les poèmes de Rabia (raa)
12/03/2008 17:46 par momowally
Un jour dans les rues de Basra, on demanda à Rabia (raa) pourquoi elle portait une torche dans une main et une cruche d'eau dans l'autre, et elle répondit :
«je veux jeter le feu dans le paradis et verser de l'eau dans l'enfer pour que ces deux voiles disparaissent et que l'on voit clairement qui adore Dieu par amour et non par crainte de l'enfer ou par espoir du paradis !».
* Rabia (raa), dite la « Sainte de Basra » (ou Bassorah, ville aujourd'hui située dans le sud de l'actuel Irak), est morte en l'an 801. Elle a introduit l'image de l'amour désintéressé dans le soufisme, une image très présente dans la spiritualité turque. Cet amour qui porte en lui-même sa raison d'être est devenu le thème central du soufisme. Presque tous les poètes mystiques en Islam, et tout particulièrement les poètes turcs, ont exprimé l'idée que «l'amoureux doit être sur la voie de l'amour de sorte qu'il ne se souvienne plus de l'enfer ou du paradis ».
Au cours des siècles, cet amour mystique a fortement imprégné l'islam pratiqué par les Turcs, qui se distinguent en cela d'autres peuples où, dans le rapport au divin, c'est la peur et la crainte qui dominent.
Rabia (raa)est l'une des rares figures féminines faisant l'objet de vénération dans le monde musulman. Ancienne esclave affranchie par son maître, l'amour de Rabia (raa) pour Dieu (swt) était absolu ; il n'y avait pas de place pour quelqu'autre pensée ou quelqu'autre amour que ce fût. Résultat : elle ne se maria pas. Son seul désir était de se perdre dans la contemplation de « Celui qui a créé les fleurs et le printemps ».
« Ô Bien-Aimé des coeurs...», c'est ainsi que Rabia (raa) s'adressait à Dieu(swt) dans ses poèmes...
wa salam
SEPARATION :
La Séparation mystique d'avec le Bien-Aimé est la plus douloureuse des Séparations. Car l'éloignement d'avec le Bien-Aimé représente l'éloignement d'avec notre propre entité et une telle séparation correspond au plus haut degré de douleur, de la même manière qu'il est plus douloureux d'être séparé physiquement d'une partie de son propre corps que d'être séparé d'une personne.
« Ecoute la fleur de jasmin chanter sa peine
Et conter la douleur de sa Séparation:
« Depuis que je fus coupée de mon buisson
Ma tristesse fit pleurer rois et reines.
Que vienne un coeur déchiré par la Séparation
Que je lui explique la douleur de l'Attente! »
Tous ceux qui furent amoureux avec passion
Savent exactement de quoi parle cette plante.
Mawlana Rumi {raa}
Poésie Inspirée Du Mathnawi
Le désir du Bien-Aimé est en fait le désir pour Soi-même, pour sa Véritable Identité qui apparait sans voile dans la Présence du Bien-Aimé et qui se manifeste subtilement à travers l'apparence physique de celui-ci.
AUTRES THEMES :
Historiquement, la Poésie spirituelle et mystique représente un moyen de chanter la relation du disciple avec le Seigneur Qui se manifeste a travers Sa Lumière. Mais la Poésie spirituelle fut également le moyen de partager certaines connaissances.
. Le Coeur !
Dans une vraie relation spirituelle et lumineuse (latif), le coeur de l'amoureux devient la Maison dans laquelle apparait l'image du Bien-Aimé. Des secrets sont ainsi échangés dans cette Maison slencieuse, qui devient ce que l'on appelle "la Chambre du Bien-Aimé". Le Coeur est considéré comme le Lotus de la Révélation Spirituelle.
. La Muse Interpretée Comme La Lumière Divine !
Dans la Poésie mystique, particulièrement la poésie Perse, l'image féminine représente la Lumière Divine. Ainsi les poètes orientaux emploient souvent l'attribut féminin pour qualifier la représentation du Divin car la beauté féminine dérive de l'attribut de Beauté du Seigneur.
