pour témoin, c'est citer la vérité, appliquer ses lois, c'est rendre justice. Les adeptes du Coran sont les élus de Dieu(swt) et ses intimes. Quiconque s'y attache tr
02/02/2008 17:24 par momowally
« Pour Tout bon croyant musulman la parole d'Allâh(swt) est sacrée, elle surpasse en noblesse et en mérite, toute autre parole. L'erreur ne peut y trouver issue, nulle part. La prendre pour témoin, c'est citer la vérité, appliquer ses lois, c'est rendre justice. Les adeptes du Coran sont les élus de Dieu(swt) et ses intimes. Quiconque s'y attache trouve son salut et acquiert sa félicité suprême, mais ceux qui s'en détournent, se verront damnés et perdus.
Ce qui renforce le sentiment de grandeur, de noblesse de sainteté du Coran aux yeux du croyant, c'est l'éloge fait à son sujet par le Prophète(saw) qui l'avait reçu, le meilleur des hommes, notre maître Mohammed Ben Abdallah(saw), messager et serviteur de Dieu(swt), que le salut et la bénédiction soient sur lui et toute sa famille.
Le Saint Prophète (saw)a dit : « Lisez le Coran ! Le jour de la résurrection
il viendra intercéder en faveur de celui qui le récite». [ Rapporté par Moslim ]
«Le meilleur d'entre vous est celui qui a étudié le Coran ainsi que celui qui l'enseigne.»
[ Rapporté par Boukhari ]
« Les adeptes du Coran sont les élus de Dieu et Ses amis privilégiés.»
[ Rapporté par Nassaï ]
« Les coeurs se rouillent comme le fer ! », dit le Prophète(saw) . « Comment leur rendre leur éclat ? », demandèrent ses compagnons ». «Par le récitation du Coran et l'évocation de la mort ! » dit il.
Un ennemi acharné du Prophète Muhammad(saw) vint un jour lui dire : « Mohammed, récite moi ce Coran ! » Le Prophète lui récita ce verset :
{ Dieu prescrit l'équité, la charité, l'assistance bienveillante aux proches. Il proscrit la turpitude, réprouve l'inconvenance,
stigmatise la violence injustifiée. Dieu vous exhorte ainsi pour vous inciter à réfléchir. Soyez fidèles à vos engagements envers Allâh(swt),
une fois que vous les avez contractés. Ne trahissez pas les serments solennellement jurés alors que vous avez pris Dieu pour garant !
Dieu sait si bien ce que vous faites ...}
[ Sourate 16 – Versets 90/91]
Le Prophète(saw) n'a pas encore achevé sa récitation que son antagoniste, ébahi, épris d'admiration pour cette parole si sublime, saisi par la sainteté de sa signification et de l'effet qu'elle produisit sur lui, s'empressa d'avouer publiquement que « c'était une parole sacrée et magnanime. » Voici ce qu'il dit, textuellement :
« Quelle douce parole ! Pleine de grâce. Le dessous est feuillu, le haut est fructifière ! l'homme, certes, est incapable de dire de telles paroles ! »
Bien que le musulman doit se conformer aux enseignements du Coran, faire ce qu'il admet et éviter ce qu'il interdit, il est tenu, en plus, d'observer en le lisant les règles suivantes :
1 – Ne lire que dans un état de parfaite purification, dans une position décente et respectueuse, la face vers la Kaaba.
2 – Le lire posément. Sa lecture intégrale ne doit pas être en moins de trois jours.
Le Prophète(saw) dit : « Celui qui lit le Coran en moins de trois jours, ne peut en saisir le sens. »
Il a conseillé à Abdallah Ben Omar de terminer la lecture de tout le coran chaque semaine. Abdallah Ben Messaoud, Othman Ben Affan(raa) et Zaïd Ben Thabet ( qu'Allah soit satisfait d'eux ) chacun d'eux, en terminait la lecture en une semaine.
3 – Il est conseillé de lire le Coran avec recueillement et d'un air méditatif. Le fervent musulman pleure à sa lecture ou s'efforce de pleurer si les larmes se font rares. Le Prophète(saw) a dit : «Pleurez en lisant le Coran ou efforcez-vous de pleurer.» [ Rapporté par ibnou Maja ]
4 – On lit le Coran avec une voix mélodieuse. Le Prophète(saw) dit : " Embellissez la lecture du Coran par vos voix. Celui qui ne module pas le Coran, ne lit pas comme nous. Rien n'est plus agréable à Dieu que d'écouter un prophète psalmodier l'Ecriture sainte."
5 – On lit le Coran à voix basse si on craint de faire parade de sa lecture ou de déranger quelqu'un dans sa prière. Le Prophète(saw) dit : « Celui qui lit le Coran pour se faire voir, est comme celui qui fait la charité avec ostentation ». Il est recommandé de faire l'aumône discrètement, à moins qu'il n'y ait intérêt à la faire en public pour prêcher l'exemple. Il en est de même pour la lecture du Coran.
6 – Cette lecture doit être faite avec respect, méditation et présence d'esprit afin d'en saisir la signification et les secrets.
7 – On ne doit pas lire le Coran avec insouciance.
On peut se maudire en le lisant inconsciemment. Par exemple, on lit le verset : « Que la malédiction soit sur le menteur, ou que la malédiction soit sur les injustes », on s'attribue cette malédiction si on est menteur ou injuste !
Une citation rapportée par la Torah, montre la gravité de l'erreur de ceux qui se détournent du Livre de Dieu(swt), se préoccupent peu de lui et songent à autre chose.
On y rapporte que Dieu(swt), s'adressant à l'homme dit :
« N'as-tu pas honte ! Quand tu reçois, en chemin, une missive de l'un de tes amis, tu te mets au bord de la route pour la lire et en saisir le contenu, lettre par lettre pour que rien ne t'échappe. Mais tu fais fi de mon Livre ! Regarde les détails que j'y ai cités pour toi, ma recommandation répétée de méditer ma parole en long en large, mais tu ne fais que t'en détourner. Suis-je à tes yeux, moins apprécié que l'un de tes amis ? Si l'un d'eux vient s'asseoir à côté de toi, tu lui présentes ta face et tu l'écoutes attentivement. Si quelqu'un te parle ou te dérange tu lui fais signe de cesser. Mais Moi, Je Me présente à toi pour te parler et ton coeur se détourne de Moi. Suis-Je moins considéré que l'un de tes amis ? »
8 – Le musulman doit s'efforcer d'acquérir les qualités des favoris du Coran, qui sont les élus de Dieu(swt) et ses privilégiés et d'être empreint de leur marque.
Abdallah Ben Massaoud(raa) les signale ainsi :
« Ils lisent le Coran la nuit pendant que les gens dorment. Ils le lisent le jour alors que les gens s'en désintéressent. Ils pleurent et les autres rient. Ils sont pieux et le reste des humains vit dans le gâchis. Ils se taisent et les autres sont dans leurs vains débats. Ils craignent Dieu et les autres se pavanent. Ils sont tristes et les autres se réjouissent.»
Nous reconnaissons celui qui lisait le Coran, dit Mohammed Ben Kaab(raa), à son teint altéré. (Faisant allusion à sa longue veille et à ses nombreuses prières). Woheib Ben Kaab(raa) a dit : On demanda à un homme : Pourquoi ne dors tu pas ? Il répondit : Les merveilles du Coran ont chassé le sommeil de mes yeux !
Abou Noun(raa) disait : « Les promesses et les menaces du Coran ont empêché les yeux de ceux qui le lisent de se fermer. Ils ont si bien compris la parole de Dieu Majestueux qu'ils baissent la tête d'humiliation et de soumission.»
Que Dieu le Très Haut nous accorde l'Amour du Coran . Allâhumma amine !
Pour l'honneur de Mawlana Cheikh Ahmadat'Tijânî Hassani Chérif(raa),le Ahlul Qur'ane !
Jazakallâhu khayrane !
Pour l'honneur de Mawlana Cheikh Ibrahima Niass(raa) de Kaolack,le coran vivant !
Wa salam
Assalam alaykoum wa rahamtoullah wa barakatouh
Bismillah Er Rahmane Er Rahime
Ste24/V.34. «Nous avons effectivement fait descendre vers vous des versets
clairs, donnant une parabole de ceux qui ont vécu avant vous, et une
exhortation pour les pieux !»
Ste24/V.35. Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est
semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un
(récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son
combustible vient d'un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental
dont l'huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière
sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux
hommes des paraboles et Allah est Omniscient.»
24.36. Dans des maisons [des mosquées] qu'Allah a permis que l'on
élève, et où Son Nom est invoqué; Le glorifient en elles matin et
après-midi,
24.37. des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de
l'invocation d'Allah, de l'accomplissement de la Salat et de l'acquittement de
la Zakat, et qui redoutent un Jour où les cœurs seront bouleversés
ainsi que les regards.
24.38. Afin qu'Allah les récompense de la meilleure façon pour ce
qu'ils ont fait [de bien]. Et Il leur ajoutera de Sa grâce. Allah attribue à
qui Il veut sans compter.
24.39. Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage
dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis
quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Allah
qui lui règle son compte en entier, car Allah est prompt à compter.
24.40. [Les actions des mécréants] sont encore semblables à des
ténèbres sur une mer profonde : des vagues la recouvrent, [vagues] au dessus
desquelles s'élèvent [d'autres] vagues, sur lesquelles il y a [d'épais]
nuages. Ténèbres [entassées] les unes au-dessus des autres. Quand
quelqu'un étend la main, il ne la distingue presque pas. Celui qu'Allah
prive de lumière n'a aucune lumière.
