Allons ensemble aux jardins des vertueux
10/04/2008 19:24 par momowally
Allons ensemble boire du vin des gnostiques ! chez les gens d’Allah(swt) qui se souviennent de lui
Allons ,ensemble, aux jardins des vertueux !
Allons ,ensemble, allons ensemble aux jardins des vertueux !
Allons ensemble !
Allons ensemble chez les hommes,
Chez nos maîtres, gens accomplis !
Hommes d’Allah, pleins de piété et de crainte !
«Leur compagnon ne sera pas damné »; c’est la parole du meilleur des envoyés
Leur compagnon ne sera pas maltraité
Car, ce sont des bastions imprenables
Notre Seigneur à ses serviteurs les louera et les citera en exemple
A ses serviteurs proches de lui
Qu’il nous pardonne nos fautes, par leur amour ; l’amour qui est une fondation solide
Allons accomplir nos devoirs, bases de la loi évidente
Les devoirs sont l’origine de notre rapprochement d’Allah ;
Ces devoirs sont les jardins des proches du Seigneur
Allons ensemble chez l’Elu, chez le meilleur des hommes, mer de toutes les qualités, de la fidélité
Chez notre intercesseur, le jour de la religion.
Allons visiter son mausolée lumineux !
Où nous pourrons vautrer joues contre terre.
Allons visiter son mausolée ; volons-y, gaité de cœur
A cause de mon amour brulant, ma raison va s’envoler vers le jardin du passionné
Là, nous resterons prisonniers de l’Imam des envoyés
Que notre Seigneur lui accorde sa clémence
Ainsi qu’à ses compagnons
Et à ceux qui suivent sa tradition
Aux siens qui méritent toutes les louanges
Et aux gens purs de sa maison
Ensemble allons faire ressusciter les cœurs par la remémoration du Dieu des hommes, afin de parvenir au but tant désiré,
Dans la présence de l’essence sanctissime
Ensemble allons faire revaloriser les traditions
Allons passer la soirée parmi les proches d’Allah
Hommes de noblesse, hommes du bien, hommes du goût accompli
O, Seigneur par ton amour pour eux
Par tes prophètes, par tes messagers
Pardonne-nous par Ton amour pour eux
Par ton amour pour le meilleur des Envoyés »
| Voici un extraits du Livre des conseils (kitâb-al-wasayâ) du "Cheikh al akbar" Ibn Arabi (raa) Le Livre des Conseils (kitâb al-wasayâ) est le dernier chapitre, le 560e, et le plus long de l’immense oeuvre, intitulé:« Al-Futûhât al-Makkiyya », (Les Conquêtes ou Ouvertures Mekkoises )qu’Ibn ’Arabî a composée à Damas. En effet, il comprend plus de 120 pages grand format et plus de 300 conseils. Le Maître récapitule en eux les aspects essentiels de son oeuvre . Il y traite de la vie spirituelle sous toutes les modalités les plus élevées, et pouvant s’appliquer à toutes les circonstances de la vie du Fidèle. Dans ses exposés, il utilise toujours les sources principales qui font autorité en Islam : la Parole divine descendue sur le Prophète, le Qur’ân ou Récitation englobante, et la Sunna ou Tradition prophétique. La plupart des hadith qu’il cite tout au long de ce chapitre sont extraits de son recueil de Traditions prophétiques intitulé:« Mishkât al-Anwâr», (La Niche des Lumières) 1 CONSEIL 1 Conseil d’ordre général - l’union fait la force 2 Allâh(swt)a dit au sujet du conseil d’ordre général : «’Allâh vous a prescrit, en matière de Religion (dîn) ce qu’Il a conseillé à Noé. Ce que Nous t’avons inspiré, ce que Nous avons conseillé à Abraham, à Moïse et à Jésus est : Maintenez-vous dans le Religion et ne vous séparez pas à son sujet» (Coran, 42/13). Dieu-le-Vrai (al-Haqq) a ordonné de se conformer à la Religion révélée - qui est la Loi divine (shar’) régissant le moment présent à chaque époque (zamân) et en chaque communauté traditionnelle (milla) - et de se rassembler et non de diverger à son sujet. Car la Main d’Allâh est avec la Communauté rassemblée (jamâ`a). [Selon le proverbe] ’le loup mange la vieille brebis qui dans sa fuite a pris du retard sur le gros du troupeau et s’en est trouvée isolée’. L’enseignement (hikma) qui se dégage de ce proverbe est qu’Allâh n’est reconnu comme Dieu se révélant (ilâh) que par Sa possession des Noms excellents, et non en tant qu’Il en serait démuni. C’est donc nécessairement en relation avec l’Unicité de Son Essence (tawhîd `ayni-Hi), la multiplicité de Ses Noms et par leur synthèse qu’Il est (reconnu) comme le Dieu se révélant (al-Ilâh) 3. La Main d’Allâh, qui représente la force, est donc avec la Communauté unifiée. Hakîm (le sage prophète Jacob) donna à ses (douze) enfants, qui formaient une communauté unie, le conseil suivant au moment de sa mort : ’Apportez-moi des bâtons’. Il les assembla et dit à ses enfants : ’Brisez-les !’ Or les bâtons se trouvaient ensemble (réunis) et à cause de cette disposition ils ne purent y arriver. Jacob alors sépara les bâtons et dit à ses enfants : ’Prenez-les un par un et brisez-les’, et ils y parvinrent. Il ajouta : ’C’est ainsi qu’après moi vous ne serez point dominés tant que vous resterez unis. Mais si vous vous séparez, vos ennemis auront pouvoir sur vous et vous anéantiront’. De la même manière, ceux qui respectent la Religion en y restant unis et ne divergent pas en elle ne seront pas subjugués par leurs adversaires. C’est pourquoi l’être humain, en s’unissant en conformité avec la Religion d’Allâh, n’est dominé par aucun démon, homme ou djinn, qui cherche à le circonvenir par des suggestions, et cela grâce à l’heureuse assistance de la Foi et de l’ange qui le protège avec ses auxiliaires. CONSEIL 2 La pratique du bien Si tu désobéis à Allâh en un lieu, ne le quitte pas sans y avoir fait acte d’obéissance et d’adoration. De même qu’il témoignera contre toi quand on le lui demandera, il témoignera aussi en ta faveur. C’est alors que tu pourras t’en éloigner. Tu te comporteras de la même manière avec ton habit si tu viens à désobéir à Allâh quand tu le portes. Tu agiras de même quand tu te tailleras la moustache, quand tu te raseras les poils du pubis, quand tu te couperas les ongles ou quand tu rafraîchiras ta chevelure. Tu ne te nettoieras pas et tu ne sépareras rien de ton corps sans être en état de pureté rituelle (tahâra) et sans invoquer Allâh -Sublime, puissant et majestueux soit-Il- car Il te demandera comment tu t’en es défait. La plus minime oeuvre d’adoration sur laquelle tu as quelque pouvoir en toutes ces questions consiste à invoquer Allâh pour qu’Il revienne à toi à partir de ce qu’Il t’a ordonné afin que tu t’y conformes impérativement en réponse à Sa Parole : ’Demandez-Moi, Je vous exaucerai’ (Coran, 40/60). Il t’ordonne donc de Lui demander. Il ajoute : ’En vérité, ceux qui dédaignent l’adoration qui M’est due...’ (Coran, 40/21). Par adoration il faut entendre ici ’demande’ ou ’supplique spontanée’ (du’â) ce verset se comprenant alors de cette façon : ceux qui dédaignent l’humilité et la pauvreté’. La demande spontanée est appelée ’adoration’ puisque celle-ci implique humilité, componction et pauvreté. Le même verset se termine ainsi : ’entreront humiliés dans le Feu de la Géhenne (Coran,40/21). Allâh rétribue en les faisant entrer, honorés, dans le Jardin ceux qui ont accompli ce qu’on leur commande. Un certain matin, au lever du jour, il m’arriva de rentrer aux bains pour procéder à une toilette générale. C’est alors que je rencontrai Najd ad-Dîn Abû-l-Ma`alî b. al-Lahîb, mon compagnon. Il demanda le barbier pour les soins de la tête. Je l’interpellais alors : ’O Abû-l-Ma’alî !’ Il me dit, avant même que j’ai terminé ma phrase : ’Je suis en état de pureté légale’. J’avais compris que tu voulais me demander cela !’ Je m’étonnai de sa présence d’esprit et de la rapidité de sa compréhension, de sa bienveillante disposition à pénétrer les situations et de la connaissance qu’il en avait eue dans mon cas. Je lui répondis : ’Qu’Allâh te bénisse ! Par Allâh, je ne t’ai interpellé que parce que tu étais en état de pureté rituelle et que tu invoquais Allâh au moment de te faire couper les cheveux !’ Il pria Allâh pour moi et se fit raser. En ce domaine, les hommes sont bien insouciants. Ils disent même : ’Si tu désobéis à Allâh en un lieu, retire-t-en !’ Car ils craignent pour toi que cet endroit témoigne de ta désobéissance. Leur propos te convient alors que tu ne fais qu’ajouter péché sur péché. Pourtant, ils n’ont attiré ton attention que par miséricorde pour toi, bien qu’une science importante leur échappe ! Obéis donc à Allâh par cette injonction, car tu pourras alors partir de ce lieu en réunissant ce qu’ils t’ont recommandé et le conseil que je viens de te donner. Toutes les fois que tu te souviens d’une faute que tu as commise, repens-toi des conséquences qu’elle entraîne pour toi et demande pardon à Allâh. Souviens-toi de Lui à cette occasion selon la nature de cette désobéissance. Le Messager d’Allâh - sur lui la Grâce et la Paix d’Allâh - disait : ’Fais suivre le mauvais comportement d’un bon comportement qui l’effacera’, car Allâh a dit ’Certes, les bons comportements dissipent les mauvais’ (Coran, 11/114). C’est alors que ce précepte divin sera pour toi le critère par lequel tu apprécieras la juste valeur des mauvais et des bons comportements. CONSEIL 3 La bonne estimation au sujet d’Allâh Aie la bonne opinion (zhann) et non la mauvaise au sujet de ton Seigneur en toute circonstance (hâl), car tu ne sais pas si tu n’es pas en train de rendre ton dernier souffle qui va provoquer ta mort. Rencontre donc Allâh avec la bonne opinion à Son égard et non avec la mauvaise, puisque tu ne peux savoir si Dieu te saisira dans le souffle que tu expires. Chasse de toi le propos de celui qui parle d’avoir la mauvaise opinion (zhann) pendant la vie (présente) et la meilleure opinion à l’égard d’Allâh à l’heure de la mort. Chez les savants par Allâh, cette attitude est considérée comme ignorance, eux qui demeurent avec Allâh dans tous leurs souffles et en retirent un profit spirituel. La science par Allâh t’impose d’accomplir ce qui Lui revient de droit : d’exiger de toi la Foi, conformément à ce verset : ’Nous vous avons fait exister dans ce que vous ne savez pas" (Coran,56/61). Il se pourrait qu’Allâh te fît arriver au moment du souffle qui, pensais-tu, provoquerait en toi le processus de la mort et te ferait retourner à Lui, tout en ayant la mauvaise opinion à l’égard de ton Seigneur et que tu Le rencontres alors dans cette disposition. On rapporte du Prophète -sur lui la Grâce et la Paix d’Allâh- cette nouvelle reçue de son Seigneur 4 : ’Je suisauprès de la pensée que Mon serviteur se fait de Moi. Qu’il pense donc le meilleur de Moi !’ Dans cette nouvelle, Allâh n’a pas privilégié un temps plutôt qu’un autre. Que ta pensée à l’égard d’Allâh soit empreinte de la connaissance certaine qu’Il efface, pardonne et est indulgent. Allâht’incite à garder cette pensée à Son égard dans le verset suivant : « O Mes serviteurs qui avez été excessifs envers vous-mêmes, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allâh » (Coran,39/53). Il t’interdit donc le désespoir et tu dois t’abstenir de ce qu’Il défend. Il t’informe ensuite - et Son information est véridique - qu’Il ne tolère pas de dérogation (naskh) qui constituerait un désaveu bien impossible de Sa part. N’a-t-Il pas dit : « Certes, Allâh pardonne tous les péchés » (Coran, 43/54), sans spécifier tel ou tel péché. Il a même insisté en ce sens en précisant bien : tous les péchés. Il ajoute : « En vérité, Lui est bien le Très-Pardonneur et le Très-Miséricordieux » (Coran,43/54). Le pronom « Lui » se rapporte à Allâh en tant qu’Il possède ces [deux] attributs attendu que « Sa Miséricorde précède Son Courroux » (selon un hadîth). C’est pourquoi, dans le verset précité, Allâh dit(swt) :«qui avez été excessifs ! » sans préciser tel ou tel excès. Il a employé le pronom :« Mes » dans Son propos : « O Mes serviteurs » qu’Il a étendu à tout être excessif, mettant ainsi en rapport les serviteurs avec Lui, car ils sont bien Ses serviteurs, comme Il l’a mentionné à propos du serviteur intègre Jésus (sur lui la Paix ) «’En vérité, si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs’» (Coran,5/118). En conséquence, Il les meten relation avec Lui (exalté soit-Il). Or la noblesse (sharaf) qui suffit est celle que confère la relation avec Allâh. CONSEIL 4 L’obligation de l’invocation d’Allâh(swt) Vous êtes tenus au dhikr d’Allâh, secrètement et ouvertement, en vous-mêmes et en assemblée. Allâh a dit : «’Faîtes donc Mon Dhikr, Je fais votre dhikr»(Coran,2/152). Il en résulte qu’Il a fait de l’exaucement du (ou = de la réponse favorable au) Dhikr accompli par le serviteur, le Dhikr même qu’Allâh accomplit. Le serviteur n’éprouve pas de plus grand dommage que le péché. Le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix d’Allâh- disait, quand un préjudice l’atteignait : ’La Louange est à Allâh en toute circonstance’, et dans le contentement de la joie : ’La Louange est à Allâh, le Dispensateur du bienfait et de la faveur’. Quand tu gardes, quel que soit ton état, la conscience permanente du Dhikr d’Allâh en ton coeur, celui-ci se trouve assurément illuminé par la lumière du dhikr, de sorte que celle-ci t’accorde le dévoilement (kashf), car par elle, les choses se dévoilent. Lorsque le dévoilement se produit, le respect (hayâ’) l’accompagne. Le signe qui t’indique cette concomitance est (par exemple) le respect que tu as à l’égard de ton voisin ou de celui chez qui tu reconnais un droit ou une qualité. Or il est sûr que la Foi t’apporte la vénération de Dieu le Réel (al-Haqq) en ton for intérieur. Ces considérations sont réservées seulement à ceux qui sont avec les porteurs de la Foi et notre conseil s’adresse à tout être qui se soumet (à la volonté divine), fidèle à Allâh et à ce qui provient de chez Lui. Dans une nouvelle sûre, Allâh précise : ’«...et Moi, Je suis avec lui - c’est-à-dire avec le serviteur - au moment où il fait Mon Dhikr (où il Me mentionne). S’il fait Mon Dhikr en son âme, Je fais son dhikr en Mon Ame. S’il fait Mon Dhikr en assemblée, Je fais son dhikr dans une assemblée meilleure que la sienne’ »5. Allâh(swt) a dit : «Ceux et celles qui font le Dhikr d’Allâh abondamment» ( Coran, 33/35). Or le Dhikr le plus éminent est le Dhikr d’Allâh en toute circonstance. CONSEIL 5 La proximité d’Allâh(swt) «Applique-toi à parvenir à l’entière proximité par l’effort intense