« Ce que vous appelez "Elle" est en fait
La Réflection du Divin qui est en faite
"Elle" n'est pas votre dulcinée
"Elle" est la Lumière du Bien-Aimé »
Mawlana Rumi {raa}
Inspirée de Fihi Ma Fihi/Mathnawi
L'inspiration féminine des poètes mystiques s'identifie ainsi au Divin qui manifeste l'Attribut de Sa Beauté à travers Sa Lumière.
Qu'Allâh Azzawajal nous inonde de son Nour,nous couvre de Rahma et de Baraka pour l'Amour du prophète béni (saw) !
wa salam
L'amoureux soufi évolue constamment entre deux états spirituels:
-l'Union et
-la Séparation d'avec le Bien-Aimé.
Le recueil «Pénitences» est basé sur le thème de la Séparation et le recueil "Les Jardins du Bien-Aimé" (disponible bientôt avec l'aide de Dieu) se concentre sur le thème de l'Union.
. UNION
L'Union est ici interprétée par la Joie que la Présence du Bien-Aimé procure. Pour l'amoureux qui est encore sur le chemin de la Voie qui mène au Bien-Aimé, cette Union se retrouve dans les inspirations spirituelles et les experiences personelles qu'il subit. Durant ces moments d'extases spirituelles, l'amoureux expérimente un état de Proximité qui lui permet de goûter au bonheur de L'Union Originelle, l'Union des âmes dans la Présence Divine.
«Je ne suis qu'un enfant sous tutelle
Mais la Proximité de Ta Lumière
Donna à mon coeur de chair
Des siècles de vieillesse spirituelle ! »
Mawlana Rumi {raa}
A l'état d'Union, la personalité de l'amoureux disparait. A ce moment la Forme Lumineuse de la source de son Inspiration le recouvre et il apparait sous la Lumière de son inspiration pendant cet état.
ECOUTE !
Ecoute, oh cher ami !
Car Ma Voix est en Toi
Je t'appelai si souvent
Mais tu ne m'entendais pas
Je suis le Désir Caché
Entre l'Apparent et le Caché.
En Moi se trouve ton âme .
Pourquoi donc me fuis-tu?
Les autres t'aiment
pour eux-mêmes .
Et non pour qui tu es vraiment.
Aime-Moi, et n'aime que Moi !
Aime-toi à travers Moi !
Je suis le Parfum
Au milieu des parfums !
Je suis le Sauveur
Au milieu des sauveurs
Et tu ne m'as point apprécié !
Que rien ne te possède
Dans ce monde et dans l'autre.
Sois à Moi !
Sois pour Moi !
Car tu es en Moi !
Oh, mon bien-aimé,
Cette Voie mène à l'Union
Toute forme de séparation
Disparait comme l'ombre.
Allons, main dans la main !
A la cour du Seigneur
Que le Seigneur marque
notre âme
De Son Empreinte à jamais.
Seydina Ibn Arabi {radiyallâhu ta'ala ane-hu}
QU'EST-CE QUE LE SOUFISME?
Soufisme, qui se traduit en Arabe par «Tazkiyatul an Nafs », veut dire «purification de l'égo ».
Le Soufisme est une partie intégrante de toute religion revelée car il est le thème majeur de l'essence de la religion. Toute réligion prône ,en effet, un retour vers les valeurs divines en combattant assidument les passions et les tentations qui naissent de l'égo.
LA GUERRE CONTRE L'EGO :
POESIE SOUFIE
Les soufis sont des troubadours constamment possédés par un Amour qui les dépasse. Cet Amour étant la Source même de toutes les formes d'amour temporel (amour romantique, amour des richesses, etc), il est donc normal que ces amoureux spirituels expriment leurs émotions de la manière la plus lyrique possible.