24.41. N'as-tu pas vu qu'Allah est glorifié par tous ceux qui sont dans
les cieux et la terre; ainsi que par les oiseaux déployant leurs ailes
? Chacun, certes, a appris sa façon de L'adorer et de Le glorifier.
Allah sait parfaitement ce qu'ils font.
24.42. C'est à Allah qu'appartient la royauté des cieux et de la terre.
Et vers Allah sera le retour final.
24.43. N'as-tu pas vu qu'Allah pousse les nuages ? Ensuite Il les
réunit et Il en fait un amas, et tu vois la pluie sortir de son sein. Et Il
fait descendre du ciel, de la grêle [provenant] des nuages
[comparables] à des montagnes. Il en frappe qui Il veut et l'écarte de qui Il veut.
Peu s'en faut que l'éclat de son éclair ne ravisse la vue.
24.44. Allah fait alterner la nuit et le jour. Il y a là un sujet de
réflexion pour ceux qui ont des yeux.
24.45. Et Allah a créé d'eau tout animal . Il y en a qui marche sur le
ventre, d'autres marchent sur deux pattes, et d'autres encore marchent
sur quatre. Allah créé ce qu'Il veut et Allah est Omnipotent.
24.46. Nous avons certes fait descendre des versets explicites. Et
Allah guide qui Il veut vers un droit chemin.»
Wa salamou alaykoum wa rahamtoullah wa barakatouh
Bismillâhir Rahmânil Rahîm
Chers frères et soeurs, bientôt le Mawlid Annabawi au mois de "Rabi'ou awwal" ! Ceci est un rappel pour nous !
Rabî'oul Awwal est un mois qui, dans l'Histoire musulmane a été marqué par trois évènements majeurs, en l'occurrence :
-la naissance du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) (selon l'opinion la plus répandue parmi les oulémas)
-son émigration de Makkah vers Médine
-son départ de ce monde.
Notre débat portera uniquement sur le dernier point,c'est à dire :son départ de ce monde qui constitue sans aucun doute le moment le plus triste pour notre communauté, comme le disait Anas (radhia Allâhou anhou) :
ãóÇ ÑóÃóíúÊõ íóæúãÇð ÞóØøõ ÃóäúæóÑó æóáÇó ÃóÍúÓóäó ãöäú íóæúãö ÏóÎóáó ÑóÓõæáõ Çááøóåö -Õáì Çááå Úáíå æÓáã- æóÃóÈõæ ÈóßúÑò ÇáúãóÏöíäóÉó æóÔóåöÏúÊõ æóÝóÇÊóåõ ÝóãóÇ ÑóÃóíúÊõ íóæúãÇð ÞóØøõ ÃóÙúáóãó æóáÇó ÃóÞúÈóÍó ãöäó Çáúíóæúãö ÇáøóÐöì ÊõæõÝøöìó ÑóÓõæáõ Çááøóåö -Õáì Çááå Úáíå æÓáã- Ýöíå
«Je n'ai jamais vu un jour aussi rayonnant et aussi beau que celui durant lequel le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) sont entrés à Madînah. Et j'ai assisté à la mort du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) : je n'ai alors vu aucun jour plus sombre et plus laid que celui durant lequel le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) est décédé.»
(Mousnad Ahmad – Authentifié par Al Arnâoût)
C'est à la fin de la dixième année de l'Hégire que se manifeste la proximité du départ du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam)… Quand il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) accomplit le Hadj cette année là, la majeure partie de la péninsule arabique a déjà accepté l'islam et il est accompagné lors de son pèlerinage par plus de 100 000 Compagnons (radhia Allâhou anhoum). Alors qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se trouve à Makkah durant les Ayâm out Tachrîq, la Sourate An Nasr lui est révélée. A travers celle-ci, Allah lui ordonne, maintenant que l'assistance divine et la victoire sont arrivées et que les gens se convertissent en masse à l'islam, de multiplier le tasbîh et l'istighfâr… Le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) comprend immédiatement que, sa mission étant accomplie, le moment est venu pour lui de rejoindre le Créateur et l'injonction énoncée dans la Sourate An Nasr vise justement à le préparer pour cela…. (Sounan oul Bayhaqui, cité dans Tafsîr Ibn Kathîr – Volume 4 / Page 727)
Il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) commence à indiquer de façon allusive aux musulmans son prochain départ; Djâbir (radhia Allâhou anhou) rapporte par exemple que, en faisant le ramiy (lapidation des stèles à Minâ), le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) s'adresse à eux et dit:
íóÇ ÃóíøõåóÇ ÇáäøóÇÓõ ÎõÐõæÇ ãóäóÇÓößóßõãú ÝóÅöäøöì áÇó ÃóÏúÑöì áóÚóáøöì áÇó ÃóÍõÌøõ ÈóÚúÏó ÚóÇãöì åóÐÇ
«Ô les gens ! Apprenez vos rituels (du Hadj) , car je ne sais pas… Peut-être ne ferais-je plus le pèlerinage après cette année.»
(Sounan Nassaï. Authentifié par Al Albâni)
Sur le chemin du retour vers Médine, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) s'arrête près d'un point d'eau appelé khoumm; il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fait un sermon au cours duquel il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) dit :
ÃóáóÇ íóÇ ÃóíøõåóÇ ÇáäøóÇÓõ ÅöäøóãóÇ ÃóäóÇ ÈóÔóÑñ íõæÔößõ Ãóäú íóÃúÊöíóäöí ÑóÓõæáõ ÑóÈøöí ÚóÒøó æóÌóáøó ÝóÃõÌöíÈ
«Ô gens ! Certes, je ne suis qu'un homme; bientôt, l'envoyé de mon Seigneur azza wa djalla va venir auprès de moi et je vais répondre favorablement à son invitation (…) »
Ensuite, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) leur ordonne de rester attaché au Livre d'Allah et à ses proches (ahl oul bayt).
(Mousnad Ahmad – Authentifié par Al Arnâoût)
Quelques temps plus tard, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se rend à Ouhoud; sur place, il prie sur les martyrs qui y sont enterrés depuis huit ans (il s'agit de ceux qui ont été tués durant la bataille de Ouhoud, en l'an 3 de l'Hégire, et parmi lesquels se trouve l'oncle du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), Hamza (radhia Allâhou anhou)). Après quoi, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fait alors un sermon et annonce aux Compagnons (radhia Allâhou anhoum) :
Åöäøöì Èóíúäó ÃóíúÏöíßõãú ÝóÑóØñ ¡ æóÃóäóÇ Úóáóíúßõãú ÔóåöíÏñ ¡ æóÅöäøó ãóæúÚöÏóßõãõ ÇáúÍóæúÖõ ¡ æóÅöäøöì áÃóäúÙõÑõ Åöáóíúåö ãöäú ãóÞóÇãöì åóÐóÇ ¡ æóÅöäøöì áóÓúÊõ ÃóÎúÔóì Úóáóíúßõãú Ãóäú ÊõÔúÑößõæÇ ¡ æóáóßöäøöì ÃóÎúÔóì Úóáóíúßõãõ ÇáÏøõäúíóÇ Ãóäú ÊóäóÇÝóÓõæåóÇ
«Certes je vais vous précéder (dans l'Autre Monde) et je serai un témoin pour vous. Et (je) vous (donne) rendez-vous (auprès du) hawdh, que je regarde d'ici où je suis debout. Et je ne crains pas pour vous que vous vous mettiez à faire le chirk. Mais ce dont j'ai peur pour vous, c'est que vous mettiez à vous attacher (excessivement) à ce monde.»
(Sahîh oul Boukhâri)
A ces trois occasions, le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) informe donc ses Compagnons (radhia Allâhou ane-houm) de façon implicite qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) va bientôt les quitter.
Et c'est ainsi que, un jour, à la fin du mois de Safar ou au début du mois de Rabî' oul Awwal de l'an 11 de l'hégire, en revenant de l'enterrement d'un de ses Compagnons (radhia Allâhou anhoum), il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) entre chez Aïcha (radhia Allâhou anhâ); en le voyant, celle-ci (radhia Allâhou anhâ) lui informe qu'elle a mal à la tête. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui dit alors qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) souffre lui-même d'une terrible migraine; néanmoins, pour la réconforter et lui témoigner son amour pour elle, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ajoute :
áóæú ãöÊøö ÞóÈúáöí ÝóÛóÓøóáúÊõßö æóßóÝøóäúÊõßö Ëõãøó ÕóáøóíúÊõ Úóáóíúßö æóÏóÝóäúÊõß
« (Ne t'inquiète pas;) si tu meures avant moi, je (m'occuperai bien de toi et) te donnerai le bain, te placerai dans ton linceul; puis je prierai sur toi et t'enterrerai.»
En entendant cela, Aïcha (radhia Allâhou anhâ) réplique :
æóÇááøóåö áóæú ÝóÚóáúÊó Ðóáößó áóÞóÏú ÑóÌóÚúÊó Åöáóì ÈóíúÊöí ÝóÃóÚúÑóÓúÊó Ýöíåö ÈöÈóÚúÖö äöÓóÇÆößó
(Selon une version du Hadith, elle dit d'abord : «Je pense que tu souhaites ma mort ! », avant d'ajouter):« Par Allah, si cela se produit, je sais bien (que le jour même de mon départ), tu retourneras chez moi et tu viendras t'y reposer en compagnie d'une autre de tes épouses (c'est-à-dire que tu m'oublieras très rapidement) ! »
Ces propos de Aïcha (radhia Allâhou anhâ) font sourire le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam).
