadith dans un de ces recueils ne présuppose pas de son authenticité (sahîh), ni de son acceptation immédiate (maqbûl) et quand bien même il aurait été ensuite authentifié et accepté dans sa formulation cela nécessite encore une étape de correcte compréhension et d'interprétation (ta'wîl) au moins à la lumière des préceptes coraniques et du reste du corpus de hadiths afin de savoir si ce hadith peut servir de base pour une argumentation (ma'mûl bih).
Malheureusement, l'erreur commise est de piocher tel ou tel hadith en s'imaginant que s'il est dans un recueil alors sa validité est évidente, ce qui n'est absolument pas le cas. Ceci est aussi valable pour un recueil comme le Sahîh Bukhârî car comme nous l'avons vu certains hadiths ont très tôt été identifiés comme criticables et sont connus par les spécialistes.
Malgré tout ce qu'on a dit il serait faux de croire que tous les hadiths sont incompréhensibles par le musulman qui n'est pas versé dans la science du hadith. Enormément de hadiths sont immédiatement intelligibles, notamment ceux portant sur l'éthique, les valeurs universelles, le mérite de certains actes, le bon comportement quotidien du musulman envers Dieu, sa Création et envers ses frères en humanité, etc. Certains ouvrages de an-Nawawî comme Le Jardin des vertueux (Riyâd as-Sâlihîn) ou Les 40 hadiths mettent à notre portée ce type de hadiths.
Tout ceci pour dire que nous devons rester conscients de nos limites dans nos manipulations de certains hadiths et demeure vigilants dans nos lectures. Je pense par exemple aux ouvrages contenant des hadiths sans références. Bien que cela ne soit "pas très pro" de ne pas citer la source d'un hadith, cela ne signifie pas que l'auteur ait cité des hadiths faible mais cela signifie qu'automatiquement le lecteur est mis devant sa responsabilité de vérifier au moins l'authenticité du hadith.
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A RETENIR
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§1 et §2 : Définition du hadith, du sanad, du matn.
§3 : Les 5 conditions du hadith sahih et la terminologie associée.
§4 : Grandes étapes de la codification des hadiths (3 premiers siècles de l'hégire).
§5 : Les différents recueils de hadiths : les deux Sahîh (Bukhârî - Muslim) et le Mustadrak de al-Hâkim, les quatre Sunan, le Muwatta de Mâlik, le Musnad de Ahmad, et les deux Sahih tardifs.
§6 : Quelques classifications de hadiths : le hadith qudsî ; selon la valeur du hadith (authentique/sahîh - bon/hasan - faible/da'îf) ; selon l'abondance des rapporteurs (mutawâtir - ahâd).
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ANNEXES
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Ressources complémentaires sur Mejliss :
Autre introduction à la science du hadith par Zoubeir1
Introduction à la critique des rapporteurs (jarh wa tardîl) par Visio
Ressources Web :
maison-islam.com : la rédaction du hadith s'est-elle faite tardivement ?
islamic-awareness.org : Are there any early hadiths?
islamfrance.free.fr : La science du hadith
Le saviez-vous ?
Le Prophète (psl) est Abû al-Qâsim, Muhammad, ibn Abd Allâh, ibn Abd al-Muttalib, ibn Hâshim, suite ici.
Le coeur et l'adoration
Le coeur est l'âme de l'adoration, et son essence. Si sa présence vient à manquer à nos actes, ces derniers seront comme un corps sans vie, dépourvu de son âme. *** L'adoration au moyen du coeur est plus importante et plus persistante que celle des sens. Elle est un devoir à chaque instant. *** Les actes se comparent par ce que les coeurs contiennent des vérités de la foi. Ibn Qayyim - XIVè.
Quel est le message du Coran aux hommes ?
31/07/2007 20:20 par momowally
Quelle preuve a-t-on de l'origine divine du Coran ?
31/07/2007 20:11 par momowally
D'où vient le Coran ? Que le Coran soit d'origine divine est pour le musulman un élément de sa foi. Mais peut-on dire de cette croyance du musulman qu'elle serait "un dogme" ? Je ne le pense pas, car un dogme est ce en quoi on croit sans rationalité. Or, les éléments qui suivent sont présentés pour argumenter de l'origine du Coran. 1. Son exactitude scientifique "Pour moi, il n'existe pas d'explication humaine au Coran." Ces mots d'un chirurgien français, Maurice Bucaille, témoignent de cet étonnement mêlé d'admiration que peut ressentir l'homme de science devant l'étude des phénomènes scientifiques exposés dans le Coran. Bucaille reconnaît à juste titre que "le Coran n'est pas (…) un livre ayant pour but d'exposer certaines lois de l'univers" mais qu'il a au contraire "un but religieux essentiel", que ce n'est qu'à "propos de descriptions de l'Omnipotence divine que des invitations à réfléchir sur les œuvres de la création sont adressées aux hommes." Pourtant, démontre-t-il, les données que le Coran énumère à cette fin sont "absolument conformes aux connaissances scientifiques modernes", attendu bien sûr qu'il faille "distinguer la théorie scientifique et le fait d'observation dûment contrôlé." Le déplacement du soleil à travers la galaxie, la notion d'orbites pour la lune et le soleil, l'origine des eaux souterraines sont quelques-unes des récentes découvertes auxquelles le Coran faisait pourtant allusion depuis il y a déjà 14 siècles dans les versets 36/38, 36/40 et 39/21 respectivement. Les conclusions de Bucaille sont : "Si un homme était l'auteur du Coran, comment aurait-il pu, au viiè siècle de l'ère chrétienne, écrire ce qui s'avère aujourd'hui conforme aux connaissances scientifiques modernes?" "Aussi est-il parfaitement légitime non seulement de considérer le Coran comme l'expression d'une révélation, mais encore de donner à la révélation coranique une place tout à fait à part en raison de la garantie d'authenticité qu'elle offre et de la présence d'énoncés scientifiques qui, examinés à notre époque, apparaissent comme un défi à l'explication humaine." |
Comment se présente le texte du Coran ?