autant que possible en tout temps et en toute circonstance, selon la signification attachée à ce temps et à cette circonstance par lesquels Dieu le Réel s’adresse à toi. Si tu portes la Foi, tu ne pourras jamais être délivré d’une désobéissance sauf par une oeuvre d’obéissance qui s’y substitue, car en ta qualité de porteur de la Foi, tu sais qu’il s’agit d’une désobéissance. Or si tu joins à cette alliance la demande de pardon et le repentir (tu ajoutes) une obéissance à une (autre) obéissance et une proximité à une autre proximité, de sorte que l’obéissance qui suit l’acte mauvais et la foi s’en trouvent fortifiées en produisant une proximité d’Allâh plus intense et plus considérable. Le fondement sur lequel la proximité toute entière et certaines modalités de la foi sont établies est constitué par ton statut vis à vis d’Allâh, selon le principe qu’Il a Lui- même posé, dans la nouvelle prophétique authentique suivante 6 : « Si le serviteur s’approche de Moi d’un empan, Je M’approche de lui d’une coudée. S’il s’approche de Moi d’une coudée, Je M’approche de lui d’une brasse. S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui en M’empressant.»’ La raison de cette supériorité propre à Allâh(swt), de la faiblesse propre au serviteur et de la surenchère, réside dans le fait que le serviteur doit se trouver raffermi dans son intention de se rapprocher d’Allâh par le comportement [adéquat] et dans le fait qu’il reçoit l’ordre de considérer ses actes selon les critères d’évaluation de la Loi révélée, et cela nécessairement sans retard. S’il montre de l’empressement et s’en qualifie, sa diligence consiste seulement à réaliser les critères d’évaluation de son comportement devant [cette proximité] et non son comportement [en soi]. La réalisation de ces critères d’évaluation par l’acte assure l’accomplissement des oeuvres d’adoration, bien que la proximité divine n’ait nul besoin de balance. La Balance que Dieu le Réel détient dans Sa Main est celle par laquelle tu pèses ce comportement qui te permet de rechercher la proximité d’Allâh. Celui qui possède cette disposition est nécessairement par rapport à toi dans une proximité plus déterminante et plus grande que ta proximité par rapport à Lui. Allâh se décrit Lui-même comme s’approchant de toi quand tu t’approches de Lui en t’accordant un surcroît de proximité de Lui, symbole (de mesure) par symbole (de mesure dans le hadîth précité). La raison en est que tu es créé selon la forme (d’Allâh). Or une Lieutenance primordiale (awwal khilâfa) te concerne, celle de ta lieutenance conforme à ton essence, car tu es Son lieutenant dans la terre de ton corps, et le troupeau que tu gardes se compose de tes membres actifs et de tes facultés externes et internes. Sa Proximité-même de toi est donc ta proximité de Lui et un accroissement qui se présente comme Il l’a précisé à propos de la coudée, de la brasse et de l’empressement. Dans la surenchère divine, l’empan entraîne en conséquence la coudée, la coudée la brasse et à la marche correspond l’empressement. Dans la première partie (awwal) de chaque séquence, il s’agit de ta proximité de Lui, alors que dans l’autre partie (la dernière = âkhir ) correspondante, il s’agit de Sa Proximité de toi. «Ainsi Lui est le Premier (Awwal) et le Dernier (Âkhir) »(cf. Coran, 57-3). Il s’agit alors de la proximité corrélative (al-qurb al-munâsaba). Mais la Proximité divine qui concerne l’ensemble des créatures est différente de cette dernière. Allâh(swt) n’a t-Il pas dit : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » (Coran, 50/16). Je ne veux pas parler ici de cette dernière proximité mais bien de celle qui est la conséquence de la proximité que le serviteur a avec Allâh. Or le serviteur n’a de proximité avec Allâh que par la foi en ce qui provient d’Allâh-même en plus de la foi en Allâh et en celui qui transmet (la Révélation) de Sa part. 1 - Traduit par Muhammad Vâlsan aux Editions de l’Oeuvre, Paris, 1983. 2 - Les titres en tête de chaque conseil sont de nous pour mieux situer le thème général de chacun d’eux. 3 - Les deux noms Allâh et Ilâh sont coraniques, mais le nom al-Ilâh, le Dieu se révélant n’a été utilisé qu’après la Descente du Qur’ân. Le nom Allâh est aussi bien le nom de l’Essence divine inconditionnée et infinie que le nom de la Fonction divine à laquelle le nom al-Ilâh s’applique dans toute la Manifestation ou Existence universelle. Par contre, le nom ilâh représente toujours un aspect de la Divinité ou la divinité au ’degré’ de l’Unicité divine (wahdâniyya) ; dans le Qur’ân, il concerne Allâh en tant qu’Il se révèle et désigne parfois des créatures et reçoit le pluriel pour qualifier des divinités quelles qu’elles soient. 4 - In Tirmidhî, rapporté par Abû Hurayra. 5 - Pour ce hadîth qudsî, voir note suivante. 6 - In Bukhârî, Muslim, Ibn Mâja, Tirmidhî et Ibn Hanbal, rapporté par Abû Hurayra. bibliographie de meme thèmes: - L’Interprête des désirs, Ibn ’Arabî, Albin Michel, 1996. - Le traité de l’amour (chap. 178 des Futûhât ), Ibn ’Arabî, Albin Michel, 1986, 1992. - Traité sur le nom ALLÂH, Ibn ’Atâ ’Allâh, éd. Les Deux Océans, Paris, 1982 et 1990. - L’Arbre du Monde, Ibn ’Arabî, éd. Les Deux Océans, 1982 at 1991. - Traité sur les noms divins, Fakr al-Dîn ar-Râzî, éd. Dervy-Livres, deux tomes, 1986 et 1988 (épuisé). - Les secrets du Jeûne et du Pélerinage, Al-Ghazâlî, éd. Tawhid, Lyon, 1993. - Le Livre des Définitions (Kitâb at-Ta’rîfât), trad. intégrale et index nombreux avec introd. de Pierre Lory, Presses universitaires d’Iran, Téhéran, 1994. Ibn Arabi |
_________________ |
Assalamu'alaykum ,chers(es) frères et soeurs ,voici un thème très important que je soumets à votre attention.
Aussi voudrais-je vous inviter à y adjoindre un commentaire ,juste une appréciation pour nous faire partager vos points de vue.Je vous remercie d'avance !
« L’éducation spirituelle est l’essence de l’islam, alors que cela apparaît comme une voie d’excellence réservée aux savants et aux élus, en réalité c’est une obligation à la porté de tous les musulmans. Dieu(swt) dit dans le verset:«… je n’ai crée les djin et les Ins que pour m’adorer », Ibn Abass, en se référant au hadith rapporté par muslim «J’étais un trésor caché, j'ai voulu me faire connaître,alors, j’ai crée le monde», interprète l’adoration demandée par la connaissance de Dieu(swt). Ceci dit: Dieu(swt) nous a crée dans l’unique but de le connaître.
En appliquant les règles de la religion chaque musulman commence son éducation et son voyage spirituel, vers la proximité de Dieu (exalté soit-il). Yahya Ibn Mu’adh a dit: «La connaissance, c’est la proximité du cœur de Celui qui est proche, la vigilance de l’esprit devant le Bien aimé et l’isolement par rapport à tout pour être en intimité avec le Roi qui répond à l’appel.». Le voyage spirituel vers la proximité de la présence divine a ses propres modalités. Il est basé essentiellement sur la purification intérieure des vices et l’embellissement extérieur par toutes les vertus. Comment l’islam assure-il le voyage et l’éducation spirituelle pour l’homme?