(Mousnad Ahmad – Qualifié de hassan par Al Arnâoût)
C'est justement à partir de cette douleur à la tête que commence à se manifester la maladie du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), qui, selon ses dires mêmes, a un lien direct avec la tentative d'empoisonnement dont il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a été victime trois ans plus tôt…
Durant les jours qui suivent, son état s'aggrave rapidement; le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) est pris d'une fièvre tellement forte que la chaleur de son front est perceptible par-dessus l'épais bandage qui recouvre sa tête. A un Compagnon (radhia Allâhou anhou) qui s'étonne de l'intensité de sa fièvre, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) indique que celle-ci est deux fois plus forte que celle qui peut affecter n'importe qui d'autre. Et lorsque le Compagnon (en l'occurrence Abdoullâh Ibnou Mas'oûd (radhia Allâhou anhou)) lui demande si cela est lié au fait que la récompense qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) obtient est également doublée, le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) acquiesse et ajoute :
ãóÇ ãöäú ãõÓúáöãò íõÕöíÈõåõ ÃóÐðì ãóÑóÖñ ÝóãóÇ ÓöæóÇåõ ÅöáÇøó ÍóØøó Çááøóåõ áóåõ ÓóíøöÆóÇÊöåö ßóãóÇ ÊóÍõØøõ ÇáÔøóÌóÑóÉõ æóÑóÞóåóÇ
«A chaque fois qu'un musulman est affecté par quelque chose de nuisible, qu'il s'agisse d'une maladie ou de quoique ce soit d'autre, Allah fait tomber (et éloigne de lui) ses péchés (mineurs) comme l'arbre fait tomber ses feuilles.»
(Boukhâri et Mouslim)
Avec la détérioration de son état de santé, le simple fait pour le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) de se déplacer devient de plus en plus pénible. Réalisant les difficultés que rencontre leur bien aimé (sallallâhou 'alayhi wa sallam) pour se rendre chaque jour chez l'une d'elles (comme il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) avait toujours eu l'habitude de le faire), ses épouses lui autorisent (à la demande de Fâtimah (radhia Allâhou anhâ)[3]) de rester là où il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) désire. Le lundi précédant son décès, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se rend, soutenu par deux Compagnons (radhia Allâhou anhoum), chez Aïcha (radhia Allâhou anhâ) : c'est dans la maison de celle-ci qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) va passer ses sept derniers jours dans ce monde…
Ceux qui sont autour de lui font alors de leur mieux pour essayer de le soigner, en ayant recours à des traitements traditionnels et spirituels : Aïcha (radhia Allâhou anhâ) raconte par exemple que, auparavant, lorsque son époux (sallallâhou 'alayhi wa sallam) était souffrant, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) avait l'habitude de réciter al mou'awwithât ("les sourates protectrices", c'est-à-dire les trois dernières du Qour'aane ), de souffler dans ses mains et de passer celles-ci sur tout son corps. Au cours de sa dernière maladie, c'est elle qui se met à réciter elle-même ces sourates pour lui; néanmoins, plutôt que d'utiliser ses propres mains pour les passer sur le corps du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), elle emploie pour cela ses mains à lui, et ce, dans l'espoir de bénéficier de leur bénédiction. (Boukhâri)
C'est probablement durant cette période que le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fait appeler sa fille bien aimée, Fâtimah (radhia Allâhou anhâ), et lui confie secrètement deux informations qui vont successivement la faire pleurer et la faire rire. Après le départ de son père (sallallâhou 'alayhi wa sallam) de ce monde, elle (radhia Allâhou anhâ) dévoilera que, à ce moment, le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui apprit d'abord qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) -n'allait pas guérir et qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam)- allait donc mourir de la maladie qui l'affectait (d'où ses pleurs), avant de lui dire qu'elle serait la première parmi ses proches à le rejoindre et que, dans l'Au-delà, elle serait la reine des femmes du Paradis (d'où sa joie)… (Boukhâri, Tirmidhi)
Le jeudi précédant le départ du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), deux évènements importants se produisent :
Alors qu'il y a plusieurs personnes qui sont réunies chez lui, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) exprime son désir de faire rédiger un message qui éviterait aux musulmans de s'égarer après son départ. Une divergence apparaît alors entre ceux qui sont présents : Oumar (radhia Allâhou anhou) (ainsi que certains autres Compagnons (radhia Allâhou anhoum)) ne veut pas que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam), qui est alors déjà très souffrant, se donne encore plus de peine à cause d'eux. Selon lui, la révélation du Qour'aane étant complétée, il est évident qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ne va pas transmettre aucun commandement de la part d'Allah (azza wa djalla) qui n'ait déjà été énoncé précédemment : il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) tient juste à rappeler et à insister sur une (ou des) injonction(s) déjà communiquée(s) par miséricorde et bonté envers eux. D'autres Compagnons (radhia Allâhou anhoum) ne partagent pas l'avis de Oumar (radhia Allâhou anhou) : ils insistent pour que la volonté du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) soit suivie et que l'on apporte de quoi écrire. Une discussion éclate alors entre eux, et lorsque celle-ci prend de l'ampleur, le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) leur demande à tous de sortir et il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) abandonne donc (pour le moment du moins) l'idée de faire rédiger quoique ce soit...
Durant cette même journée, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ressent une légère amélioration de son état : il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se rend à la mosquée et s'adresse aux musulmans. Au cours de son discours, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) dit notamment ceci :
Åöäøó Çááøóåó ÎóíøóÑó ÚóÈúÏðÇ Èóíúäó ÇáÏøõäúíóÇ æóÈóíúäó ãóÇ ÚöäúÏóåõ ÝóÇÎúÊóÇÑó ãóÇ ÚöäúÏó Çááøóåö
« Certes, Allâh a donné le choix à un de Ses serviteurs entre (le séjour dans) ce monde et (le départ pour) ce qui se trouve auprès de Lui. Il (c'est-à-dire ce serviteur) a alors choisi ce qui se trouve auprès d'Allah.»
En entendant ces propos, Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) se met à pleurer; les personnes présentes sont très étonnées par sa réaction… En effet, contrairement à Abou Bakr (radhia Allâhou anhoum), ils (radhia Allâhou anhoum) ne réalisent pas à ce moment que le serviteur auquel le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fait allusion n'est autre que lui-même et qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) est sur le point de partir de ce monde. Le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) réconforte alors son ami (radhia Allâhou anhou) et lui dit : « Ne pleure pas Ô Abou Bakr ! » Puis, en s'adressant à toute l'assemblée, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) rappelle en ces termes les vertus de son illustre Compagnon :
Åöäøó Ãóãóäøó ÇáäøóÇÓö Úóáóìøó Ýöì ÕõÍúÈóÊöåö æóãóÇáöåö ÃóÈõæ ÈóßúÑò ¡ æóáóæú ßõäúÊõ ãõÊøóÎöÐðÇ ÎóáöíáÇð ãöäú ÃõãøóÊöì áÇóÊøóÎóÐúÊõ ÃóÈóÇ ÈóßúÑò ¡ æóáóßöäú ÃõÎõæøóÉõ ÇáÅöÓúáÇóãö æóãóæóÏøóÊõå
«Certes, Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) a été le plus généreux de vous tous envers moi par sa compagnie et ses biens. Et si je devais prendre un ami intime dans ce monde, Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) aurait été celui-là. Mais il y a (entre nous) la fraternité de l'Islam et son affection (…)»
Après quoi, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) énonce quelques autres conseils, dont une recommandation particulière à l'attention des musulmans pour qu'ils fassent toujours preuve d'indulgence à l'égard des gens de Médine, les Ansâr.
(Sahîh oul Boukhâri)
Le discours terminé, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) retourne chez lui; à partir de ce moment, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ne va plus faire aucun discours en public.
A la fin de cette journée, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) revient dans la mosquée et fait accomplir la salât oul maghrib. A l'heure de la salât oul 'ichâ, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) n'a plus suffisamment de force pour sortir de chez lui. Il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) désigne alors Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) pour le remplacer… Durant les jours qui suivent, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ne va se rendre à la masdjid qu'une seule fois pour accomplir la salât à cette occasion, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) dirige la prière en restant assis, tandis que ceux qui sont derrière lui restent debout.
L'état du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) s'aggrave chaque jour un peu plus, et ce, jusqu'à ce qu'arrive le lundi (12 Rabî oul Awwal, selon l'opinion la plus connue). Ce matin là, les musulmans se présentent à la mosquée pour la salât oul fadjr, et, alors qu'ils sont rangés derrière Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) pour prier, le rideau qui sépare la mosquée de la maison de Aïcha (radhia Allâhou anhâ) se lève : le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fait soudainement son apparition. Les Compagnons (radhia Allâhou anhoum) présents sont terriblement joyeux de voir à nouveau le visage rayonnant de leur bien aimé (sallallâhou 'alayhi wa sallam). Ils se mettent à s'écarter pour lui laisser un passage, mais celui-ci (sallallâhou 'alayhi wa sallam) leur fait signe de poursuivre leur prière; il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) sourit et laisse retomber le rideau. Cette occasion est, pour la plupart des Compagnons (radhia Allâhou anhoum), la dernière fois où ils voient le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) en vie.
Après la salât, Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) rend visite au Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam). Il (radhia Allâhou anhou) constate que l'état du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) semble s'être amélioré. Il (radhia Allâhou anhou) lui demande alors la permission de se rendre sur les hauteurs de Madînah, chez sa seconde épouse. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) acquiesce et Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) s'en va. Les autres musulmans, apprenant la nouvelle de l'amélioration de l'état du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), rentrent également chez eux.