Les plus grands Saints de l'Islam ont ainsi témoigné leur Amour à leur Seigneur à travers des chants et proses qui rivaliseraient en lyrisme avec les oeuvres des plus grands poètes de l'histoire de ce monde.
On retiendra bien sur les incroyables odes de Mawlana Rumi {RA} mais aussi de Seydina Jami {QS}, de Seydina Farudin al Attar {QS}, de Seydina Sana'i {QS} et Seydina Ibn Arabi {QS} ('l'Andalousien"), considéré par le monde Islamique comme étant le plus grand philosophe de l'Islam.
D'un point de vue historique, «Tazkiyatul an Nafs» ou «Soufisme »fut introduit des les premières heures de l'Islam par le Prophète (SAW) lui même. Le Prophète (SAW) ordonnait à ses Compagnons (RA) de se défaire des passions de leur égo après chaque bataille contre les mécréants. Il (SAW) s'adressait à eux (RA) en ces termes:
«Nous sommes revenus de la petite jihad (guerre sainte),
maintenant nous devons commencer la Grande Jihad contre nos égos.»
Le principe de «Tazkiqatul an Nafs» était donc présent du temps du Prophète (SAW). Certains Compagnons du Bien-Aimé (SAW), dédièrent toute leur vie d'une manière exclusive à la pratique de la purification de l'égo. Ces Compagnons (RA) étaient surnomés «les Gens du Banc », par leurs concitoyens car ils (RA) étaient toujours assis sur un banc près de la Maison du Prophète (SAW) en train de méditer. Le Prophète (SAW) les retrouvait tous les soirs à l'emplacement de ce banc pour leur enseigner les fondations de la pratique de la purification de l'égo.
La pratique du Soufisme se développa ainsi et connut un essor fulgurant du temps des Successeurs des Compagnons du Prophète (SAW).
wa salam
Un sourire, une aumône
Le Prophète(saw) a dit :
«Le fait de sourire à ton frère est une aumône !»
Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup
Il enrichit ceux qui le recoivent sans appauvrir ceux qui le donnent
Il ne dure qu'un instant
Mais son souvenir est parfois éternel
Personne n'est assez riche pour pouvoir s'en passer
Et personne n'est assez pauvre pour ne pas le donner
Il crée le bonheur au foyer
Il est le sensible de l'amitié
Un sourire donne le repos à l'être fatigué,
rend le courage au plus decouragé..
Si, quelquefois vous rencontrez une personne qui ne vous ne donne pas le sourire que vous meritez, soyez généreux
Donnez lui le vôtre, car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres....
Lettre 1 : Le temps
(d'après Sénèque et une traduction de 1793 de Feu M. La Grange, librement adaptée par shamrouh)
Ma Chère zouzou,
"Oui, rends-toi à l'évidence.
Le temps qu'on t'enlève, qu'on te dérobe, qui t'échappe, il faut le recueillir et le garder.
Certes, on nous prend notre temps ou le temps t'échappe ("je n'ai pas assez de temps" dis-tu) comme si tu étais innocente ... or la perte la plus honteuse est celle qui vient de notre négligence.
Songes-y : une partie de la vie se passe à "mal" faire ; la plus grande à ne rien faire et la totalité à faire autre chose que ce qu'on devrait.
Sais-tu apprécier le temps ?
estimer les jours et comprendre que tu meurs un peu à chaque instant ?
Notre erreur est de ne voir la mort que devant nous : elle est derrière, en grande partie : tout ce qui est passé n'est plus...
Saisis-toi du présent (Carpe Diem) et tu dépendras moins de l'avenir.
Si tu passes ta vie à la remettre, quand vas-tu la vivre ???
Suivant un vieux proverbe, l'économie n'est plus de saison, quand le vase est à la fin ; au fond du tonneau, la quantité est moindre et la qualité pire !"
Chers frères et soeurs ,voici un poème qui a beaucoup influencé ma tendre enfance, durant
mes années Collèges et lycées . Je le garde,enfoui tout au
fond de m'être,
et j'aime à le réciter tout en pensant à mes amis(es) qui,aujourd'hui
sont tous devenus grands,mariés(es),pères ou mères de plusieurs enfants !