Dieu (exalté soit-il ! ) a crée l’homme de terre, ensuite Il lui a insufflé Son esprit. Dans le Coran Dieu(swt) dit , Sourat 38 Sad, verset 72: «Quand ton Seigneur dit aux Anges:«je vais crée de l’argile un être humain. Quand je l’aurai bien formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit, jetez-vous devant lui, prosternés». Cette double genèse fait de l’homme un être complexe, avec des caractéristiques contradictoires. D’une part, sa composante matérielle dotée de penchants et mue par des besoins charnels. D’autre part, une entité spirituelle pure, divine et aspirant à la présence divine.
L’éducation spirituelle consiste à purifier l'âme en assurant l’équilibre entre ces deux composante les besoins de l’esprit et les besoins du corps, alors que ce dernier s’attache à tout ce qui est terrestre l’esprit aspire vers son origine divine «dit: l’esprit est de l’ordre divin».
Alors que tout savoir a ses connaisseurs et ses enseignants, l’éducation spirituelle est, aussi, basée sur la transmission. Tout musulman qui cherche à purifier son âme et à cheminer spirituellement, afin de se doter du bon comportement ne peut se passer de la compagnie des biens aimés de Dieu. Ibn Abass (que Dieu l’agrée!) rapporte que quelqu’un demanda: «O Prophète, quelle est la meilleure personne auprès de laquelle on s’assoie ?»
Il dit: « celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l’au-delà».
| Bookmark & Share | © Add This |
Par Réda Benkirane
« LOUANGES AU MAITRE ANDALOU !
Paix sur toi l’ancêtre sublime, natif de Murcie. Tes mots illuminent l’existence ! Puissamment. J’en perçois des bribes, toutes fulgurantes, qui nous rendent visionnaires tranquilles du crépuscule. J’apprends chaque jour, grâce à toi, je goûte la vie avec la mort. On te dit le plus grand, juste après les prophètes, et tu affirmes ne pas valoir un filament de leur chevelure.
Le plus éminent des croyants d’aujourd’hui devient moucheron lorsqu’il me faut le comparer. Personne après toi n’a su plonger si profond dans l’océan des mots divins, quand dans le même temps, toi, ô prodige ambulant, tu n’as jamais quitté la nappe. Le verbe t’habite et tu habites le verbe. Les mots t’habillent et tu habilles les mots, dédicaces pour ceux qui savent et qui font. À force de sillonner Occident et Orient, partout ta traînée de soufre - le rouge - subsiste. Tu réunis des paradoxes et, dès l’instant où tu les fais s’accoupler, ceux-ci explosent dans tous les sens, peuplant l’univers d’harmonies et d’ondes chaleureuses. Huit siècles nous séparent, mais ta langue échappe à cette partition : elle décrit un univers coranique, finition du vide quantique à l’origine des choses.
Dans tes mots logent des pensées puissantes, profondes, complexes, dont les premières lectures déroutent les plus avertis. Elles disent la vie comme l’intermédiaire vers une autre vie. Mais tu sais t’éloigner encore plus, tu migres vers le champ inconnaissable. Tu as des mots pour le dire et l’écrire, l’indicible. Tu décris ce que ton cœur a vu en saisie directe devant ton Seigneur, puis tu inventes les modèles descriptifs à l’intention des adeptes du versant impossible. Visionnaire, tu es aussi grammairien et mathématicien des sens cachés. Puis ta méthode poursuit la description des modèles descriptifs à l’intention des êtres retenus par leur chair, tu es là dans le champ sensible que régissent des lois rationnelles, normatives. Sous l’effet de pesanteur, ta progression est toute en rigueur et en élégance ; raffiné, tu es alors théologien. Précis.
Au moment où ton retour dans la cité semble acquis, voilà que tu choisis de fondre dans ce que tu récites ; ton identification extrême, à la lettre près, trouble jusqu’à ceux qui ont la gnose pour connivence : habitant du Texte, imbibé de l’Essence qui transforme le verbe en acte et l’acte en verbe, transporté, alors que tu es préposé, tu oses : « Je suis le Coran et les sept redoublés ». Tes paroles te boivent. Qui te suivra, ancêtre lumineux, pour laver la dépouille de l’ennemi, prononcer à l’encontre de son âme la profession de foi, soixante-dix mille fois, pour que le Seigneur des mondes l’ait en Sa miséricorde ?
Mon cœur devient capable de toute image : Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines, Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins, Tablettes de la Torah et livre du Coran. Je suis la religion de l’amour, partout où se dirigent ses montures, L’amour est ma religion et ma foi.
IBN ‘ARABI, Turjman al Ashwaq (L’Interprète des désirs).
Tu es ma clé, Andalou, au problème du sens. Mon traitement contre l’oxyde de l’oubli. Il n’y a pas plus littéraliste que toi, plus tu colles au texte et plus tu t’enchaînes, plus le sens décolle de son contexte et le voilà qui se déchaîne, arrache radicale pour qu’advienne l’épiphanie. Le voyage réside dans une lettre dont l’écho divin transperce l’Espace-Temps, le parcours emmène à l’univers céleste, dans le même temps ta lecture nous soude à l’écrit. Le voyage se résume à une lettre, au-dedans de celle-ci. La lettre a une peau, la peau est tatouée, ses tatouages consistent en un alphabet dont tu possèdes le script. La lettre a un cœur, le cœur a un pouls que tu consultes. La lettre est une peau qui a son lecteur, la lettre est un cœur qui a son auditeur.
La raison qui m’a conduit à proférer de la poésie (shi‘r) est que j’ai vu en songe un ange qui m’apportait un morceau de lumière blanche ; on eût dit qu’il provenait du soleil. « Qu’est-ce que cela ? », demandai-je. « C’est la sourate al-shu‘arâ (Les Poètes) » me fut-il répondu. Je l’avalai et je sentis un cheveu (sha‘ra) qui remontait de ma poitrine à ma gorge, puis à ma bouche. C’était un animal avec une tête, une langue, des yeux et des lèvres. Il s’étendit jusqu’à ce que sa tête atteigne les deux horizons, celui d’Orient et celui d’Occident. Puis il se contracta et revint dans ma poitrine ; je sus alors que ma parole atteindrait l’Orient et l’Occident. Quand je revins à moi, je déclamai des vers qui ne procédaient d’aucune réflexion ni d’aucune intellection. Depuis lors cette inspiration n’a jamais cessé.
IBN ‘ARABI, (Diwan al Ma‘arif.)
Je n’ai jamais lu pareil écrit, moi qui ai voyagé, je n’ai jamais tant voyagé, moi qui ai lu. Il me faudrait autant de vies que de générations nous séparent pour réparer mon insouciance et ses distractions. Je suis dépareillé, te lire augmente mon inconsistance. Ton verbe décrit l’anéantissement de l’éphémère, la miséricorde en l’invisible, la perplexité devant l’infinité. Tu parles du voisinage du miracle, je l’admets et te suis redevable à l’infini : je ne sais quand tu émets, je ne sais quand tu transmets. De ces signaux jaillit la transcendance. De qui as-tu hérité, si ce n’est de Lui ?