Mais en réalité, dans la maison de Aïcha (radhia Allâhou anhâ), c'est l'agonie du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) qui commence… Ses douleurs reprennent et ses souffrances sont alors terribles : Aïcha (radhia Allâhou anhâ) affirmera par la suite que, après avoir été témoin de la condition du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) durant ses derniers instants, elle ne considèrera plus jamais de façon négative pour qui que ce soit les difficultés rencontrées au moment de la mort. (Boukhâri, Tirmidhi)
A un moment donné, alors que le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a sa tête posée sur son épouse bien aimée, le frère de celle-ci, Abdoul Rahmân (radhia Allâhou ane-hou) entre avec un siwâk : en le voyant, le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fait comprendre à son épouse (radhia Allâhou anhâ) qu'il a envie de se brosser les dents. Aïcha (radhia Allâhou anhâ) prend le siwâk et le mâchonne un peu afin de l'adoucir. Puis elle l'offre au Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) qui en fait immédiatement usage. Le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) plonge ensuite ses mains dans un récipient d'eau qui se trouve à ses côtés et se mouille le visage, en répétant :
áÇó Åöáóåó ÅöáÇøó Çááøóåõ Åöäøó áöáúãóæúÊö ÓóßóÑóÇÊò
«Il n'y a de Dieu qu'Allah ! La mort est certes accompagnée (des difficultés) de l'agonie !»
Puis, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) dresse sa main, lève le doigt au ciel et dit:
Ýöì ÇáÑøóÝöíÞö ÇáÃóÚúáóì
"Parmi al rafîq al a'lâ ! "
Aïcha (radhia Allâhou anhâ) dit qu'elle avait appris du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui-même qu'aucun prophète ('alayhis salâm) ne quittait ce monde sans que le choix entre la possibilité d'y rester et le départ ne lui soit donné de la part d'Allah après que sa place au Paradis lui soit montrée : en entendant ces propos du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam), elle comprend immédiatement que son époux (sallallâhou 'alayhi wa sallam) vient de faire son choix. Ces paroles sont les dernières qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) prononce; sa main retombe et son âme quitte son corps. (Boukhâri) « Innâ lillâhi wa innâ ilayhi râdji'oûn ! »
La nouvelle du décès du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) assomme les musulmans : sous le choc, certains perdent connaissance; d'autres tombent assis et ne peuvent plus se relever; d'autres encore ne sont plus en mesure de parler…
Oumar (radhia Allâhou anhou), pourtant réputé pour sa force de caractère et son réalisme, est tellement abruti qu'il refuse catégoriquement d'admettre la mort du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et va même jusqu'à menacer de trancher le cou de celui-ci qui oserait affirmer cela… (Sounan Nassaï)
C'est dans ces conditions que Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) retourne en ville : en arrivant, il (radhia Allâhou anhou) se rend directement chez sa fille; il (radhia Allâhou anhou) découvre alors le visage du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), l'embrasse entre les deux yeux et exprime sa tristesse. Ensuite, il (radhia Allâhou anhou) va dans la mosquée, s'adresse aux gens qui sont présents et leur dit :
ãóäú ßóÇäó ãöäúßõãú íóÚúÈõÏõ ãõÍóãøóÏðÇ - Õáì Çááå Úáíå æÓáã - ÝóÅöäøó ãõÍóãøóÏðÇ ÞóÏú ãóÇÊó ¡ æóãóäú ßóÇäó ãöäúßõãú íóÚúÈõÏõ Çááøóåó ÝóÅöäøó Çááøóåó Íóìøñ áÇó íóãõæÊõ ¡ ÞóÇáó Çááøóåõ æóãóÇ ãõÍóãøóÏñ ÅöáÇøó ÑóÓõæáñ ÞóÏú ÎóáóÊú ãöäú ÞóÈúáöåö ÇáÑøõÓõáõ Åöáóì Þóæúáöåö ÇáÔøóÇßöÑöíäó
« Que celui d'entre vous qui adorait Mouhammad, (qu'il sache que) certes, Mouhammad est décédé. Et que celui d'entre vous qui adorait Allah, (qu'il se rappelle que) certes Allah est Vivant et ne moura jamais. Allah dit : "Mouuhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés» - et il (radhia Allâhou anhou) récite ainsi le passage jusqu'à la fin du verset.
Ce n'est qu'à ce moment que les Compagnons (radhia Allâhou anhoum) réalisent que l'impensable s'est bel et bien produit : le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) les a quitté pour rejoindre l'Autre Monde… (Sahîh Boukhâri, Mounsad Ahmad)
A vrai dire, la réaction des musulmans lors de cette terrible tragédie ne fait que refléter l'attachement profond qu'ils ont toujours porté au Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam). En témoigne par exemple :
l'attitude de cette femme qui avait proposé au Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) à la veille de son départ pour une campagne militaire son bébé. Lorsque le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) lui avait répondu que ce bébé ne pouvait être d'aucune utilité dans le combat, elle lui avait répliqué qu'il pourrait au moins servir de bouclier pour le protéger contre les flèches ennemies. (Hikâyât Sahâbas)
la réponse de Zayd Ibnou Dathinah (radhia Allâhou anhou) qui, alors qu'il (radhia Allâhou anhou) était sur le point d'être tué, fut questionné par Abou Soufyân en ces termes : "Je te demande de me répondre au nom d'Allah ô Zayd ! Désires-tu que, en ce moment, ce soit Mouhammad qui soit auprès de nous à ta place pour que ce soit son cou que nous tranchions, pendant que toi tu serais parmi les tiens ?" Zayd (radhia Allâhou anhou) lui répliqua : "Par Allah ! Je n'aimerai même pas que, là où Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se trouve, il soit piqué par une épine pendant que moi je suis (en paix et en sécurité) parmi les miens." En entendant cette réponse, Abou Soufyân ne put que dire : "Je n'ai jamais vu personne aimer quelqu'un autant que les Compagnons de Mouhammad l'aiment !" (Sïrat Ibn Hichâm)
Après le décès du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), les Compagnons (radhia Allâhou anhoum) désignent Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) comme Calife et successeur du Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) à la tête de la communauté. Le lendemain, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) est enterré à l'endroit même où il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) est décédé, après que les Compagnons (radhia Allâhou anhoum) lui aient donné le bain mortuaire, l'aient enveloppé dans un linceul et aient accompli sa prière mortuaire.
Qu'Allah accorde au Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) la meilleure rétribution qui soit de la part de sa oummah.
Âmîne !
Pour conclure, je voudrai ajouter quelques mot sur l'amour et l'attachement pour le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), qui, comme l'indique le Hadith suivant, est un impératif lié au Îmân :
"Aucun d'entre vous ne peut être un véritable (et parfait) croyant, tant que je ne suis pas plus cher à ses yeux que son père, ses enfants et tous les gens en général."
(Boukhâri)
Il est important de comprendre que l'attachement au Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) qui est requis de chacun de nous ne consiste pas à accorder une importance vitale à la participation, une fois par an, à un programme consacré à la sîrah (où on prend plaisir à écouter un poème faisant les éloges du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et un discours relatant les aspects marquant de sa vie et de son action ou mettant en valeur ses qualités) pour ensuite dédaigner, durant tout le reste de l'année, les enseignements du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), à commencer par la salât oul fadjr du 13ème Rabî' oul Awwal… Une telle attitude ne témoigne, à vrai dire, rien d'autre qu'une prétention creuse d'amour et d'affection pour le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam), à la limite même de l'insulte envers son statut, son message et son action.
Ce qui est imposé au musulman, c'est de développer et d'alimenter un amour réel, sensé et sincère pour le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), ce qui implique avant tout (et surtout…) un attachement permanent aux enseignements qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a transmis et un suivi rigoureux de la voie qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a tracée, celle de la taqwâ. C'est en substance ce que le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) avait rappelé à Mouâdh (radhia Allâhou anhou) alors qu'il (radhia Allâhou anhou) était sur le point de partir pour le Yémen…. Comme il (radhia Allâhou anhou) était très affecté à l'idée de ne plus pouvoir rencontrer le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), celui-ci (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui dit :
Åöäøó Ãóæúáóì ÇáäøóÇÓö Èöìó ÇáúãõÊøóÞõæäó ãóäú ßóÇäõæÇ æóÍóíúËõ ßóÇäõæÇ
"Les gens les plus proches de moi sont les mouttaqoûn, qui qu'ils puissent être et où qu'ils puissent se trouver !"
(Mousnad Ahmad – La chaîne de transmission est authentifiée par Al Arnâoût)
Et parmi les nombreuses prescriptions transmises par le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) tout au long de sa mission prophétique, celles qui ont été mentionnées lors de ses derniers instants méritent une attention toute particulière de notre part; parce qu'il faut savoir que, même durant la phase terrible de l'agonie, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) n'a pas cessé d'énoncer des rappels à l'attention des musulmans[17]… Parmi les devoirs qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) a rappelé avec insistance à ce moment, il y a notamment :
- l'obligation de rester attaché à une approche pure et saine du tawhîd et de faire très attention à ne pas associer quiconque, même les plus illustres êtres humains, dans le culte qui est rendu à Allah. Aïcha (radhia Allâhou anhâ) et Ibnou Abbâs (radhia Allâhou anhou) relatent que, au cours de l'agonie, quand le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) reprenait conscience, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) disait : "Que la malédiction d'Allah s'abatte sur les yahoûds et les nassâras ! Ils ont fait de la tombe de leurs prophètes (alayhimous salâm) un lieu de prière." (Boukhâri)
- la nécessité de respecter les prières obligatoires[18] et de ne pas porter atteinte aux droits de ceux qui se trouvent sous notre autorité.[19] Ommou Salamah (radhia Allâhou anhâ) rapporte que, durant sa dernière maladie, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) répétait souvent : "(Faites attention à) la salât et à vos esclaves !" (Ibnou Mâdjah – Authentifié par Al Albâni)
Qu'Allah nous accorde un amour sincère pour le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et nous donne l'opportunité de rester attaché à son exemple et à ses enseignements jusqu'à la mort.