Ah,qu'il est loin le temps de l'enfance !
«Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?
Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :
"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
"Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.
"Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.
"Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons !"
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?
Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.
Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé ! »
Je garde de bons souvenirs pour mon Professeur de Français Mme Plenet qui nous a fait aimé la littérature française même si par la suite la vie a fait de nous des adeptes des Sciences dites dures !
A tous mes amis du Lycée Classique 1 de Bouaké(Côte d'Ivoire) ,je vous aime !
Assalamu'alaykum,chers frères et soeurs .
Voici la suite des grands récitateurs du Saint et béni Qur'ane !
En page d'article,c'est le Sheikh Râghib Mostafâ Ghalwash.
Faites-nous parvenir des commentaires sur vos préférés.

Sheikh Taha Al-Fashni

Sheikh `Abd Al-`Azîz `Ali Farag

Sheikh Hamdî Az-Zâmel

Sheikh Mohammad As-Sayyid Deif
Assalamu'alaykum,chers visiteurs ! Voici pour vous le
Sheikh `Abd Al-Mota`âl `Arafah (1927-1992) Doyen des maîtres-récitateurs d’Égypte .
Sheikh `Abd Al-Mota`âl Mansûr `Arafah fut une autorité contemporaine dans la discipline de la récitation et des lectionnaires coraniques.
Jeunesse et Formation :
Le 8 Dhû Al-Hijjah 1345 A.H. (8 Juin 1927), Sheikh `Abd Al-Mota`âl naquit dans le village de Banî `Adiyy au gouvernorat d’Assiout. Ce village de Haute-Égypte est aussi appelé le “village des oulémas” en raison du nombre de savants vertueux qui y naquirent, dont notamment Sheikh Ahmad Ad-Dardîr (d. 1786 E.C.), Sheikh Muhammad Hasanein Makhlûf (1861-1936 E.C.), le père du Mufti d’Égypte Sheikh Hasanein Makhlûf (1890-1990 E.C.), ainsi que le gnostique Sheikh Ismâ`îl Sâdiq Al-`Adawî (1934-1998 E.C.), l’imam et prédicateur de la mosquée d’Al-Azhar.
À l’âge de cinq ans, il suivit les enseignements d’une école coranique (Kuttâb) de son village. Âgé de neuf ans (en septembre 1936), il acheva la mémorisation du Coran et excella dans l’art de sa récitation. La même année, il alla à la seule école existant dans son village avant de suivre, plus tard, les cours de l’Institut Azharite de Banî `Adiyy. C’est dans cet institut non gouvernemental qu’il étudia à l’époque le tajwîd, les sept lectionnaires coraniques, la jurisprudence islamique, le hadîth, le credo, la grammaire, la rhétorique et la prosodie. Il y fut également initié à de nombreux chefs d’œuvres du patrimoine islamique comme :
Hirz Al-Amânî wa Wajh At-Tahânî Fil-Qirâ’ât As-Sab` (La réalisation des vœux et la raison des félicitations dans les sept lectionnaires) de l’Imâm Ash-Shâtibî, en matière de science des lectionnaires coraniques.
Al-Kharîdah Al-Bahiyyah (La perle resplendissante) de Sheikh Ahmad Ad-Dardîr et Jawharat At-Tawhîd (Le joyau du monothéisme) de l’Imâm Ibrâhîm Al-Laqqânî, deux ouvrages classiques en matière de credo (`aqîdah) sunnite.
Al-Jawhar Al-Maknûn fi `Ulûm Al-Balâghah Ath-Thalâthah (Le joyau bien gardé dans les trois sciences de la rhétorique) de Sheikh `Abd Ar-Rahmân Al-Akhdarî, dans le domaine de la rhétorique.