Tu t’en tiens, strict orthodoxe, aux mots, aux lettres, à leur respiration, ici légère, là haletante, selon voyelles, accents, points sur les lettres. Point. Tu es l’intégriste de la langue, esthète de la surface, quand en face, les autres, geôliers de la langue, vont au vertige. Ton intelligence est comme une pure lumière, elle peut être dangereuse pour l’homme vulgaire. Païen, j’apprends par toi que je suis un croyant qui s’ignore, que la luxure est un habit et non une haleine. Tu me dis qu’illettré, je suis comme l’être expulsé du ventre de sa mère, que j’ai à cet instant là l’aptitude d’être de ceux qui savent. Seule mon inculture dévoile ce qui me rapproche du monde intérieur, pour s’imprégner de l’exquise vérité. Tes éclaircissements viennent de ce que tu creuses, infatigable, et déploies sous la dictée divine : tes milliers de sillons sur la langue sont des gravures célestes dont tu as pour don de divulguer les épiphanies nombreuses, transparentes, saintes localités et agglomérations de l’alphabet arabe clair (mubin).
Je t’écris d’une station où prolifère le sel de la matière. Maghrébin, sache combien dérive mon continent, avance le désert. Retrouve ma modernité, je déterre cette création, répare-là, injecte du sens sur son sol brisé, bondé. Vivificateur de la religion, à la noble ascendance arabe, souffle sur ta création, la voici créature. Que tes mots fassent l’eau qui manque à notre ablution. Féconde cette terre nord-africaine qui autrefois materna tes rêves, Émir des Pauvres.
Extrait de « Le désarroi identitaire. Jeunesse, islamité et arabité contemporaines. » Cerf, 2004.
Réda Benkirane est sociologue et consultant international à Genève.Auteur du livre "Le Désarroi identitaire : Jeunesse
LE PANIER DE CHARBON:
Pourquoi lisons-nous le Qour'ane, même si nous ne comprenons pas un seul mot en arabe???
Lisez cette belle histoire.
«Un viel homme,très pieux et musulman habitait une ferme dans les montagnes du Kentucky (Etats-Unis) avec son petit-fils. Chaque matin le Grand-père s'asseyait à la table de la cuisine pour lire son Qour'ane. Son petit-fils voulait être juste comme lui et essayait de l'imiter de toutes les façons qu'il le pouvait.
Un jour le petit-fils demanda : « Pépé ! J'essaie de lire le Qour'ane juste comme toi mais je ne le comprends pas, et ce que je comprends je l'oublie aussitôt que je ferme le Qour'ane. A quoi ça sert de le lire ? »
Le Grand-père s'arrêta silencieusement de mettre du charbon dans le four et répondit :
« Prend ce panier de charbon et amène moi un panier d'eau de la rivière ! ».
Le garçon fit comme il lui a été dit, mais toute l'eau coula avant son retour à la maison. Le grand-père rit et dit : «Tu devras aller un peu plus vite la prochaine fois ! » et il le renvoya à la rivière avec le panier pour ressayer de ramener de l'eau dans le panier. Cette fois le garçon couru rapidement, mais une fois encore le panier était vide avant qu'il n'atteigne la maison. Fatigué, il dit à son grand-père que c'est impossible de porter de l'eau dans un panier et il alla chercher un seau.
Le vieil homme lui dit : « je ne veux pas un seau d'eau mais un panier d'eau ! Tu ne vas pas assez vite,mon garçon !» et il sortit pour regarder le garçon essayer encore une fois.
A ce moment, le garçon su que c'était impossible, mais il voulait montrer à son grand-père que même en courrant aussi vite qu'il le pouvait, l'eau s'écoulera avant qu'il ne soit retourné à la maison.
Le garçon plongea le panier dans la rivière et couru très vite, mais quand il atteignit son grand-père le panier était encore vide. Essoufflé, il dit : « Tu vois Pépé, c'est inutile ! »
« Donc, tu penses que c'est inutile ! »Le vieil homme dit : « Regarde le panier ! »
Le garçon regarda le panier et pour la première fois il se rendit compte que le panier était différent. Il s'est transformé d'un vieux panier de charbon sale en un panier propre, à l'intérieure comme à l'extérieure.»
« Mon fils, c'est ce qui se passe quand tu lis le Qour'ane. Tu ne peux pas comprendre ou bien te rappeler de tout , mais quand tu le lis, tu changes ton intérieure et ton extérieure. C'est le travail d'Allah(swt) dans notre vie ! ».
Ecoles spirituelles et écoles juridiques
Les écoles juridiques traitent de tout ce qui est apparent : comment jeûner ? Comment prier ? Comment payer la zakat ? etc. Par contre Les écoles spirituelles traitent de tout ce qui est caché : la foi, la bonté ,l’amour ,toutes ces vertus que nous ne touchons pas physiquement, mais qui donnent un sens aux choses apparentes . Dans ce sens, quand on dit « la ilaha ila la Mouhamadou Rassouloulahi », c’est une attestation de foi et la foi liée à cela est cachée. Donc, la spiritualité traite de tout ce qui est caché et son but est de purifier l’être humain afin qu’il fasse la volonté d ‘Allah(swt).
La double dimension du hadj
Alors, on peut comprendre qu’en toute chose, il y a deux dimensions, une apparente et l’autre cachée et si cela est vrai, le hadj qui est le pèlerinage a lui aussi sa dimension apparente que tout le monde connaît, mais aussi sa dimension cachée qui, très souvent, passe inaperçue. Il est donc important que le musulman avant d’aller faire le pèlerinage, cerne cette double signification du hadj. La question sur le sens spirituel du hadj a toute son importance
Le hadj ou l’engagement de découvrir Dieu.
Le hadj signifie littéralement « volonté de faire quelque chose » ou « s’engager à faire quelque chose » et vous verrez que cette ferme volonté ou bien cet engagement de faire quelque chose part du verset coranique qui dit : « Dieu dit à Abraham, ordonne aux gens de prendre l’engagement de faire le pèlerinage et qu’ils te viennent en nombre… » Ce verset fait ressortir le sens de l’engagement et de la ferme volonté. Islamiquement parlant, au delà même de la littérature arabe ,nous disons que le hadj est la ferme volonté de découvrir Dieu .voilà pourquoi nous allons effectuer le voyage vers la maison de Dieu parce que logiquement, quand on cherche quelqu’un, on va le trouver dans sa maison. La maison de Dieu s’appelle la Kaaba, le musulman prendra la ferme volonté et l’engagement d’effectuer un voyage vers la Kaaba pour découvrir Dieu.
Le hadj ou la fin de la purification
Ce n ‘est pas par hasard que le cinquième pilier de l’islam est devenu le pèlerinage parce qu’à ce niveau, nous sommes en face d’une série de purifications. Le serviteur qui veut découvrir Dieu, voir que Dieu est pureté doit avoir au minimum une dose de pureté en lui. Ainsi ,il purifie son intention, avec l’attestation de foi en récitant la chahada ; il va également purifier ses membres avec les cinq prières quotidiennes, sa richesse avec la zakat, son âme avec le Ramadan et puisque maintenant il a effectué toutes les séries de purification, il est apte à pénétrer le sanctuaire de Dieu avec le pèlerinage . Par conséquent, le pèlerinage en tant que cinquième pilier de l’islam est fait expressément pour expliquer quelque chose . On pourrait dire que le pèlerinage est le sommet de cette somme de purification.
Le sens spirituel de l’étoffe qu’on porte lors du pèlerinage
L’être humain a été créé pour connaître Dieu. Dans ce sens Dieu dit dans le Coran : « Je n’ai créé les hommes et les djinns rien que pour m’adorer » (Ste51 /V:56.)