31/07/2007 19:56 par momowally
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Plusieurs versets constituent des sourates, sortes de chapitres ou plutôt de sections de longueur variable, qui comportent toutes en leur début (excepté une) la formule de la basmala: "Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux". Le Coran compte 114 sourates au total. |
Comment se définit le Coran ?
31/07/2007 19:51 par momowally
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Il ne cherche pas à renier ces dernières, mais à confirmer leur message essentiel, tout en se démarquant des déviations que celui-ci a pu subir au cours des siècles.
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les attributs d'Allâh(swt)
31/07/2007 19:28 par momowally


[34]- Celui qui attribue à Allâh(swt) - ÊÚÇáì - des qualificatifs propres aux humains, a blasphémé. Celui qui fait preuve de lucidité à ce sujet, aura fait preuves de considérations, il aura su se tenir a l'écart des propos semblables à ceux des mécréants, et aura compris que malgré Ses attributs, Allâh - ÊÚÇáì - n'est pas semblable aux êtres humains.

La traduction est-elle la bonne? C'est "blasphémé" ou "mécru"?
Exposé sur l'importance de la science du tawhid
31/07/2007 19:15 par momowally
Exposé sur l'importance de la science du tawhid
La science concernant Allâh(swt) et Ses attributs est la plus honorable des sciences et c'est la science qui a le degré le plus haut. Elle est l'obligation la plus importante qui prime sur toute autre science. On la nomme la science des fondements (al-'ousoul), la science de l'unicité (at-tawhid) et la sciences de la croyance (al-i^tiqad). Le Prophète
s'est qualifié du plus haut degré dans cette science. Il a dit :

('ana 'âlamoukoum bil-Lahi wa 'akhchakoum lah) [1] ce qui signifie : « Je suis d'entre vous celui qui connaît le plus Allâh(swt) et celui d'entre vous qui Le craint le plus ». Cette science est par conséquent la plus importante à acquérir et celle qui a le plus droit à l'honneur et à la glorification. Allah taâla dit :

(Fa^lam 'annahou la 'ilaha 'il-la l-Lah, wa staghfir li dhanbik ) [sourat Mouhammad / 19] ce qui signifie : « Sache qu'il n'est de dieu que Allah et demande pardon pour ton péché »
Il a fait précéder l'ordre de connaître le tawhid sur l'ordre de demander le pardon. En effet, le tawhid est lié à la science des fondements (al-'ousoul) et la demande de pardon est liée à la science des branches (al-fourou^).
Le sujet de la science de al-kalam, c'est d'une part l'observation, c'est-à-dire de prendre pour preuve la création de Allah ta^ala pour confirmer Son existence et Ses attributs de perfection, et d'autre part les textes de loi dont sont extraits les témoignages et ceci conformément à la loi de l'Islam et non sur les bases des philosophes, parce que les philosophes ont à ce sujet des propos connus chez eux tels que la théologie (al-'ilahiyyat). Les savants du tawhid ne parlent pas au sujet de Allah et au sujet des anges et autres que cela en se basant uniquement du point de vue de la raison, mais ils font référence à la raison pour la prendre à témoin sur l'exactitude de ce qui a été rapporté du Messager de Allah
, car la raison chez les savants du tawhid est un témoin de la Loi de l'Islam et non le seul fondement de la religion. Par contre les philosophes ont considéré la raison comme seul fondement sans se référer à ce qui a été rapporté des prophètes. Ils ne s'attachent pas à allier l'observation rationnelle à ce qui a été rapporté des prophètes, bien que l'observation rationnelle saine ne va pas à l'encontre de ce qui a été rapporté par la loi de l'Islam et ne la contredit pas.
Allah a incité Ses esclaves, dans le Qour'an, à observer Sa création pour connaître Sa toute-puissance. Il dit ta^ala :

('awalam yandhourou fi malakouti s-samawati wa l-'ard) [sourat Al-'A^raf / 185] ce qui signifie : « Ne méditent-ils pas au sujet des cieux et de la terre ? » et Il dit ta^ala :

(sanourihim 'ayatina fi l-'afaqi wa fi 'anfouçihim hatta yatabayyana lahoum 'annahou l-haqq) [sourat Foussilat / 53] ce qui signifie : « Nous leur manifesterons Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes afin qu'il leur soit clair que c'est la vérité ».