At-Tuhfah (Le cadeau) de Sheikh `Alî As-Samannûdî et Al-Jazariyyah de l’Imâm Ibn Al-Jazarî, dans le domaine du tajwîd.
Risâlat Ibn Abî Zayd Al-Qayrawânî (L’épître d’Ibn Abî Zayd Al-Qayrawânî), en matière de fiqh malékite.
En 1945 E.C. et pour la première fois dans l’histoire d’Al-Azhar, un département d’études des lectionnaires fut créé au sein de la Faculté de la Langue Arabe. Sheikh `Abd Al-Mota`âl ne tarda pas à partir pour le Caire pour rejoindre ce département et s’initier auprès de ses savants. Il suivit en parallèle les cours du Cursus Général à Al-Azhar afin d’acquérir les sciences non-enseignées au département des lectionnaires.
Promotion Professionnelle :
En 1949 E.C., il obtint sa Maitrise des lectionnaires avant d’obtenir en 1953 E.C. le diplôme de spécialisation des lectionnaires attribué à la première promotion de ce département où il fut désigné en tant qu’enseignant. En 1954, il obtint le prestigieux diplôme d’Al-`Âlamiyyah d’Al-Azhar, ce qui lui permit ensuite de devenir membre du Comité des Grands Savants d’Al-Azhar. De 1954 à 1957, il fut détaché par Al-Azhar au Soudan où il se consacra à répandre les sciences de la religion avant de rejoindre le corps enseignant de l’Institut Azharite d’Al-Minyâ en Égypte.
En 1957, un concours fut organisé par Al-Azhar pour recruter des inspecteurs dans son haut cadre technique. Sheikh `Abd Al-Mota`âl réussit ce concours avec brio et devint inspecteur à Al-Azhar avant d’être détaché en Algérie où il vécut de 1963 à 1967 E.C. Il enseigna notamment dans les instituts religieux créés après l’indépendance de l’Algérie.
Il retourna ensuite au Caire pour enseigner le tajwîd dans les différentes facultés de l’Université d’Al-Azhar, en qualité de membre du corps enseignant et du comité de direction. Il progressa dans sa hiérarchie et, après avoir assumé depuis 1969 les fonctions de doyen de l’Institut des Lectionnaires à Shubrâ, il devint son recteur en 1975 avant d’être nommé Doyen des maîtres-récitateurs d’Égypte (Sheikh Al-Maqâri’ Al-Misriyyah).
Lorsque la direction des affaires du Noble Coran fut créée à Al-Azhar, Sheikh `Abd Al-Mota`âl fut choisi en tant que directeur adjoint en 1977 tout en gardant son poste de recteur de l’Institut des Lectionnaires. Il fut ensuite nommé à la tête cette direction jusqu’en 1985, quand Allâh (Exalté soit-Il )voulut l’honorer par son travail dans la ville du Prophète ( paix et bénédictions sur lui ). Il poursuivit son itinéraire au service du Noble Coran et ce, à travers son poste de conseiller et de directeur d’inspection du noble texte coranique au Complexe du Roi Fahd pour l’impression du Noble Coran. Ce poste fut occupé auparavant par le Doyen des maîtres-récitateurs d’Égypte, Sheikh `Âmir `Uthmân, avant son retour au Caire pour des raisons de santé. Sheikh `Âmir `Uthmân recommanda Sheikh `Abd Al-Mota`âl pour sa succession. Il assuma donc ses responsabilités au Complexe de Médine, qu’Allâh accorde Sa paix et Ses bénédictions à son habitant (le Prophète).
Sheikh `Âmir `Uthmân Celle-ci ne fut cependant pas la première fois que Sheikh `Abd Al-Mota`âl révise le Mushaf puisqu’il participa auparavant à la révision du premier Mushaf imprimé par Al-Azhar Ash-Sharîf et ce, sous l’égide du Grand Imâm d’Al-Azhar Sheikh `Abd Al-Halîm Mahmûd. C’est une charge que l’académie de recherches islamiques lui attribua avec d’autres savants érudits comme notamment Sheikh `Abd Al-Fattâh Al-Qâdî, Sheikh Sulaymân As-Saghîr, Sheikh Muhammad Rashâd et Sheikh Muhammad As-Sayyid Wafâ. Compte tenu de la proximité des Imprimeries Princières (Al-Matâbi` Al-Amîriyyah) de la maison du Sheikh, sa demeure eut à maintes reprises l’honneur d’accueillir les réunions de ce comité d’experts.