IBN Abbas dit , « m’adorer », signifie :« me connaître » parce qu’il est difficile d’adorer, une existence qu’on ignore. On pourrait passer toute sa vie à faire du culte, alors que ce n’est pas de l’adoration. Ce n’est peut-être même pas le culte. Il y a deux manières de connaître Dieu ; connaître Dieu à travers les preuves palpables qui nous prouvent que Dieu existe, mais aussi la manière la plus forte, c’est connaître Dieu à travers le dévoilement. Et le Prophète Muhammad (saw) dit que :« nul ne pourra voir son Seigneur qu’après sa mort.» Il lui pose alors la question suivante : « As-tu compris le jour où tu avais pris l’engagement du pèlerinage que c’était l’engagement d’aller à la mort, à, un voyage sans retour ? ». Le disciple lui a dit non. Il dit : « As-tu compris que le jour où tu sortais de ta maison, à la rencontre de Dieu, tu sortais pour mourir ? Et que cette mort était symbolisée par les deux étoffes de la sacralisation ? Quand une personne meurt, on la met dans un linceul blanc et c’est ce qui est représenté ici par la sacralisation. Qui signifie : « désormais, je suis mort, je ne m’appartiens plus ,j’appartiens à une autre vie et dans cette vie désormais ma quête c’est de découvrir mon Seigneur Dieu qui m’a créé »
A partir de cet exemple, on peut résumer que la sacralisation n’est que le symbole de la mort pour pouvoir rencontrer Allah.
La signification du refrain qu’on entonne durant tout le hadj à savoir la talbia.
Quand on récite la talbia, on dit : « Dieu me voici. J’ai répondu à ton appel, Tu n’as pas d’associé. Certes, la louange et tous les bienfaits sont à Toi ainsi que la royauté. Tu n’as pas d’associé.» Ce refrain met donc l’accent sur l’unicité de Dieu, sur son Omnipotence et son Omniprésence car, Dieu est une Présence Eternelle qui nous est signifiée chaque jour que nous prions à travers la fatiha.
wa salam
(Ci-dessus la Photo de Cheikh Yacouba Sylla (raa) disciple de cheikh Hamahoullah (raa) )
Par Mohamed Tahar Bensaada
«Durant la longue nuit coloniale, l’Islam subsaharien, notamment en Afrique de l’Ouest, a connu l’éclosion de courants théologico-mystiques qui ont eu comme particularité d’unir quête spirituelle et engagement politique anti-colonialiste. En effet, la théologie de la libération en contexte musulman a connu plusieurs expressions historiques. L’opposition artificielle introduite par certains interprètes entre théologie rationnelle ou dogmatique et expérience mystique n’est pas toujours historiquement pertinente comme l’illustre l’histoire contemporaine de l’Islam subsaharien.
A un moment où certains pouvoirs en place, aussi bien au nord qu’au sud de la Méditerranée, cherchent à instrumentaliser les confréries soufies dans leur stratégie de contrôle social et politique en vue de contre-carrer ce qui leur paraît comme le danger du moment, à savoir le « fondamentalisme » radical, il est important de se pencher sur l’expérience d’un grand soufi africain qui a su allier foi et résistance anti-coloniale. Il s’agit du cheikh Hamahoullah qui a marqué de nombreuses générations dans sept pays différents : Mauritanie, Mali, Niger, Sénégal, Cote d’Ivoire. Guinée, Burkina-Faso, et auquel l’historien africain, Alioune Traoré, a consacré une thèse remarquable (1).
C’est en 1902, que le jeune Ahmedou Hamahoullah fut initié à la tariqa (voie) tijaniyya par le cheikh Sidi Mohammed Lakhdar qui fut lui-même chargé de la mission d’étendre la tariqa en Afrique de l’Ouest par le cheikh Sidi Tahar de Tlemcen. Ce dernier était un des proches compagnons du fondateur de la confrérie. La tariqa fut fondée par le cheikh Ahmed Tijânî(radiyallâhu ta'ala ane-hu) (1738-1815) en 1781 à Ain Madhi, près de Laghouat dans le sud algérien. Son opposition au régime des beys revêtait un double caractère social et religieux. Le régime ottoman ne ménagea guère la confrérie naissante dans laquelle il vit une redoutable opposition qu’il n’hésita pas à réduire à une sorte de « nationalisme arabo-berbère ». Cela explique l’alliance conjoncturelle du cheikh Ahmed Tijâni(raa) avec la dynastie alaouite connue pour sa vieille opposition à la domination ottomane et son départ pour Fès qui deviendra le centre de redéploiement de la confrérie en direction du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest.
Outre l’arabe classique, le cheikh Hamahoullah parlait le hassaniya, le bambara, le soninké, le peul et l’azer (une langue dérivée du soninké et du berbère), ce qui illustre la forte insertion sociale de sa mission historique. L’importance et la diversité des ouvrages de sa bibliothèque confisquée par les autorités coloniales en juin 1941, au moment de son internement administratif, dénotent une grande culture. Les archives mentionnent en effet deux tonnes cinq cent de livres et de manuscrits retirés de la maison du cheikh. Les ouvrages avaient trait aussi bien à la grammaire arabe qu’à l’histoire, au droit et à la mystique.
La zaouia tijaniyya était divisée entre une tendance « onze grains » et une tendance « douze grains ». La première récitait onze fois la prière « jawharatu el kamal » alors que la seconde la récitait douze fois. Cette différence aurait été sans importance si un facteur d’ordre politique n’était pas venu bouleverser la donne. Dans le cadre de sa guerre de résistance aux envahisseurs français, l’Emir Abdelkader avait sollicité, en 1832, le soutien de Cheikh Mohammed Tijâni(raa), le chef de la zaouia tijaniyya de Ain Madi. Mais celui-ci se rétracta sous prétexte que sa zaouia ne s’occupait que des questions célestes ! L’Emir marcha sur Ain Madi en juin 1838 et le chef de la zaouia dut fuir au Maroc. En 1840, la zaouia de Ain Madi apporta son soutien au maréchal Valée contre l’Emir Abdelkader. La zaouia de Temassin fit de même. Par contre, la zaouia tijaniyya de Tlemcen sous la direction de Cheikh Tahar apporta son soutien à l’Emir Abdelkader et proclama le djihad contre l’occupant français.
Comme la zaouia de Tlemcen soutenait un tijanisme à onze « jawharatu el kamal » alors que celles de Ain Madi et de Temassin un tidjanisme à douze « jawharatu el kamali », le colonialisme n’hésita pas à faire une lecture politique de cette différence rituelle minime. Il se fait que le jeune cheikh Hamahoullah était plutôt partisan de la voie « onze grains », ce qui le rendit dés le début suspect aux yeux de l’administration coloniale et de ses larbins parmi les marabouts locaux. C’est ce qui explique que la plupart des spécialistes de l’ethnologie coloniale, à l’instar de L.Albert, J.Vieroz, H.Deschamps, qui travaillaient souvent en coopération étroite avec l’administration française, n’ont pas lésiné sur les qualificatifs pour désigner la tendance du cheikh Hamahoullah : « Tijanisme différencié », « Tijanisme à caractère subversif » ou encore « secte dissidente de la Tijaniyya » !
Comme partout en Afrique, le colonialisme n’hésita pas à utiliser et à raviver les divergences tribales pour diviser le mouvement soufi naissant. Mais ces manœuvres n’ont pas réussi à empêcher le triomphe de la tendance du cheikh Hamahoullah qui est devenu le véhicule principal de la Tijanyyia dans la région de l’Afrique de l’Ouest. C’est grâce à sa pénétration dans les milieux soninkés (qui étaient généralement colporteurs et marchands) et maures (qui étaient nomades) que la confrérie s’est développée dans la région.. Dans les années 1930, la confrérie avait des dizaines de milliers d’adeptes dans l’ensemble de la région : Mauritanie, Niger, Mali, Sénégal, Cote d’Ivoire, Guinée, Haute-Volta (Burkina Faso) .L’adhésion d’une personnalité comme Thierno Bokar au mouvement du cheikh Hamahoullah illustre l’influence religieuse, morale et sociale de ce dernier.