Âmine !
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[1] Voir aussi "Fath oul Bâriy" – Volume 10 / Page 125
[2] En l'an 7 de l'hégire, après la campagne de khaïbar, une juive lui offre un morceau de viande empoisonné. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) est miraculeusement averti du danger par la viande elle-même et il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) recrache ainsi ce qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) avait déjà porté à sa bouche. Néanmoins, le court instant durant lequel le poison reste en contact avec son palais suffit pour l'affecter de façon irréversible; il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) va constamment ressentir les effets douloureux de ce poison, surtout durant sa dernière maladie. (Boukhâri)
[3] Réf : "Fath oul Bâriy" – Volume 8 / Page 141
[4] Réf : "Fath oul Bâriy" – Volume 8 / Page 141
[5] Voir "Al Mawâhib Al Ladounyâ" – Pages 379 et 380
[6] Réf : "Fath oul Bâriy" – Volume 8 / Pages 131-132
[7]On voit bien là l'attachement du Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) à sa oummah : malgré la gravité de son état, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ne cesse de se soucier de la protection, du bien être et du salut de celle-ci…
[8] Ce qui indique bien que, comme le pensait Oumar (radhia Allâhou anhou), le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) n'avait pas l'intention d'établir un nouveau règlement ou d'énoncer une nouvelle prescription, auquel cas il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) n'aurait pas changé d'avis et abandonné un devoir si important juste à cause d'une dispute entre des Compagnons (radhia Allâhou anhoum).
[9] Ibnou Hadjar (rahimahoullâh) avance qu'il est possible que ce deuxième fait important se produit après la discussion évoquée plus haut. Réf : "Fath oul Bâriy" – Volume 8 / Page 142
[10] Et ce, malgré l'insistance de Aïcha (radhia Allâhou anhâ) pour que ce soit quelqu'un d'autre qui soit choisi pour cette lourde responsabilité… Il est à noter que, même si le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ne désigne alors personne pour le succéder à la tête de la communauté de façon explicite, il n'en reste pas moins que le fait qu'il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) choisisse, parmi tous ceux qui sont présents, Abou Bakr (radhia Allâhou anhou) pour diriger le rituel le plus important de la pratique religieuse musulmane (al imâmat ous soughrâ) est une indication claire que, à ses yeux, c'est cet illustre Compagnon (radhia Allâhou anhou) qui est le plus digne pour assumer cette fonction (al imâmat oul koubrâ).
[11] Le samedi ou le dimanche à l'heure de dhouhr. Réf : "Fath oul Bâriy" – Volume 2 / Page 175 et "Sîrat oul Moustaphâ" – Volume 3 / Page 168
[12] Aïcha (radhia Allâhou anhâ) affirme qu'elle n'a jamais vu quelqu'un être plus affecté par la maladie que ne l'a été le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam)… (Boukhâri et Mouslim)
[13] Réf : "Sîrat oul Moustafâ" – Volume 3 / Pages 169-170
[14] L'expression al rafîq al a'lâ signifie littéralement "le groupe d'amis le plus élevé"; il s'agit ici, selon l'opinion la plus répandue, du groupe des Prophètes, des véridiques, des martyrs et des pieux, ceux à qui Allah a accordé Ses faveurs. Réf : "Fath oul Bâriy" – Volume 8 / Page 137
[15] Réf : "Al Mawâhib Al Ladounyâ" – Page 391 et "'Oyoûn oul Athar" – Volume 2 / Page 433
[16]" (…) S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants." (Sourate 3 / Verset 144)
[17] Ce qui témoigne encore une fois de la place importante qu'occupait dans son cœur cette oummah…
[18] La prière obligatoire compte parmi les commandements divins les plus négligés à notre époque : personne ne peut nier le fait que, actuellement, une bonne partie de la communauté musulmane n'accomplit pas quotidiennement ces cinq salât; et parmi ceux qui l'accomplissent, nombreux sont ceux qui ne le font pas à l'heure prescrite ou en respectant scrupuleusement toutes les conditions requises (au niveau de la pureté et de la purification rituelles par exemple)… Et cet état de fait est d'autant plus grave que, selon l'opinion de certains oulémas et selon l'énoncé apparent de nombreux Ahâdîth, l'abandon délibéré et sans raison valable d'une seule prière obligatoire suffit pour exclure une personne de l'Islam (avec toutes les conséquences que cela implique, au niveau de l'annulation du mariage par exemple…)
[19] Il est fait mention, dans l'énoncé du Hadith, des esclaves; néanmoins, Moufti Chafî' (rahimahoullâh) souligne que le propos du Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) s'applique à l'ensemble des personnes qui sont soumis à l'autorité de quelqu'un.
Pour ce qui est de notre conduite envers ceux qui nous sont subordonnés, on ne doit jamais oublier que c'est Allah qui nous a accordé le pouvoir dont nous disposons sur eux et que nous devrons répondre un jour de la façon dont nous avons fait usage de cette autorité : chaque abus et chaque violation de leurs droits devra être réparé. C'est ce qui ressort du récit suivant : une fois, le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) passa auprès de Abou Mas'oûd (radhia Allâhou anhou); celui-ci était en train de réprimander sévèrement un de ses esclaves en le frappant. Quand le Messager d'Allah (sallallâhou 'alayhi wa sallam) le vit, il (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui dit :[/font]
ÇÚúáóãú ÃóÈóÇ ãóÓúÚõæÏò áóáøóåõ ÃóÞúÏóÑõ Úóáóíúßó ãöäúßó Úóáóíúåö
"Sache Ô Abou Masoûd qu'Allah a plus de pouvoir sur toi que toi tu en as sur lui !"
En entendant ces propos, Abou Mas'oûd (radhia Allâhou anhoum) prit immédiatement la décision d'affranchir cet esclace (pour faire plaisir à Allah et se racheter de sa faute). Le Prophète Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fit alors la remarque suivante :
ÃóãóÇ áóæú áóãú ÊóÝúÚóáú áóáóÝóÍóÊúßó ÇáäøóÇÑõ Ãóæú áóãóÓøóÊúßó ÇáäøóÇÑ
"Si tu n'avais pas fait cela (c'est-à-dire si tu ne l'avais pas libéré), le Feu (de l'Enfer) t'aurait happé."
(Sahîh Mouslim
«C'est avec impuissance que nous assistons à dépravation des moeurs dans notre milieu ambiant .Notre jeunesse n'a pas de répère,elle est en perte de vitesse ,en pleine regression.C'est avec beaucoup de frustration,de peine que nous assistons à la transgression des lois sacrées de la pudeur sur le plan habillement, (Pantalons ou culottes taille-basse,piercing,tricots body ,etc).L'atteinte à la pudeur a atteint son plus haut degré d'humiliation.Les chaînes cryptées nous montrent des films qui nous conduisent vers l'immoralité, la perversité.
C'est un constat d'échec, mais à dire vrai , le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) nous l'avait prédit.
Que signifie le mot pudeur?
Les savants de l'Islam nous apprennent qu'il en existe deux types de pudeur :
-la pudeur naturelle ("al hayaa-oun-nafsâniy").
Elle existe en chaque être humain, placée en lui par Allâh(swt) .C' est un sentiment de réserve et de retenue qui empêche l'homme de faire ou de dire des choses pouvant choquer ou revêtir un caractère blâmable.
Le deuxième type de pudeur ("al hayaa-oul-Imâniy") résulte de la foi en Dieu. Cette pudeur , propre au croyant, est une qualité qui habite son cœur et l'empêche de faire le mal quelque soit l'époque, l'endroit ou les conditions dans lesquelles il se trouve. Elle empêche le croyant de faire le mal, même quand il est seul et qu'il n'a personne pour le voir, car au fond de lui, il a la conviction qu'Allâh(swt) le voit toujours.
Contrairement au "hayaa-oun-Nafsaniy" qui existe naturellement chez l'homme, le "hayaa-oul-Imâniy" ne s'acquiert qu'à la suite d'efforts répétés. C'est à propos de cette pudeur que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: «… le Hayya est une branche importante de la foi.» En d'autres mots, le croyant doit s'abstenir de faire le mal, par honte à l'égard d'Allâh(swt).
Il est du devoir du musulman d'entretenir et de développer ces deux sortes de pudeur.
Plus que tout autre, il se doit de manifester de la pudeur, envers ses semblables et envers Allâh(swt), dans son comportement, dans ses actes, et surtout dans sa tenue vestimentaire.
Les enseignements du Qour'aane et de la Sounnah dirigent le musulman vers cette voie: tout acte ou comportement qui pourrait nuire à la morale publique a été prohibé par l'Islam. C'est ainsi que l'Islam a imposé aux hommes et aux femmes de couvrir certaines parties de leurs corps. D'après l'école hanafite par exemple, il est strictement interdit aux hommes de découvrir la partie du corps qui se trouve entre le nombril et les genoux inclus, et ce, en présence de n'importe qui (même des enfants ! exception faite à l'épouse.)
Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a aussi interdit aux musulmans de tenir un langage grossier et vulgaire, un langage qui serait justement contraire à la pudeur.
lorsque le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) parlait à ses compagnons à propos des sujets assez sensibles,il employait toujours un langage plein de finesse et faisait appel à des métaphores (à des images), manifestant ainsi sa pudeur même dans ses propos. Beaucoup de Hadiths montrent l'importance que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) accordait cette qualité essentielle. Il disait en ce sens: « La pudeur n'amène que le bien ! »
Dans d'autres Hadiths, il a aussi fait allusion aux maux qui apparaissent dans une société où cette qualité tend à disparaître. C'est pourquoi il est triste de constater que de nos jours, elle se fait de plus en plus rare. Il faut reconnaître cependant que le musulman est confronté à un dilemme ,de nos jours,partout oû il se trouve. D'un côté il est conscient de l'importance de la pudeur en Islam. Mais de l'autre côté, il est submergé par la liberté des libertins dans leur libertinage et leur impudeur imposée dans son environnement et dans la société dans laquelle il vit.
Que doit-il faire alors ?
Il faut savoir raison gardée et rester dans le domaine du possible tout en gardant à l'esprit les réalités actuelles .Pour ce faire,voici trois suggessions en vue d'essayer de surmonter cette difficulté.
Enfin, la troisième suggession à faire, c'est bien entendu de fortifier notre foi en Dieu(swt). Comme nous l'avions vu au début, la pudeur est aussi un fruit de la foi. Il est donc tout à fait logique que plus nous serons dans la proximité divine , et plus il nous deviendra difficile de lui désobéir. A partir du moment où nous aurons en nous cette présence divine, cette honte d'aller à l'encontre des commandements divins, il nous sera beaucoup plus facile de nous préserver des actes et des comportements répréhensibles et immoraux, même lorsqu'il n'y aura personne pour nous voir.
Les Traditions nous apprennent que les Compagnons du Prophète Muhammad(saw) ressentaient souvent le besoin de revivifier leur foi. Qu'en est-t-il de nous, qui vivons en cette fin de 21ème siècle, dans un environnement où la dépravation des moeurs,l'immoralité ,la mécréance ,dues au matérialisme règne en maître, et où on a tendance à oublier Allâh(swt) ?
Il est fort possible, Insha 'Allâh karim, qu'en suivant ces conseils, nous apporterons une contribution importante à l'effort de sauvegarde de la pudeur et de la bonne morale dans nos foyers voire dans nos sociétés.
Cependant,il ne faut pas oublier qu'« Allâh(swt) guide qui il veut et égare qui il veut ! ».
Personne n'est maître de ses actes ,seules les invocations et les actes d'adorations peuvent nous protéger du Shaytane,le rebelle !
Pour ce faire ,le Talibé Baye doit toujours consulter son code moral :
« Ruh ul ADAB »
Tout en priant Allâh(swt) afin qu'il nous fasse observer le « ciratikal Mustaqim » !
Allâhumma Âmine.
Cramponnons-nous à la Tariqatu Tijaniyya,la Tariqa des «Ahlul Qur'ane » ,des « ahlus sunna »,la « Dahiratoul Faddliyya » oû règnent l'élégance morale et intellectuelle !
wa salam

Assalamu'alaykum ,chers frères et soeurs Tijânis,
Que la Paix,la
Prospérité,la santé et la longévité règnent dans vos foyers !
Bi Hurmati Astaghfirullah
Bi Hurmati la ilaha illa lah
Bi Hurmati Salatoul Fatihi
Bi Hurmati Jawharatul Kamal !
!
Voici des Zikhr tirés des Diwan du Cheikh Al Islam
Mawlana El Hajj Ibrahima
Niass(radiyallâhu ta'ala ane-hu)
Ne m'oubliez pas dans vos pieuses invocations !
Rabal Hibâdy :
(la Prière de Cheikh Ibrahim NIASS(raa).)
« Rabal Hibâdi khâfiri zounôbi wa khabili tawbi litakh bal tawbi
Bitaïba dji é touka illâhy tâ iban wa tâliban wa khâ-dihan wa â iban
Bimounzilli moubârakine tounzilouny wânfah hounâ djamiha man khassadani
Adjiri fouyôdal hilmi wal arzâkhi lizoum raty wahzi-bana akh lâkhil.
Nâlat houmoul asswâou khâssoul mihanâ fadâri-kann houm wa aksir mina-nah
Zallat libahdin minhou-moul akh dâmou faltasmi-hannlahoum fafyka hâ-môu
Layin lahoum man layanal hadydâ limane arad ta wârfahil khouyôdâ
Narâhoum fyl basti wa rakhâ i ouwly diyânati mahal âlâ i.
Youmnan wa sihatan wa bazlan za idan soukh hâ li ahbâby wâbkhâ âbidân
Min taïbatin asdy ilâ zawâ hiri wa anta tadry bâtini wa zâhiri.
Nâlal mounâ man khad atâny awalan wa âkhiran yâ âkhiran yâ awalân.
Tâla anil ahbâbi koulla-daïrine wakhad atâ-houm minka koulla khaïrine
Lâ darahoum tanâfou-ssoune fyl fâny iz koulla mâ yarawna hynan fâny.
Ayid houmou iz khalou koufwan nihami wa nadjinâ min khadabin wa nikhamine
Moussadikhyna mouta-ssadikhynâ sâ imyna dahra hâfizinâ
Bâhoû noufôssa choumma wal am wâlâ kal mou minyna habazâ ah wâlâ
Adjib ayâ rabbi bissiri zâti wassiril asamâ i awissifâti
.
Rabi ayâ rabbi fatamin fihlan mâ khad khas-sadtou ây touryhim nallân
Kamâ adjabta koulla hab-din sa alâ fymâ madâ fahakhi khanal amalâ
Anta lazy tarzoukhou man tachâ ou matâ tachâou kamâ tachâou mâchâou 
Wa anta akramou wa anta arhamou wa anta adj wadou wa anta ahlamou 
Antal khaniyoul khâdiroul mourydou walâ yakônou khaïra mâ touridou
Nazara loutfin soumma hatfin kâfy iz anakal hayoul wadôdoul kâfy
Toukhalliboul ah yana bil ah yâni fal tarfahil akh wâma fy az mâny
khirly sahbân foud la wa khirly min kouli chaï ine khaïrahô wa kounly
Ya Rabi bil ghâdy wa sahbil ghâdy faltakfi sahbi koulla charin ghâdy Raboul amyny ahti bil amyni koulla matâliby likoulli hynin
Ahtil houbaïda boukh yatan wahadjilâ li bil idiâbati ouhibboul hâdjilâ
Limâ tahawad tou arany niltou koullal matâlibi wa ini fouztou
Mâkhattou oubtou khâ iban min Rabbi bal koulamâ oubtou chakartou awbi
Nihamaho fy zâhirin wa bâtini asbakhaly fil khaïbi wal mawâtini
Zâla takadaury wa zâka ahzamou mawkhibatin wahabahâ man youkrimo
Ladâ hawâ li taïbatin fal tat roudâ koulla chourôri abadaane wa sarmadâne
Yâ Rabbi salliyaan halâl moukhtâri wa âlihy wa sahbikhil akh yâri
Nihmal châfykhoul mousta-pha wa nihma liyal was-sylatou azaltal rhammâ.
ALHAMDOULLILAHI RABBIL ALAMINA
ALLÂHOUMMA SALI ALÂ SEYDINA
MOUHAMADINE WA SALIM.
HASBIBIHI
1. Hasbii bihii wabitahaa Hasbiibi Chaykhi Tidiani
Refrain :
Allâh La ilaha illa lah
La ilaha illa lah
2. Hasbii bibarine rahaufine Hasbii bihii wa kafanii
Ref:Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
3. Khalbii lahau wa maraamii
wa khalabii koulla aani
4. Rabbi fadarik houbaydane
sourhatane dauna tawanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
5. Laa tousmitanal ahaadi
walaa touwaswiss diananii
Allâh la ilaha illa lah la ilaha illa lah
6. Fadjhal fouhaadi kasahrii
walaa toudirhou kabaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
7. Wal tachfi lii koulla chakwa
wal takhdi haaza lamaanii
8. Bidiahi khayril baraayaa
wadiaahi Chaykhi Tidiaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
9. Wadiaahi Chaykhi wa aslii
walidii haaliil makaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
10. Al haadji Habdoul Ilaahii
bahdiatii taula lawaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
11. Matlabii roukhyaa makhamii
sourhatane fii za zamaanii
12. Matlabii irsou ousaulii
sourhatane dauna tawaani
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
13. Naadaytou Chaykha Tidiaanii
li adjli amrine dahaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
14. Aadjir khadimaka khad ame moukoumou Chaykhi Tidiani
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
15. Aadjir houbaydaka Barhaama fahwa fil houbbi faani
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
16. Nilaanahau hama dounyaa wa zaati moune tadihanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
17. Ithakhoul habda mounaahou ithaafoukoum khad kafaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
18. Falastou arda siwaa-ire khaa-ine li akhlal mahaanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah
19. Azkaa salaamii salaamii
halaa nabiyizil masaanii
20. Mine bahdi koulli sihaabine bahda
Aaline soumma aanii soumma aanii
Allâh la ilaha illa lah
La ilaha illa lah »
Naviguons toujours au rythme de « la ilaha illa lah ! »
Jazakallâhu Barhamou !
Shaykh Muhyi ad-dîn 'Abd al-Qâdir al-Jîlânî (1077 A.D./472 H. - 1166 A.D./561 H.)
Il fut le phare de son époque dans les sciences spirituelles et les disciplines relatives à la Loi divine. Sa réputation fut telle que dans les sciences du soufisme et de la sharî,`il a fini par être connu comme le pôle de son temps, al-ghawth al-a`zam.