Quant à la révision du Noble Coran selon la transmission de Warsh du lectionnaire de l’Imâm Nâfi`, Sheikh `Abd Al-Mota`âl présida au Qatar un comité pour la supervision et la révision du Mushaf selon cette transmission, et ce, avec un groupe de savants érudits de la direction de la revivification du patrimoine islamique.
Ses activités dans le domaine de la prédication :
Outre son travail professionnel, Sheikh `Abd Al-Mota`âl contribua à nombre d’activités extra-académiques. Il présida ( qu’Allâh lui fasse miséricorde ) l’Association de la Conservation du Noble Coran grâce à laquelle de nombreuses mosquées furent inaugurées au gouvernorat de Gizah afin d’œuvrer dans le domaine de l’enseignement du Coran, vers la fin des années 1970. Il joua également un rôle important dans la construction de l’institut azharite situé dans la rue Fikrî Zâhir à Madînat At-Tahrîr dans le quartier d’Imbâbah. Il contribua aussi à la fondation de l’institut primaire azharite de Banî `Adiyy à Assiout ; les habitants du village insistèrent pour l’appeler « l’Institut Azharite de Sheikh `Abd Al-Mota`âl Mansûr `Arafah ».
Par ailleurs, Sheikh `Abd Al-Mota`âl contribua à la construction de nombre de mosquées dont notamment la mosquée An-Nûr à Imbâbah qu’il veilla plus tard à développer et à élargir. Allâh voulut également le combler de Ses bienfaits en l’honorant par la construction de la Mosquée Ar-Ridwân à Banî `Adiyy, son village natal.
Quant à ses efforts dans le domaine de la prédication islamique, ils débutèrent dès son obtention du diplôme Al-`Âlamiyyah et ce, à travers les sermons qu’il donnait dans les mosquées. Il prononçait de même les quatre sermons mensuels du vendredi dans quatre mosquées différentes au Caire et le cas échéant, prononçait le prêche du cinquième vendredi dans une mosquée à l’extérieur du Caire.
Ses sermons et leçons furent profitables pour de nombreuses personnes, jeunes et seniors, et eurent un rôle bénéfique dans l’exposition de divers concepts islamiques, loin de l’extrémisme, de l’attachement aux petits détails et des vaines controverses. Il était souvent guidé par la parole du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — : « Annoncez la bonne nouvelle et ne rebutez pas [les gens] ! Facilitez et ne compliquez pas [les choses] ! » et aussi : « Cette religion est ardue, avancez-y donc doucement. Quiconque se mesure à cette religion, elle le vaincra ». Le principe directeur de sa prédication se trouvait dans la Parole d’Allâh — Exalté soit-Il — : « Appelle au sentier de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation ». [1]
Bien qu’étant simple et tolérant dans le domaine de la prédication, il n’admettait aucun manquement dans la sphère du travail et cherchait exclusivement la Satisfaction de son Seigneur, selon la parole du Prophète stipulant : « Ne satisfais personne contre la colère d’Allâh. » Pour lui, la proche parenté et le népotisme n’avaient pas de place surtout lorsqu’il s’agissait d’un travail au service du Livre d’Allâh. Pour obtenir un poste, l’engagement, la compétence et le succès sont des critères clés ; pour être promu, la persévérance, la productivité et la sincérité sont des facteurs indispensables.