Cette science, avec ses arguments rationnels et textuels du Livre (Al-Qour'an) et de la Sounnah est nommée la science de al-kalam. L'origine de cette dénomination tient au grand nombre de contrevenants qui se réclament de l'Islam et aux longues discussions des gens de la tradition pour montrer la vérité. Certains ont dit : elle s’appelle ainsi parce que la plus célèbre des discussions portait sur la question de la parole de Allah ta^ala, si elle n'avait pas de début (ce qui est vrai) ou si elle entrait en existence (ce qui est faux). Al-Hachawiyyah [2] ont dit : Sa parole est constituée de sons et de lettres. Ils ont exagéré à tel point que certains d'entre eux ont dit que cette voix n'a pas de commencement et qu'elle est de toute éternité, que la forme des lettres qui sont dans les mous-haf les livres du Qour'an n'a pas de commencement et existe de toute éternité, ils sont sortis du cadre de la raison. Un autre groupe a dit : Allah ta^ala parle dans le sens qu'Il crée la parole dans autre que Lui, comme l'arbre auprès duquel Mouça a entendu la parole de Allah, et non pas dans le sens que Allah a une parole propre à Lui-même qui est un de Ses attributs, ceux-là sont les mou^tazilah, que Allah les enlaidisse. Quant aux gens de tradition ('Ahlou s-Sounnah) ils ont dit : Certes, Allah parle par une parole propre à Lui-même qui n'a pas de début, éternelle, qui n'est ni lettre, ni son et qui ne change pas d'une langue à une autre.
Si quelqu'un dit : Il n'a pas été rapporté que le Prophète
a enseigné à l'un des compagnons cette science ni que l'un de ses compagnons l'a apprise ou l'a enseignée à autrui. Cette science est apparue au contraire après leur époque, si cette science était donc si importante dans la religion, les compagnons et les successeurs seraient les premiers à l'avoir apprise.
On dira : Si par cette parole, il vise qu'ils n'ont pas connu Allah, Ses attributs, Son unicité et Son exemption de toute imperfection ainsi que la véracité de Son messager et l'exactitude de ses miracles par l'argumentation rationnelle mais qu'ils ont admis tous cela par imitation, ce serait des dires très éloignés de la vérité et des paroles abominables
En réponse à ceux qui disent : (Pourquoi parlez-vous avec la science de al-kalam alors que les compagnons ne l'ont pas fait ?), Abou Hanifah que Allah l'agrée a dit : « Ils sont plutôt à l'exemple de gens qui n'étaient pas en présence de ceux qui les combattaient, ils n'avaient donc pas besoin de sortir les armes. Nous, nous sommes à l'exemple de gens qui sont en présence de ceux qui les combattent, et qui ont donc besoin de brandir les armes » fin de citation.
S'il vise maintenant que les compagnons n'ont pas prononcé ces expressions terminologiques en usage chez les gens de cette science comme : la substance élémentaire (al-jawhar) et la caractéristique (al-^arad), le possible (al-ja'iz) et l'impossible (al-mouhal), l'entrée en existence (al-hadath) et l'exemption de début (al-qidam), nous le lui concédons mais nous montrons qu'il y a l'équivalent dans toutes les autres sciences, car il n'a pas été rapporté du Prophète
ni de ses compagnons qu'ils ont prononcé des termes comme l'abrogatif (an-naçikh) et l'abrogé (al-mansoukh), le global (al-moujmal) et l'équivoque (al-moutachabih) et autres que ces termes comme il est d'usage chez les gens de l'exégèse (at-tafsir), ni des termes comme l'analogie (al-qiyas) et la préférence (al-istihsan), l'homologie (al-mou^aradah) et l'antinomie (al-mounaqadah), l'absolu (at-tard) et la condition (ach-chart), la cause (as-sabab) et la raison (al-^il-lah) et autres que ces termes comme il est d'usage chez les spécialistes de la jurisprudences (al-fiqh), ni des termes comme la récusation (al-jarh) et la déclaration de fiabilité (at-ta^dil), ce qui est rapporté d'une seule personne (al-'ahad), ce qui est répandu et célèbre (al-mach-hour) et ce qui est rapporté par un grand groupe à un grand groupe à chaque génération (al-moutawatir), le sûr (as-sahih) et l'étrange (al-gharib) et autres que ces termes comme il est d'usage chez les gens du hadith. Quelqu'un est-il à même de dire qu'on doit réfuter ces sciences pour ce prétexte ? Le fait est seulement qu'à l'époque du Prophète
, les innovations d'égarement et les passions concernant les choses de la croyance n'étaient pas encore apparues, il n'y avait donc pas besoin d'entrer dans les détails et d'employer les terminologies.
En effet, la base de cette science existait chez les compagnons et était davantage répandue chez eux que parmi ceux qui sont venus après eux. Le fait de parler dans cette science pour répliquer aux gens innovateurs a commencé à l'époque des compagnons tels que Ibnou ^Abbas et Ibnou ^Oumar qui ont répliqué aux mou^tazilah. A l'époque des successeurs, ^Oumar Ibnou ^Abdi l-^Aziz et Al-Haçan Ibnou Mouhammad Ibni l-Hanafiyyah et d'autres encore leur ont répliqué. ^Aliyy, karrama l-Lahou wajhah, a coupé court aux khawarij par l'argumentation et a coupé court à un matérialiste [3] (dahriyy). Il a fait taire par les arguments quarante juifs assimilationnistes par des paroles précieuses et détaillées. Al-Hibr Ibnou ^Abbas que Allah les agrée tous deux, a brisé les khawarij, là encore par l'argumentation, le juge Qadi 'Iyyas Ibnou Mou^awiyah a brisé les qadariyyah, le Calife ^Oumar Ibnou ^Abdi l-^Aziz a cassé les disciples de Chawdhab le kharijite et il a écrit un traité pour répondre au mou^tazilah qui est un bref traité. De même Rabi^atou r-Ra'y, le Chaykh de l'Imam Malik, a brisé Ghaylan Ibnou Mouslim Abou Marwan le qadarite.