Il est né dans la cité de Jîlân, dans la province nord-est de la Perse, en l’an 1077 A.D.
A l’âge de dix-huit ans, il partit pour Bagdad à la poursuite de la connaissance et de la guidance divines.
Ses premiers maîtres en Loi divine furent le shaykh Abul Wafa ibn Aqil, le shaykh Muhammad ibn al-Hasan al-Baqlani et Abû Zakariyâ’ Tabrizî. A l’ombre de ces trois grands, il apprit :
-la science de l’exégèse du Coran,
-la science des traditions,
-la science de la vie du Prophète (sîrah),
-la théologie,
-la jurisprudence (fiqh),
-la grammaire,
-la récitation du Coran
-et la philologie.
Il étudia l’école de jurisprudence hanbalite, mais il était aussi capable de donner des décisions dans l’école chaféite. Il connaissait le Coran par coeur, non pas sous une seule forme, mais dans les sept méthodes de récitation.
Après avoir acquis la maîtrise de treize disciplines relatives à la loi religieuse et des sciences annexes, il se tourna alors vers la voie spirituelle sous la guidance du shaykh Hammâd ibn Muslim ad-Dabbâs. Il reçut l’initiation dans la voie des chercheurs du shaykh al-Mubarak Sa`id ibn al-Hasan. Le shaykh al-Mubarak Sa`id fut le shaykh de la plupart des plus grands chercheurs et maîtres de son temps à Bagdad.
Shaykh `Abd al-Qâdir al-Jîlânî reçut l’ijaza et la direction de la tarîqa à l’âge de cinquante ans, de son shaykh, Shaykh al-Mubarak Sa`id. Peu de temps après avoir reçu le titre officiel de shaykh at-tarîqa, on le reconnaissait dans la cité et ses environs comme un grand maître, et comme la source à laquelle tous les coeurs habités d’un désir ardent devaient se tourner pour trouver la guidance et l’illumination propres à diriger les coeurs sur la voie de l’amour divin et de l’inspiration divine.
Sayyidina `Abd al-Qâdir raconte : " Au commencement, seules quelques personnes fréquentaient mon groupe. Quand de plus en plus de gens eurent entendu parler de moi, l’école devint surpeuplée. Je pris alors l’habitude de m’installer dans la mosquée de Bab al-Hilba, qui finit par être trop petite pour accueillir le grand nombre de gens qui venaient m’écouter. Ils venaient même au milieu de la nuit, portant des lampes et des bougies pour voir. Finalement le lieu ne put contenir les foules, et on transporta la chaise d’où j’enseignais sur une voie de circulation, puis dans les faubourgs de la ville, dans un endroit qui devint le nouveau lieu de rassemblement. Les gens y venaient à pied, à cheval, à dos de mule, d’âne ou de chameau. On put voir jusqu’à soixante-dix mille auditeurs assistant à ces rassemblements. "
Dans ces rassemblements, il enjoignait aux gens de faire le bien, et il les dissuadait de commettre le mal. Son conseil s’adressait aux gouvernants, aux ministres, aux gouverneurs, aux juges, à ses disciples et aux gens ordinaires. Selon Ibn Kathîr, le grand historien, " il se tenait debout dans les mosquées, il réprimandait publiquement les gouvernants qui commettaient le mal. Il le faisait en présence de tous, qui pouvaient ainsi en témoigner, dans des interventions publiques. Il évitait toutes les formes de conciliabule politique, et ne craignait personne quand il parlait, sinon Dieu Tout Puissant. Aucun reproche ne l’affectait. "
Un jour, comme le calife du monde islamique venait de nommer une personne injuste comme juge en chef, sayyidina `Abd al-Qâdir al-Jîlânî se leva, dans la plus grande mosquée de Bagdad, pour prononcer le sermon du vendredi. Il s’y adressa directement au calife. Il dit : " Tu as désigné le pire des injustes pour juger des affaires des musulmans ! Que répondras-tu demain au Seigneur des mondes, au Plus Miséricordieux des miséricordieux ? " Entendant cela, le calife trembla de peur. Versant des larmes abondantes, il se hâta, après la prière, de démettre ce juge.
Sayyidina `Abd al-Qâdir appelait les gens à se corriger eux-mêmes, à purifier leur coeur et à chasser de leur coeur l’amour excessif de la vie en ce monde. Il les pressait de remplir leur coeur de l’amour de Dieu et de Son Messager et de ses saints. Il les exhortait à suivre le Prophète dans chacun de leurs actes et chacune de leurs pensées, en tout comportement et en toute attitude, il les exhortait à éviter l’hypocrisie et les feintes, à chasser de leur coeur l’orgueil, l’auto-satisfaction, la haine et l’hostilité, la jalousie, la tyrannie, la tromperie et la rancoeur. Il appelait les gens à briser leurs attachements à ce monde et à ceux qui en sont les esclaves, et de se tourner de tout leur coeur vers Celui qui nourrit, Dieu Tout Puissant, cherchant Sa satisfaction, Sa guidance, Sa miséricorde et Son pardon.
Il ouvrait la porte aux gens pour qu’ils renouvellent leur pacte avec leur Seigneur. Musulmans comme non musulmans, ils venaient en masse l’écouter, se repentir de leurs mauvaises actions et l’accepter comme chef et guide sur la voie qui mène à Dieu, acceptant de n’associer personne à Dieu, que ce soit ouvertement ou de façon subtile, de louer Dieu et de Le remercier pour Ses faveurs bienveillantes, de suivre la voie des prédécesseurs vertueux dans la religion et la guidance droite, d’éviter toute déviation et schisme en religion, d’unifier leurs coeurs et de les réunir comme au creux d’une main, dans l’amour de Dieu, de Ses prophètes et de Ses saints. Ils détournaient leur coeur de l’amour de la vie de ce monde et le dirigeaient vers l’amour de l’au-delà, ils le détournaient des plaisirs des sens et de la recherche de la fortune et le dirigeaient vers l’amour de Dieu et l’acceptation de Ses ordres et de Ses interdits.
Dans une de ses causeries, dont on dit qu’y assistaient plus de quatre cents scribes, il dit : " Les murs de la religion sont tombés et leurs fondations ont craqué. Rassemblons-nous, ô gens de la terre, et reconstruisons ce qui est en ruine, rétablissons ce qui est tombé ! C’est inacceptable. Ô soleil ! Ô lune ! Ô jour ! Venez tous ! Ô gens, la religion implore aide et assistance, tenant ses mains au-dessus de sa tête en signe de détresse, une détresse due aux débauchés, aux insolents, aux innovateurs, à ceux qui pervertissent la loi divine, aux gens insouciants, aux injustes et aux tyranniques, à ceux qui falsifient la connaissance divine et pourtant la revendiquent, alors qu’en fait elle n’est pas entre leurs mains.
« Ô hommes ! Que vos coeurs sont devenus durs ! Même un chien sert son maître. Il le garde, l’accompagne dans ses marches, chasse pour lui, garde ses troupeaux et veille sur lui avec loyauté dans l’espoir que son maître lui accordera quelques bouchées de son repas ou les lui mettra de côté pour plus tard. Réfléchissez-y et comparez à la façon dont vous vous rendez obèses par les bontés de Dieu, la façon dont vous satisfaites grâce à elles vos désirs vils, sans même obéir à Ses commandements ni éviter ce qu’Il a interdit ! Vous ne Lui payez pas ce que vous Lui devez, vous négligez Ses ordres et vous n’observez pas les limites de ce qu’Il vous a ordonné. »
Ses enseignements :
`Abd al-Qâdir al-Jîlânî donna un jour à ses disciples l’ordre suivant :
-«Tuez un poulet à un endroit où personne ne peut vous voir, puis apportez-le moi ! »
Certains prirent l’ordre au pied de la lettre et pensèrent qu’il suffisait de garder le secret.
Au bout de quelques heures, les disciples revinrent, chacun portant un poulet tué. Au moment de la prière de l’après-midi, l’un d’eux manquait toujours à l’appel. Il ne s’était pas encore montré.
Le shaykh dit : «Où est Untel ? »
Personne ne savait. Le moment de la prière de la nuit vint, passa. Le jour suivant arriva et on ignorait toujours ce qui était arrivé au disciple manquant. Dans l’après-midi du lendemain, le disciple revint, un poulet à la main, mais un poulet toujours vivant.
Le shaykh lui demanda : «Où étais-tu tout ce temps ? Chacun a rapporté un poulet tué sauf toi. Pourquoi cela ?»
Il répondit : « Ô mon shaykh, l’ordre que tu m’as donné était de tuer un poulet dans un endroit où personne ne pourrait me voir. J’ai essayé toute la journée d’hier, toute la nuit et toute la matinée, de trouver un endroit où Dieu n’est pas présent, et je n’ai pas pu trouver un tel endroit. Comment aurais-je pu tuer le poulet ? »
Shaykh `Abd al-Qâdir dit : « Certains d’entre vous ont pris l’ordre au pied de la lettre, mais vous n’avez pas conservé dans votre coeur le fait que je suis avec mes disciples, où qu’ils soient. D’autres ont pensé : «Notre shaykh est gourmand et veut se fournir en poulets.» Ce sont des mauvaises manières que de penser ainsi. Mais votre frère sait que je suis en son coeur vingt-quatre heures sur vingt-quatre et que je ne le quitte jamais. Son seul désir était d’obéir à mon ordre et de me respecter, non de chercher à comprendre la raison de cet ordre et d’essayer de découvrir son but. Mon fils qui est ici est mon successeur, qui vous enseignera le code de conduite correct et sera pour vous un bon exemple à suivre. »
Sa gnose :
Bien qu’il fut éminent parmi les grands saints (et c’est la raison pour laquelle on le surnomma al-ghawth al-a`zam ou le soutien parfait ), sayyidina `Abd al-Qâdir al-Jîlânî (raa) est aussi un juriste hors pair de l’école hanbalite. On a signalé ses liens avec l’école chaféite et avec l’imâm Abû Hanîfa. Il fut le disciple de saints prestigieux, comme Abû al-Khayr Hammâd ibn Muslim ad-Dabbâs (mort en 525 H.) et Kwaja Abû Yûsuf al-Hamadhâni (mort en 535 H.), second, après Abû al-Hasan al-Kharaqâni (qui fut le shaykh de al-Harawi al-Ansâri dans la chaîne d’autorité primitive de le naqshbandiyya.