Dès le début de sa mission, l’attitude du cheikh Hamahoullah, appelé par les Français le cheikh Hamallah, devait attirer la méfiance du colonisateur. Un rapport de l’inspecteur des affaires administratives, daté du 3 décembre 1917, le décrivait ainsi : « J’ai vu Chérif Hamallah. Il m’a paru très concentré, peu désireux d’être connu de nous. Il parle très peu, bien qu’il écoute avec une grande attention ce qu’on lui dit. A l’inverse de ses collègues, il n’est pas prodigue de déclarations de loyalisme. Je lui ai parlé de la France, puissance musulmane protectrice de l’Islam, sans réussir à le faire sortir de son mutisme. Une allusion au grand Chérif de La Mecque, allié de la France dans la Grande Guerre, m’a paru lui être plutôt désagréable. Au total, l’impression n’est pas favorable. Personnage fermé, sur la réserve, qui paraît être en contemplation intérieure ou sous l’emprise d’une idée fixe. On croirait qu’il est au stade pathologique qui précède ou accompagne le mysticisme. A surveiller de très près quoique avec discrétion » (2).
Comme tous les mystiques, le cheikh Hamahoullah voulait se consacrer à sa retraite spirituelle mais son influence sociale ne pouvait laisser le colonisateur indifférent. Soit il était apprivoisé par le système colonial comme cela se produisit pour de nombreux marabouts de la région, soit il devenait un opposant de fait à ce système. Paradoxalement, c’est sa spiritualité profonde et sincère qui va conduire le cheikh Hamahoullah à prendre une position claire et franche contre le système colonial.
Comme le fait remarquer son biographe Alioune Traoré : « En vérité, Cheikh Hamahoullah voulait vivre dans la prière et le recueillement, loin des contingences terrestres. Rien d’autre ne l’intéressait. Pour lui, le pouvoir colonial n’était qu’un épiphénomène venu se greffer au-dessus de la société musulmane. Selon lui, il y avait en réalité un seul Pouvoir, le vrai, celui d’Allah, et une seule loi, la shari’a, qui découle de la Parole de Dieu, le Coran. Il ne pouvait avoir de dialogue authentique avec des hommes qui ne reconnaissaient pas dans le Coran une manifestation divine, la source de la loi et un code de vie à respecter » (3).
L’opposition politique du cheikh Hamahoullah au système colonial était directement inspirée de ses méditations théologiques et de la lecture de certains versets coraniques comme le verset 114 de la Sourate III ( al-Imarane) qui appelle les Musulmans à ne pas faire d’alliances avec les non-Musulmans. Mais sa lecture du Coran allait plus loin. La reconnaissance de la souveraineté de Dieu ne le conduisait pas seulement à rejeter le pouvoir inique du colonisateur français mais aussi le pouvoir féodal des notables de la région qui cherchaient à légitimer leurs privilèges par le recours à une conception rétrograde de la religion musulmane. C’est de ce point de vue qu’on peut parler à propos de l’œuvre et de la mission du cheikh Hamahoullah d’une théologie de la libération puisque l’interprétation du Coran et de la Sunna est mise directement au service des nobles idéaux de justice et d’égalité dans la droite ligne de la tradition musulmane qui fait de la commanderie du Bien et de l’interdiction du Mal son fondement éthico-politique.
Ce rapport dynamique entre théologie et politique dans la pensée du cheikh Hamahoullah constitue sa principale originalité. Comme le relève son biographe : « Selon les témoignages recueillis au Hodh, c’est dans le Coran que le Cheikh Hamahoullah cherchait la réponse aux défis que lançait la colonisation à l’Islam. C’est dans les sourates qu’il tirait l’essentiel de ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui sa pensée politique ...Il suffit de réfléchir au message coranique qui servait de référence à Cheikh Hamahoullah dans son comportement de tous les jours pour comprendre que ses relations ne pouvaient être des meilleures avec l’administration coloniale. De même le cheikh réduisait au minimum les contacts que les chefs de tribus et tous ceux qui détenaient un pouvoir quelconque dans la société, souhaitaient établir avec lui. Du reste, il les recevait en tant que fidèles et non en tant que notables. Lui-même ne s’était jamais comporté en dignitaire » (4).
Comme souvent dans des situations similaires, ce sont les marabouts jaloux de l’influence grandissante du cheikh qui alertèrent l’administration coloniale en essayant de la faire passer pour un dangereux « nationaliste musulman », ce qui était au départ exagéré. La stupidité et le mépris des administrateurs coloniaux ont fini par radicaliser un cheikh soufi qui était au début plutôt réservé à l’égard du système colonial pour des raisons théologiques. Cependant, le cheikh n’alla jamais jusqu’à proclamer l’insurrection armée contre le colonisateur, pensant sans doute que pareille solution était sans issue, étant donné le rapport des forces militaires en faveur du système colonial.
Mais même si le cheikh n’est pas allé jusqu’à choisir l’option de la résistance armée, la mobilisation sociale et politique, à laquelle sa persécution par les autorités coloniales a donné lieu, a permis la cristallisation d’un mouvement de résistance anti-coloniale dans lequel se mêlaient indissolublement le caractère national et le caractère religieux. En effet, dans ce mouvement, tous les aspects pacifique de la résistance anti-coloniale ont été mis à profit par le mouvement dit « hamalliste » : boycott de l’école française, prière abrégée, contestation théologico-politique du pouvoir colonial entant que pouvoir non-musulman, etc.
A ce titre, le cheikh Hamahoullah illustre historiquement une tendance profonde dans le soufisme populaire subsaharien qui a réussi à faire la synthèse entre une spiritualité sincère et une éthique politique et sociale qui ne pouvait que déboucher sur une position radicalement anti-coloniale. Pareille problématique est loin d’appartenir seulement au passé. Elle n’est pas sans une certaine actualité au moment où les régimes néo-coloniaux cherchent à confectionner un soufisme sur mesure, apolitique, docile et si possible exotique !
Notes
(1) Alioune TRAORE : Cheikh Hamahoullah, homme de foi et résistant, Paris, Maisonneuve & Larose, 1983.
(2) Cité par A.Traoré, op.cit, p.115
(3) A .Traoré, op.cit, pp.116-117.
(4) A.Traoré, op.cit, pp. 117-118
Le Professeur Abdelaziz BENABDALLAH, membre de l'Académie du Royaume du Maroc et directeur rédacteur en chef de la revue Al Qods, membre de la délégation marocaine aux 8èmes journées islamiques de la Tariqatou Tijaniyya. Nous l'avons rencontré pour parler avec lui de la place de l'islam dans le monde, du mouvement intégriste islamique ainsi que du fondement de la tariqa tijania.
Question : Pr Benadallah, vous êtes à Dakar pour représenter le Royaume Chérifien aux 8ème journées de la tarikatou tijaniyya. Que représentent ces journées pour le peuple marocain ?
Réponse : Ces journées constituent des manifestations pour remémorer, raviver la mémoire du Cheikh Sidi Ahmed Tijânî(raa) et des grands maîtres marocains comme le Cheikh Larbi Bensayah, le mauritanien, Sidi Mohamed El Halez, ou soudanais, le grand combattant l'imam El Hadj Oumar Foutiyou(raa) et la symbiose de ces grands imams - si je puis dire - sous l'égide du cheikh Ahmed Tijâni(raa), constitue une symbiose maroco-sénégalaise. Une symbiose qui est renforcée par la fraternité entre le président Abdou Diouf et Sa Majesté le Roi Hassan II. Cela a toujours été ainsi. Le Sénégal et le Maroc qui ont à leur tête deux des plus prestigieux chefs d'Etat africains ont toujours été voisins dans la pensée islamique et dans la pensée de la tarika tijaniyya, Cheikh Ahmed Tijani(raa) est à Fez. Il est marocain quoiqu'il soit né à Ain Madi. Ain Madi faisait partie à l'époque, avec tout le Sahara oriental, du Maroc réalité reconnue par le capitaine Martin dans son grand ouvrage "Quatre siècles de l'histoire du Maroc et du Sahara". Il s'est avéré que Ain Madi, lieu de naissance du Cheikh Ahmed Tijani, est une cité marocaine. Fès était une deuxième cité pour le Cheikh, où il a été inhumé, il constitue le grand siège du sanctuaire que viennent visiter de nombreux pèlerins et les grands chefs d’Etats africains. Ce sont là autant d'impondérables qui viennent renforcer cette communion entre le Sénégal et le Maroc.