S'est également occupé de cette science, Al-Haçan Al-Basriyy qui fait partie des plus grands successeurs.
Si quelqu'un dit : Al-Bayhaqiyy [4] a rapporté par une chaîne de transmission sûre que Ibnou ^Abbas a dit : « Réfléchissez sur toute chose mais ne réfléchissez pas sur la réalité de Allah » car cela est interdit.
La réponse est la suivante : l'interdiction porte sur la réflexion au sujet de la réalité de Allâh(swt) tout en ordonnant de réfléchir au sujet des créatures, car cette dernière réflexion implique l'observation, la pensée et la méditation sur ce qu'il y a dans les cieux et sur la terre pour en tirer la preuve de l'existence du Créateur et de Sa non-ressemblance avec aucune de Ses créatures. Celui donc qui ne distingue pas le Créateur de Ses créatures, comment va-t-il agir conformément à cette parole rapportée et sûre ? Le Qour'an a ordonné d'apprendre conformément aux lois de l'Islam les preuves sur Son existence ta^ala, sur la confirmation qu'Il a l'attribut de la science, la puissance, la volonté, l'unicité et ainsi de suite. Aucun Imam digne de considération n'a mis en cause cette science qui est le but de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, les gens de tradition prophétique et de la majorité, du Salaf et du Khalaf.
Ce qui a été rapporté de Ach-Chafi^iyy qu'il a dit : « Si l'esclave était jugé par Allah pour tous les péchés autres que l'association, ce serait mieux pour lui que d'être jugé pour le kalam », ces propos dans ces termes-là n'ont pas été authentifiés de lui. Par contre les propos authentifiés de lui sont les suivants : « Si l'esclave était jugé par Allah ^azza wa jall pour tous les péchés autres que l'association, ce serait mieux pour lui que d'être jugé pour quelque chose issue de ses passions » [5] . Les passions (al-'ahwa'), pluriel de passion (hawa) c'est ce vers quoi ont penché les esprits des innovateurs qui se sont écartés de ce sur quoi étaient les gens du Salaf, c'est-à-dire ce à quoi se sont attachés les innovateurs dans la croyance comme les khawarij, les mou^tazilah, les mourji'ah, les najjariyyah et autres, qui constituent les soixante-douze groupes, conformément à ce qu'il a été rapporté dans le hadith très répandu et connu (mach-hour) :

(wa ‘inna hadhihi l-millata sataftariqou ^ala thalathin wa sab^in firqatin, thintani wa sab^ouna fi n-nar, wa wahidah fi l-jannah wahiya l-jama^ah) [rapporté par Abou Dawoud [6] ] ce qui signifie : « Certes cette communauté se séparera en soixante-treize groupes, soixante-douze sont en enfer et un seul est au paradis. C'est la majorité »
La parole de Ach-Chafi^iyy n'est donc pas à prendre dans l'absolu, mais elle fut dite à propos des innovateurs qadariyyah et autres, qui sont passés à côté des textes du Livre et de la Sounnah et qui se sont enfoncés dans les passions corrompues. Par contre, le kalam qui est conforme au Livre (le Qour'an) et à la Sounnah, éclaircissant les vérités de la Chari^ah lorsque apparaît la zizanie, celui-là est louable chez les savants dans leur totalité et cela Ach-Chafi^iyy ne l'a pas blâmé. Il le maîtrisait et le comprenait, il a d'ailleurs débattu avec Bichr Al-Mariciyy et Hafs Al-Fard et les a brisés.
L'Imam, le Hafidh Ibnou ^Açakir, dans son livre qu'il a écrit pour défendre l'Imam Al-'Ach^ariyy et dans lequel il a élucidé les mensonges de ceux qui l'avaient calomnié, a dit textuellement [7] ce qui signifie : « Le kalam blâmable, c'est le kalam des gens des passions et ce que brodent les maîtres en innovations périlleuses. Quant au kalam qui est conforme au Livre et à la Sounnah, éclaircissant les vérités des fondements (al-'ousoul) lorsqu'apparaît la zizanie, celui-là est louable chez les savants et ceux qui le connaissent, Ach-Chafi^iyy le maîtrisait et le comprenait et il a argumenté avec nombre de ceux qui ont innové, il les a laissés sans répliques jusqu'à ce qu'ils furent cassés » fin de citation.
Puis il a cité, par une chaîne de transmission jusqu'à Ar-Rabi^ Ibnou Soulayman qui a dit : « J'étais en présence de Ach-Chafi^iyy et Abou Sa^id m'a dit : sache que sont présents ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi l-Hakam, Youçouf Ibnou ^Amr Ibni Yazid et Hafs Al-Fard, celui que Ach-Chafi^iyy appelle l'Ecarté (Al-Mounfarid). Alors Hafs Al-Fard a questionné ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi l-Hakam et lui a dit : « Qu'est ce que tu dis au sujet du Qour'an ? » Il a refusé de lui répondre. Alors il a posé la question à Youçouf Ibnou ^Amr qui ne lui a pas répondu et tous deux ont désigné Ach-Chafi^iyy. Il a alors posé la question à Ach-Chafi^iyy. Ach-Chafi^iyy lui a donné des preuves, le débat fut long. Ach-Chafi^iyy avait des arguments sans répliques sur le fait que Al-Qour'an, la parole de Allah, n'est pas créé, et il a déclaré mécréant Hafs Al-Fard. » Ar-Rabi^ a dit : « J'ai rencontré Hafs dans la mosquée après ce qui s'était passé, il a dit : Ach-Chafi^iyy a voulu me faire exécuter » fin de citation.