Après la prière de l’aube et jusqu’au lever du soleil, Sheikh `Abd Al-Mota`âl enseignait le Coran quotidiennement aux jeunes gens et aux personnes âgées de son quartier. Il organisait également chaque jeudi à la mosquée An-Nûr d’Imbâbah un cercle de dhikr en congrégation après la prière d’al-`ishâ’, à moins qu’il soit en déplacement à l’étranger. Ce cercle était souvent fréquenté par un grand nombre d’habitants du quartier.
Ses prêches ne se limitèrent cependant pas aux mosquées : il eut des apparitions dans les medias audiovisuels. À la radio, il contribua au programme « Min Buyût Allâh » (Des Maisons d’Allâh). Outre ses discours religieux à la télévision, il contribua aux programmes « Al-Musâbaqât Al-Qur’âniyyah » (Les concours coraniques) et « Masjid At-Tilifiziûn » (La mosquée de la télévision). Il fut également, pendant trois années consécutives, membre du comité d’arbitrage du concours coranique annuel en Malaisie.
Sheikh `Abd Al-Mota`âl (qu’Allâh lui fasse miséricorde ) enregistra le Coran sur cassettes de sa voix suave selon la transmission de Hafs du lectionnaire de `Âsim. Il interdit l’usage de ses enregistrements à des fins commerciales et souhaita qu’ils soient reproduits et distribués gratuitetement. À ce titre, le site islamophile.org obtint une copie de ces enregistrements rares par l’aimable famille du Sheikh et a le plaisir de les diffuser en exclusivité.
Il commença également à enregistrer le Coran selon d’autres lectionnaires sans avoir l’occasion de mener ce noble effort à son terme. Enfin, il rédigea un ouvrage intitulé Kitâb Ar-Rayâhîn Al-`Atirah Sharh Mukhtasar Al-Fawâ’id Al-Mu`tabarah Fil-Qirâ’ât Ash-Shâdhdhah Lil-Arba`ah Ba`da Al-`Asharah (Livre des basilics parfumés : glose des "Instructions judicieuses dans les quatre lectionnaires singuliers parmi les quatorze").
Son décès :
Le Coran était son âme ; Sheikh `Abd Al-Mota`âl le récitait sans cesse, de jour comme de nuit. Il achevait chaque semaine la lecture intégrale du Noble Coran selon l’une des vingt transmissions. Quand en 1992, Allâh voulut le purifier par l’épreuve de la maladie durant les derniers mois de sa vie, il ne cessa de réciter le Noble Coran même pendant les moments les plus douloureux. Pendant ses derniers jours, ses proches s’étonnèrent de voir qu’il récitait le Coran en permanence, malgré les comas dans lesquels il tombait souvent, perdant ainsi tout rapport avec le monde extérieur. Il se taisait puis récitait quelques versets de sourate Al-Baqarah... Il se taisait encore puis récitait quelques versets de sourate Yâsîn. On écoutait parfois quelques versets de sourate Ar-Rahmân et des fois quelques versets de sourate Al-Wâqi`ah... Inconscient de la présence de ses disciples autour de lui, il avait entrepris son voyage vers l’Au-delà avec le Noble Coran. Dans ces moments d’adieu, on l’entendait répéter fréquemment la parole d’Allâh « Et quel Meilleur Exauceur !» [2] ainsi que Sa parole « Et toute chose a auprès de Lui sa juste mesure » [3].
Effectivement toute chose a auprès de Lui sa juste mesure. Qu’Allâh fasse miséricorde à Sheikh `Abd Al-Mota`âl, qu’Il l’agrée, et qu’Il fasse du Noble Coran son intercesseur le Jour du Jugement et une lumière pour lui dans le paradis.
P.-S. :
Biographie communiquée à islamophile.org par la famille de Sheikh `Abd Al-Mota`âl Mansûr `Arafah en Égypte.
Notes
[1] Sourate 15, An-Nahl, Les abeilles, verset 125.
[2] Sourate 37, As-Sâffât, Les rangées, verset 75.
[3] Sourate 13, Ar-Ra`d, Le tonnerre, verset 8.
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