Question : Au Sénégal, la tarika tijania occupe une place extrêmement importante. Qu'en est-il en Afrique, voire dans le monde ?
Réponse : Vous savez, on m'a posé cette question un jour au Maroc, après le grand meeting de Fez, pourquoi cette grande célébrité et surtout en Afrique de la Tarika tijania. D'après certains orientalistes comme Maury Bonnet dans son ouvrage "I'islam et la chrétienté" et d'autres comme Chakib Arsalane le grand écrivain arabe dans son ouvrage intitulé "La Présence de la Civilisation Islamique." Ils ont constaté que si Charles Martel a arrêté la poussée islamique à Poitiers, I'occupant français a arrêté la poussée tijania en Afrique. C'est cette poussée tijania qui a islamisé l'Afrique. Et s'il n'y avait pas eu cet occupant, toute l'Afrique aurait été islamisée. C'est pour vous dire que la Tarika tijania donnait le chapelet et le sabre. Le chapelet pour combattre Satan, et le sabre pour combattre le ravisseur, I 'agresseur qu'il soit occidental ou autre. Il y a autre chose, la tarika tijania est une tarika sunnite. C'est aussi une tarika malékite. Cette symbiose du sunnisme et du malékisme a favorisé l'expansion de l'islam du Maroc et lui a donné une pureté originelle et c'est pourquoi, la tarika n'est pas toujours considérée comme une confrérie mais comme le mouvement de pensée contre l'animisme, le fétichisme et contre la pensée rétrograde islamique.
Question : Il existe entre les oulémas marocains et sénégalais un rapprochement extraordinaire au plan spirituel. Il y a deux ans, lors d'une rencontre à Dakar, entre les oulémas des deux pays, un pont a été jeté sur une collaboration beaucoup plus raffermie entre ces différents penseurs. Comment se poursuit cette coopération ? Quel est le point de vue marocain ?
Réponse : Naturellement, ce mouvement ne fait que se renforcer. A ces débuts, il s'est contenté de raffermir l'assise éducationnelle, en donnant des bourses, pour aller à l'université Al Qaraouyene. Vous savez que Al Qaraouyene est la première université du monde. Elle a été édifiée en l'an 245 de l'Hégire. D'après un certain nombre d'orientalistes occidentaux, il a été constaté, et cela est curieux, que Fès où est inhumé Cheikh Ahmed Tijânî(raa) est l'Athènes de l'Afrique, c'est-à-dire la capitale de la pensée africaine. Pour trois raisons: d'abord pour la Qaraouyene, ensuite pour le mouvement tijânî et enfin parce que dans le monde entier, il n'y a qu'un "Amir Al Mouminine", c'est Hassan II. Un seul Amir Al Mouminine qui est très aimé, parce qu'il est le descendant du Prophète (psl). Vous savez qu’en l 'an 122 de l'hégire, il y eut un mouvement de rébellion contre l'arabisme au Maroc, mais pas contre l'islamisme parce que les Omeyyades à l'époque, ont essayé d'imposer une taxe qui n'était pas islamique aux Africains. Et les Berbères marocains se sont rebellés. Quand 50 ans après, en 172 exactement, Idris Premier est entré au Maroc, il y eut un incident sans pareil dans l'histoire du monde comme dit Ibn Khaldoun dans ses "Prolégomènes", c'est que toutes les tribus se sont coalisés pour renforcer l'avènement du prince Idris, alors que ce dernier n'était venu au Maroc qu'en tant que réfugié. Cet état de fait, a été motivé non pas parce que Idris Premier était un Arabe, mais plutôt parce que c'était un descendant du Prophète (psl). Parce qu'il est le symbole de l'union islamique, de cette communion qui est l'assise et la base de cette animation africaine provoquée avec fracas, lors des assises de Casablanca, autour du roi Hassan II, il y a quelques mois. Ajoutez à cela, cette symbiose animée par Hassan II entre la modernité agissante et l'islam rénové. Et nous attendons beaucoup de cet islam rénové. Il n'y aura jamais de défi contre l'islam, mais de l'islam bien entendu. Et je puis vous dire qu'en tant que traditionaliste, professeur au Haut Institut des Sciences traditionnelles à Rabat et à Fès, qu'une des raisons de cette expansion inouïe de l'islam, est que notre religion donne le pas au social sur le cultuel. Il y a 4/5 des hadiths qui se rapportent au social, alors qu'il n'y en a qu' 1/5 qui se rapporte à l'acte de culte
Question : Pr. Benabdallah, vous avez parlé d'un islam rénové, on peut cependant se poser des questions face à la poussée intégriste dans l'islam. Vous parlez d'islam rénové et d'un autre coté, on assiste à un intégrisme total. L'islam en fait, n'est-il pas en train de faire sa mutation ?
Réponse : Au lieu de dire mutation, on parle, toujours plutôt de "sérénissime". Au fond, il n'y a pas de sérénissime, parce que l'islam est toujours l'islam. L'islam n'a pas été compris. Il n'a jamais été bien compris et je vais vous dire pourquoi. Pourquoi l'islam est né cet intégrisme face au fondamentalisme. Le fondamentalisme, c'est le retour aux fondements, à l'islam pur, le retour à des traditions authentifiées. Vous savez qu'Ahmed Ben Ahmed connaissait un million de hadiths, alors que les hadiths qui ont été authentifiés ne dépassaient guère 10.000. Il y a des gens qui viennent vous dire que l’islam a dit, l’islam a fait, ce sont des intégristes qui ne connaissent pas l’islam. Ce sont des gens qui veulent intégrer tout le mouvement mondial dans des textes faux. Alors que le fondamentalisme, c'est autre chose. Je vais vous donner un exemple, un seul. Quand nous faisons la prière, les intégristes écartent leurs jambes alors que le croyant, lui, fait face à Dieu quand il prie, comme un militaire dans un rang. Il faut qu'il accole les deux jambes. C'est un petit exemple, entre un million d'autres. Donc, si on parle de sérénissime, ce n'est qu'un retour aux fondements. Sans ce retour, tout le processus islamique originel et original, sera travesti, et d'une fausse absurdité.
Question : Ces journées culturelles islamiques qui sont devenues une tradition sont un moment intense de communion, de purification, est-ce votre sentiment ?
Réponse : Naturellement, souvent, nous ne sommes pas tous sur le bon chemin, on ne peut pas toujours le dire. C'est pourquoi, j'ai choisi comme thème de ma conférence ou plutôt comme moyen d'entente lors de ma conférence, le dialogue. Un dialogue vivant et libre pour permettre à chacun, de me poser les questions qui intéressent, et j'ai répondu franchement, pour donner une fresque vivante et palpitante de l'islam réel, de la tarika tijania. Je connais très bien la tariqa tijania qui n'est qu'un retour à l'islam, mais la tarika tijania bien entendue. C'est pourquoi j'ai essayé en collaboration avec de grands amis, des marabouts qui sont ici et qui ont confiance en moi, de démontrer que nous devons revenir au bon chemin d'Allah, au chemin prôné par la tariqatou tijaniyya.
wa salam