Si quelqu'un dit : Certains gens du Salaf ont blâmé la science du kalam. Il a été rapporté en effet de Ach-Chou^biyy qu'il a dit : « Celui qui se met en quête de la science de la religion par le kalam deviendra athée, celui qui cherche la fortune par l'alchimie fera faillite et celui qui rapporte les hadith gharib, il mentira ». Des paroles semblables ont été rapportées de l'Imam Malik et du juge Al-Qadi Abou Youçouf, le compagnon de l'Imam Abou Hanifah. Nous disons : Le Hafidh Abou Bakr Al-Bayhaqiyy a répondu à cela en disant [8] : « En fait par le kalam, ils ont visé le kalam des gens innovateurs, car à leur époque, ce sont les gens innovateurs qui étaient connus par le kalam, alors que les gens de la Sounnah s'y engageaient rarement, jusqu'à ce que, plus tard, ils furent obligés de le faire » fin de citation. Ibnou ^Açakir a dit [9] : C'est une façon de répondre sur ce point et on en aura assez dit en signalant que celui qui l'a dit n'est autre que Abou Bakr Al-Bayhaqiyy qui faisait partie des gens fiables, qui rapportent les paroles du Prophète et qui ont eu la connaissance. Le fait que certains gens du Salaf aient blâmé le kalam peut s'expliquer par le fait qu'ils ont voulu dire que la personne ne se contente pas de la science du kalam et délaisse l'apprentissage de la science de la jurisprudence, le fiqh par lequel on parvient à connaître ce qui est licite (halal) et ce qui est illicite (haram) en refusant d'accomplir ce qu'elle a eu l'ordre de faire parmi les lois de l'Islam, en ne se conformant pas à faire ce que le Législateur (le Prophète Mouhammad
) à ordonné de faire et sans abandonner ce qu'il a interdit parmi les lois. Il m'a été déjà rapporté que Hatim Al-'Asamm qui faisait partie des vertueux ascètes et des gens de science qu'il a dit : « Le kalam est la base de la religion, la jurisprudence (al-fiqh) est sa branche et travailler avec est son fruit. Celui donc qui se contente du kalam sans la jurisprudence et le travail, il s'égarera ; celui qui se contente de travailler sans le kalam et la jurisprudence, il fera des innovations ; celui qui se contente de la jurisprudence sans le kalam et le fait de travailler avec, il tombera dans les grands péchés ; et celui donc qui se consacre à tous les domaines, celui-là il s'en tirera. » Des paroles semblables ont été rapportées sur Abou Bakr Al-Warraq.
L'Imam Abou Hanifah que Allah l'agrée a comme livres : Al-Fiqhou l-'Akbar, Ar-Riçalah, Al-^Alim wa l-Mouta^allim et Al-Wasiyyah. Concernant ce dernier livre, il y a eu beaucoup de divergences quant à son attribution à l'Imam, certains niant catégoriquement son attribution à l'Imam et prétendant qu'il n'est pas de son œuvre, certains l'attribuant à Mouhammad Ibnou Youçouf Al-Boukhariyy surnommé Abou Hanifah. Cela, c'est ce que disent les mou^tazilah. Or il contient des arguments qui annulent leurs textes invalides et leurs prétentions que l'Imam serait des leurs c'est-à-dire aurait leur croyance , comme cela a été mentionné dans le livre Al-Manaqibou l-Kardariyyah. L'Imam Abou Hanifah et ses deux compagnons sont les premiers à avoir parlé avec largesse des fondements de la religion. Il maîtrisait cela par les arguments tranchants dès le début des cents premières année. En effet, dans At-Tabsiratou l-Baghdadiyyah [10] il y a : « Les premiers parmi les gens de la Sounnah, spécialistes de jurisprudence (al-faqih) à avoir utilisé le kalam, ce sont Abou Hanifah et Ach-Chafi^iyy. Le premier des deux a écrit Al-fiqhou l-'Akbar et Ar-Riçalah pour soutenir les gens de la Sounnah contre Mouqatil Ibnou Soulayman, celui qui a fait une exégèse du Qour'an et qui était anthropomorphiste les anthropomorphistes sont ceux qui croient que Allah est un corps qui a une quantité et des limites et il a débattu avec les groupes de khawarij, de rawafid, de qadariyyah et de dahriyyah dont les apôtres se trouvaient à Bassora (Al-Basrah), ville vers laquelle il a voyagé plus d'une vingtaine de fois pour les briser par les preuves éclatantes. Il a atteint dans le kalam la science du tawhid un degré tel qu'il a été celui qu'on désigne parmi les gens et ses élèves distingués l'ont pris comme modèle. »
Dans Al-Manaqibou l-Kardariyyah d'après Khalid Ibnou Zayd Al-^Oumariyy, il est rapporté ceci : Abou Hanifah, Abou Youçouf, Mouhammad Zoufar et Hammad Ibnou Abi Hanifah ont cassé les gens, c'est-à-dire qu'ils ont réduit les irréguliers à se taire et ce sont des Imams dans la science. D'après l'Imam Abou ^Abdi l-Lah As-Saymariyy, l'Imam Abou Hanifah était le porte-parole (al-moutakallim) de la communauté du Prophète
de son époque et leur spécialiste de la jurisprudence en ce qui concerne le licite et l'illicite.
Ces cinq livres ne sont pas, en fait, de l'Imam Abou Hanifah lui-même, mais ce qui est vraisemblable, c'est que les thèmes cités dans ces livres sont les prescriptions que l'Imam a dictées à ses compagnons tels que Hammad, Abou Youçouf, Abou Mouti^ Al-Hakam Ibnou ^Abdi l-Lah Al-Balkhiyy et Abou Mouqatil Hafs Ibnou Salam As-Samarqandiyy. Ce sont eux en effet, qui les ont rassemblés, puis un groupe d'Imams tel que Isma^il Ibnou Hammad, Mouhammad Ibnou Mouqatil Ar-Razi, Mouhammad Ibnou Sama^ah, Nousayr Ibnou Yahya Al-Balkhiyy, Chaddad Ibnou l-Hakam et d'autres encore, les ont reçus par transmission de leur part jusqu'à ce qu'elles arrivent par chaînes de transmissions sûres à l'Imam Abou Mansour Al-Matouridiyy. Si quelqu'un les attribue donc à l'Imam Abou Hanifah, c'est valable car c'est lui qui a dicté ces thèmes à Abou Mouti^ Al-Balkhiyy et aux autres. Celui qui les attribue à d'autres qui sont de sa génération ou de ceux qui sont venus après lui, c'est valable aussi car c'est eux qui les ont rassemblés. Cela a été cité par le Faqih, Mouhaddith et linguiste Mouhammad Mourtada Az-Zabidiyy.
Az-Zarkachiyy dans son livre Tachnifou l-Maçami^ a dit : « Certes, les Imams se sont levés pour répliquer aux gens des mauvaises innovations et de l'égarement. Ach-Chafi^iyy a écrit son livre Al-Qiyas dans lequel il a répondu contre ceux des athées qui ont dit que le monde n'a pas de commencement. Il y a aussi son livre Ar-Raddou ^ala l-Barahimah (La réponse aux Brahmanes) et autres encore. De Abou Hanifah il y a le livre Al-Fiqhou l-'Akbar et le livre Al-^Alim wa l-Mouta^allim dans lequel il a répondu contre les irréguliers. De même Malik a été questionné sur des points de cette science et a répondu de la façon correcte ainsi que l'Imam Ahmad » fin de citation. Le maître des Mouhaddith de son époque Mouhammad Ibnou Isma^il Al-Boukhariyy -mort en l'an 256 de l'hégire- a écrit le livre Les actes des esclaves sont créés (Khalqou 'Af^ali l-^Ibad). Le Mouhaddith Nou^aym Ibnou Hammad Al-Khouza^iyy qui vivait à l'époque de l'Imam Ahmad - qui mourut dans la prison de Al-Wathiq en l'an 228 de l'hégire - a écrit un livre répondant aux jahmiyyah et à d'autres. Le Mouhaddith Mouhammad Ibnou 'Aslam At-Touçiyy - mort en l'an 242 de l'hégire - qui était aussi de l'époque de l'Imam Ahmad, a écrit en répondant aux jahmiyyah. Ils ont répondu contre les mou^tazilah. Trois savants des gens de la Sounnah de l'époque de l'Imam Ahmad Ibnou Hanbal l'ont fait encore : Al-Harith Al-Mouhaçibiyy, Al-Houçayn Al-Karabiciyy et ^Abdou l-Lah Ibnou Sa^id Ibni Koullab - mort peu après l'an deux cent quarante de l'hégire -, le premier d'entre eux se distinguant aussi par son rang élevé dans le soufisme.
Les deux Imams de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah à leur époque et ensuite jusqu'à nos jours, Abou l-Haçan Al-'Ach^ariyy et Abou Mansour Al-Matouridiyy ont écrit de précieux ouvrages pour répondre aux différents groupes d'innovateurs dans la croyance et aux contradicteurs de l'Islam, fournis en arguments textuels et rationnels. Le premier d'entre eux s'est distingué par ses nombreux débats avec les mou^tazilah à Al-Basrah, ville dans laquelle il a affaiblit leur puissance et diminué leur nombre. La mort de Al-'Ach^ariyy eut lieu en l'an trois cents vingt quatre de l'hégire, quant au Chaykh Abou Mansour il est décédé peu après la mort de Al-'Ach^ariyy.
Leurs disciples après eux ont écrit des centaines de volumes pour répondre aux innovateurs dans la croyance et aux contradicteurs de l'Islam avec beaucoup d'arguments et de nombreux débats grâce auxquels ils ont cassé les mou^tazilah qui furent les plus opiniâtres parmi les groupes d'innovateurs, tout comme ils ont brisé les autres innovateurs, les dahriyyah, les philosophes et les charlatans. Ils ont levé l'étendard de la voie (al-madh-hab) de Al-'Achâriyy à l'Est et à l'Ouest. Les plus célèbres d'entre eux à l'avoir répandu sont trois : le maître Abou Bakr Ibnou Fourak, Abou Ishaq Al-Isfarayiniyy et le juge Al-Qadi l'Imam Abou Bakr Al-Baqil-lani. Les deux premiers l'ont répandu à l'Est et le Qadi l'a répandu à l'Est et à l'Ouest. A peine le cinquième siècle était-il arrivé que la 'Oummah Islamique était soit 'Ach^arite soit Matouridite, d'où n'a déviée qu'un petit nombre de mou^tazilites, une bande d'assimilationnistes (mouchabbihah) qui assimilent Allah à Ses créatures et un groupe de khawarij. Tu ne trouveras donc pas un seul savant expert en authentification ou un spécialiste de la jurisprudence (faqih) scrupuleux qui ne soit 'Ach^arite ou Matouridite.
Certes l'état de ces négateurs de la science de al-kalam est celui décrit par la parole du poète à leur sujet :
Ont blâmé la science du kalam des gens qui n'ont pas de raison
Et sur elle, s'ils la blâment, point de répercussion
Il ne porte pas atteinte au soleil du matin se levant à l'horizon,
S'il n'en voit pas la lumière, celui qui n'a pas de vision
[1] Al-Boukhariyy a cité dans son Sahih : Livre de la Croyance : Chapitre de la Parole du Prophète
:

('ana 'a^lamoukoum bi l-Lahi wa 'akhchakoum lah)
Les soufis considèrent qu’il n’y a qu’une seule Existence,
27/07/2007 18:33 par momowally
Les soufis considèrent qu’il n’y a qu’une seule Existence !
De ce fait ,tout ce qui existe est une manifestation de cette Existence !
Ce principe que l’on appelle communément le principe de l’Unicité de l’Existence ne relève pas simplement du domaine de la foi ou de la doctrine mais du domaine de l’expérience directe.
On ne peut véritablement comprendre l’Unicité de l’Existence que par l’expérience de cette Unicité au niveau le plus profond de l’être . Une expérience qui révèle la nature divine qui est en nous et nous fait découvrir que chaque particule de l’univers est la manifestation de la Présence divine.
La seule approche qui rend possible la réalisation de cette expérience est celle de l’amour. En effet, l’amour est le principe unificateur de l’univers et le seul guide auquel l’humanité peut se fier dans sa quête de la vérité. Si, à son niveau le plus élémentaire, l’amour peut traduire l’union affective et sentimentale entre deux êtres, à son niveau le plus sublime il englobe de façon inconditionnelle toute la création divine et conduit à l’expérience de l’Unicité de l’Existence.
Selon les soufis, l’expérience de l’Unicité abolit toutes les distinctions conventionnelles entre les différentes religions, et fait voler en éclats tous les principes, règles et lois qui divisent les hommes. L’amoureux de Dieu découvre alors qu’il n’y a jamais qu’une seule Existence qui se manifeste à travers les formes différentes et variées.
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Du point de vue du soufi, Dieu(swt) est l’être absolu, et tout ce qui existe est son expression et sa manifestation. Autrement dit, l’existence est une manifestation de Dieu (Haqq), tout ce qui existe est un signe de Son existence, et sans lui rien n’existerait.
Tel le néant ! "Nous manifestons l’existence, mais c’est Toi l’être absolu qui est notre existence".
« Tout ce qui est autre que Lui périra » car : « Dans la demeure de l’existence il n’y a nul autre qu'Allâh(swt).»
Le soufi ne sépare pas le monde de l’existence de celui de Dieu (Al-Haqq). Les clergés formalistes ,en interprétant un verset du coran disent : «Dieu est la lumière du ciel et de la terre», les soufis l’éclaircissent de cette manière : « Dieu est l’existence et la réalité des cieux et de la terre !»
La connaissance est la vision qui démontre que : « Dans tout l’univers il n’y a qu’un être absolu et rien d’autre, et Tout ce qui est , existe de par Son existence.»
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Globalement du point de vue du soufisme, le monde de l’existence n’est qu’une illusion, mais en même temps en réalité ,il est Dieu (Haqq) ! Donc, l’illusion est une étape de l’existence. Par sa forme d’ombre empruntée, le monde est une illusion et par son lien avec la réalité ,il est l’essence de l’existence.
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Ils considéraient que les prières, les efforts et les mortifications sincères étaient un moyen pour la purification et la santé de leur esprit, et croyaient que Dieu (Al-Haqq) n'a pas besoin de tout cela.
Par conséquent, ils manifestaient leur amour-bonté et leur amour aux manifestations de Dieu, autrement dit l'existence, et disaient : « Dans son amour envers les êtres qui sont les lumières de l'être de "Haqq", on doit choisir le service et la compassion envers eux, pour que par ce moyen on montre sa manifestation d'amour envers l'Unicité Absolue ».
Cet amour envers l'Etre Absolu (Al-Haqq), ainsi que le service aux créatures de Dieu, a pris forme sous le nom de Soufisme ou gnose Islamique, à travers la chevalerie (jawanmardi) sous l'étendard de la religion de l'Islam, et a continué son existence depuis.
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Kharaqani(raa) a dit aussi : « Quelque soit celui qui entre dans cette khaneqah, donnez lui le pain et ne lui demandez pas sa croyance», ce qui signifie que la compassion et le service envers les autres ne doivent pas dépendre de leur croyance. Pour conclure, laissons le mot de la fin à l'éloquent Sadi :
car le monde est joyeux par Lui !
je suis amoureux de tout le monde
car le monde est à Lui ! ».
Bon j’arrête là pour l’instant, dites-moi ce que vous en pensez !
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Nb :Je ne suis pas un savant ! (Et je ne me prends pas non plus pour un savant) donc je vous avertis que :
Tous mes propos sans exception (opinions, infos, conseils, analyses, conclusions...etc) n'ont aucune valeur juridique, religieuse...etc ! (sérieux).
Alors ne me suivez pas sans tout vérifier auprès des savants ! Vous voila donc tous avertis ! Bârakallâhou fîkoum
A côté de la difficulté est certes, une facilité !"
27/07/2007 18:09 par momowally
A côté de la difficulté est certes, une facilité !"
" A côté de la difficulté, est certes, une facilité !"
Ce verset est une bonne nouvelle annoncée par Allah 'azza wajal - à l'Envoyé d'Allah
et à l'ensemble de la communauté. L'Envoyé d'Allah
a rencontré beaucoup de difficultés lors de sa mission. Les mecquois avaient fait beaucoup de pression sur lui. Les gens de Ta'if l'avaient accueilli avec des jets de pierres. Quand il a émigré vers Médine, il était exposé aux embûches et aux stratagèmes des hypocrites. Mais Allah l'a assisté et lui a donné cette bonne nouvelle. C'est comme s'il lui disait :"Comme nous avons dilaté ta poitrine, Nous t'avons délesté de ton fardeau et Nous avons exalté ton dhikr, de même Nous te promettons que chaque difficulté sera suivie de facilité".
A propos de ce verset, Ibn Abbas ( a dit :
"Une difficulté ne l'emportera jamais sur deux facilités " (1)
Il a dit cela alors que le terme "difficulté" a été cité deux fois et le terme "facilité" a été cité aussi deux fois. Les maîtres de rhétorique ont dit : "Ce qu'a dit Ibn Abbas doit être compris comme suit : le terme "usr " (difficulté) qui a été cité dans le verset [n°5] est le même 'usr cité dans le verset qui le suit. Il s'agit du même usr qui a été répété deux fois, car l'article "al" qui précède le deuxième usr renvoie au premier.
Quant au terme yusr, il n'est pas affecté de l'article "al" c'est-à-dire qu'il est indéterminé. Or la règle dit : "Quand un nom est répété deux fois sous forme déterminée, le deuxième est le même que le premier sauf à quelques exceptions, alors que si le nom a été répété deux fois sous une forme indéterminée -nakirah-, le deuxième est autre que le premier."" Donc les deux versets, il y a deux facilités et une seule difficulté puisque la première est de même nature que la deuxième.
Cette parole est une information venant d'Allah ÚÒ æÌá , or Son information est la plus parfaite et la plus véridique des informations, et Allah ne faillit jamais à Sa promesse. Donc chaque fois que tu rencontres des difficultés, sache que la facilité viendra. Concernant les prescriptions légales, la chose est claire. Dans le cas de la prière, tu dois prier debout, mais si tu es dans l'incapacité de prier debout, tu peux prier assis ; si tu es dans l'incapacité de prier assis, tu peux prier sur le côté (Il y a un hadith dans ce sens rapporté par al Boukhari (n° 1117) d'après Imran ibn Husayn). C'est là les aspects de la facilité.
Concernant le jeûne, si tu es en résidence fixe et tu es dans l'incapacité de jeûner, tu as le droit de ne pas jeûner ; si tu es voyageur, tu as aussi le droit de ne pas observer le jeûne.
Concernant le pèlerinage, si tu en as les moyens, fais-le sinon le pèlerinage ne t'est pas obligatoire dans ce cas, bien plus, si tu as entamé le pèlerinage et qu'un accident vient t'empêcher de l'accomplir, tu n'as qu'à le désacraliser, dissoudre ton pèlerinage et faire un sacrifice, conformément à ce que dit Allah ÚÒ æÌá : "Et accomplissez pour Dieu(swt), le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faite un sacrifice qui vous soit facile" (Sourate 2, verset 196).
Donc, à chaque fois que l'homme rencontre une difficulté dans l'adoration, la religion lui facilite les choses et lui donne une issue.
Il en va de même en ce qui concerne le décret d'Allah, quand Allah décrète contre l'homme des catastrophes et des choses pénibles, il ne doit pas désespérer, car à côté de la difficulté, il y a une facilité.
La facilitation -taysir- peut être matérielle comme par exemple le cas de l'homme qui vit à l'étroit et qu'Allah lui facilite les moyens de subsistance et le rend riche, ou le cas de l'homme qui tombe malade et qu'Allah guérit.
Elle peut être aussi morale comme quand Allah aide l'homme à prendre patience ; en effet, il y a des choses tellement difficiles que si on les met sur des montagnes elles l'écraseront, mais avec le soutien d'Allah elles deviennent faciles pour l'homme.
(1)Dans son ouvrage al fath, al Hafizh ibn Hajar a dit : "Cette tradition a été rapportée avec une chaîne continue qui remonte au Prophète
-mawsul wa marfu'. Elle a été rapportée en tant que tradition mursal (c'est-à-dire que le rapporteur n'a pas mentionné le ou les rapporteurs entre lui et le prophète
). Elle a également été rapportée avec une chaîne s'arrêtant à un compagnon -mawquf. Je dis : L'imam Malik l'a rapportée dans son muwatta (978) avec une chaîne qui remonte à Umar ibn al Khattab 

dire du haut du minbar: J'ai entendu le Messager d'Allah
"Les plumes du destin se sont depuis longtemps arrêtées d'écrire et l'encre des pages est désormais bien sèche !"