Les oeuvres les plus réputées du shaykh `Abd al-Qâdir sont les suivantes :
-al-ghunya li tâlibi tarîqa l-haqq (Provisions suffisantes pour ceux qui cherchent la voie de la vérité) est une des présentations les plus concises qu’on ait jamais écrite de l’école juridique de l’imâm Ibn Hanbal, comprenant les enseignements solides des ahl as-sunna sur le `aqida et le tasawwuf.
-al-fath ar-rabbani (Les ouvertures seigneuriales), recueil de sermons destinés aux élèves et aux maîtres de la voie soufie et à tous ceux qu’attire la perfection. Fidèle à son titre, ce livre procure à son lecteur un profit et un gain spirituel immenses (traduit en français).
-futuh al-ghayb (Ouvertures sur l’invisible), autre recueil de sermons plus avancés que les précédents, et comme eux d’une valeur inestimable.
-sirr al-asrâr (Secret des secrets), court traité de pratique soufie que le shaykh `Abd al-Qâdir rédigea à l’intention de ses disciples (traduit en français).
Étant donné son statut dans l’école hanbalite, `Abd al-Qâdir jouissait d’un grand respect auprès de Ibn Taymiyya, au point qu’il fut le seul auquel ce dernier accorda le titre de " notre shaykh " (shaykhuna) dans toute sa fatawa, alors qu’il réserva l’appelation " mon imâm " (imâmuna) à Ahmad ibn Hanbal. Il mentionnait fréquemment Jîlânî et son shaykh ad-Dabbâs comme les meilleurs exemples de soufis récents.
Les miracles du shaykh `Abd al-Qâdir sont trop nombreux pour qu’on puise les compter. L’un de ces miracles a consisté à faire don de la guidance, qui se manifeste dans ses paroles, par laquelle des milliers de gens entrèrent dans l’islâm et se repentirent. Al-Shattanawfi cite, dans bahjat al-asrâr, de nombreux miracles en mentionnant chaque fois la chaîne de transmission. Ibn Taymiyya utilise ces récits comme un moyen de satisfaire son souci d’authenticité, mais son élève adh-Dhahabi, tout en affirmant qu’il croit d’une façon générale aux miracles de `Abd al-Qâdir, se déclare cependant sceptique sur nombre d’entre eux. On a pu constater ce trait de caractère de adh-Dhahabi dans la manière dont il doute du récit authentique de l’admiration de l’imâm Ahmad pour al-Muhâsibi.
Voici ce qu’il dit de `Abd al-Qâdir al-Jîlânî dans siyar a`lam al-nubala' : « Le shaykh `Abd al-Qâdir (al-Jîlânî), le shaykh, l’imâm, le savant, le zahid, le connaissant, l’exemple, le shaykh de l’islâm, le plus distingué parmi les awliyâ’, le hanbalite, le shaykh de Bagdad. Je dis qu’il n’en est aucun parmi les grands shaykhs qui ait plus d’états spirituels et de miracles (karâmat) que le shaykh `Abd al-Qâdir, mais beaucoup de ces miracles ne sont pas véridiques et beaucoup de ces choses sont impossibles.»
Préface du Secret des Secret (Al Bouraq) :
Si l’arbre se juge à ses fruits, `Abd al-Qâdir al-Jîlânî (raa)est certes un arbre d’une valeur inestimable : il inspire en effet la plus ancienne des confréries soufies, la qâdiriyya, aujourd’hui encore la plus importante du monde musulman.
Né en 1077 dans un village du jîlân (dans l’Iran actuel), `abd al-qâdir arrive à Bagdad vers 1095 pour étudier. La nizâmiyya, première université musulmane, vient juste de perdre le grand al-Ghazâlî, parti à la découverte de lui-même. Alors `abd al-qâdir renonce à s’y inscrire, et c’est avec plusieurs maîtres qu’il se forge en quelques années, dans une cité où se côtoient les plus grands saints et les pires perversions, une solide formation dans les différentes sciences religieuses. Il y mène, semble-t-il, une vie agitée, tant au plan spirituel qu’au plan matériel.
Puis il part pour, disent certains, vingt-cinq années d’errance et de retraite. « Me prenant par la main, Dieu m’a élevé au-dessus de tous les adorateurs. Je suis proche de mon Seigneur et comblé de L’avoir rencontré. »
Son maître le plus marquant est alors abu al-khayr al-dabbas, celui qui a dit : «Le plus court chemin qui mène l’homme à Dieu, c’est de L’aimer. »
On dit qu’il a également été formé par abû yûsuf al-hamadânî, un des premiers maîtres de la chaîne de la confrérie naqshbandiyya.
En 1127, il réapparaît à Bagdad, et se révèle alors un prédicateur hors pair. Le « faucon gris de Dieu » embrase le coeur des milliers de fidèles qui se pressent pour écouter ses sermons. Et cette aptitude à ouvrir les coeurs continue à oeuvrer depuis bientôt mille ans, même si un orientaliste moderne n’accorde (avec un peu de présomption ou de naïveté ...) que peu de valeur aux sermons d’`abd al-qâdir al-jîlânî, pas assez en tout cas pour justifier sa réputation !
Dans sa propre école, `abd al-qâdir passe le reste de sa longue vie (il meurt en 1166) à enseigner, entouré d’une nombreuse famille. Son enseignement prône à la fois le respect de la loi divine (`abd al-qâdir se rattache au hanbalisme) et la lutte intérieure (le grand jihâd) contre les passions.
«Le secret des secrets »est un petit livre que le maître a écrit pour ses disciples. Il n’est peut-être pas inutile de préciser ici ce que signifie le mot “ «soufi », puisqu’aussi bien ce livre est un « livre de soufisme ». Le mot est aujourd’hui utilisé à propos de quiconque s’engage dans une démarche spirituelle dans la voie du soufisme. En toute rigueur, le mot doit être réservé à celui qui est parvenu au terme du voyage. Celui-là n’a d’ailleurs rien à dire, ni à ceux (très rares) qui sont, comme lui, réalisés (cela ne servirait à rien), ni à ceux qui le suivent sur le chemin (ils ne comprendraient pas). Autant dire qu’un “ soufi ” ne se révèle pas.
Ceux qui suivent la voie soufie sont un peu plus nombreux : ils ne se diront jamais soufis, car ils savent.
Enfin viennent ceux, très nombreux, qui se préparent à entrer dans la voie soufie. Parmi eux, beaucoup pensent avoir déjà emprunté la voie, alors que le long, très long travail de purification préalable est à peine entamé et que peu parviendront à franchir cette première étape. À tous ceux-là, le shaykh `abd al-qâdir al-jîlânî apportera une aide précieuse, si Dieu le veut, car c’est pour eux qu’il a écrit le présent livre.
Il semble qu’il faille aussi préciser que, contrairement à une idée malheureusement répandue, le soufisme est indissociable de l’islam. Le soufisme repose sur la tradition, c’est-à-dire la transmission ininterrompue depuis le Prophète Muhammad (la chaîne de transmission de certaines confréries remonte à Dieu, par Gabriel). Les maîtres auto-proclamés, sans lien établi avec la tradition, n’ont pas cours dans le soufisme. Car couper le soufisme de sa source essentielle revient à le réduire à une sorte de gymnastique ou d’hygiène “ spirituelle ”. Elles peuvent être utiles, mais elles ne nourrissent pas cette attitude intérieure spécifique où se mêlent la nostalgie du temps du pacte primordial et le désir ardent de retrouver l’intimité du Créateur.
Que Dieu soit remercié pour la sollicitude dont Il a fait preuve pour guider la plume de Son serviteur dans ce que ce travail a de meilleur. Et qu’Il veuille bien pardonner les erreurs que ce travail contient, et qui ne sont dues qu’à la négligence de Son serviteur, car
«Lâ hawla wa lâ quwwâta illâ billâh »
(Il n’y a de force et de puissance qu’en Dieu(swt) )
«Ton cœur est un miroir poli. Tu dois le nettoyer pour le débarrasser
du voile qui s'est formé à sa surface, parce qu'il est destiné à
réfléchir la lumière des secrets divins.
Quand la lumière d'Allâh(swt) (qui) est la lumière des cieux et de la
terre" ... commencera à illuminer les régions de ton cœur, la lampe de ton
cœur s'allumera. La lampe de ton cœur « est dans un (récipient de)
cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat...»
Alors, au sein de ce cœur, l'éclair des découvertes divines va frapper.
Cet éclair émanera des nuages orageux dont la signification « vient d'un
arbre béni, un olivier ni oriental ni occidental...» et jette une
lumière sur l'arbre de la découverte, une lumière si pure, si transparente,
qu'elle semble « éclairer sans même que le feu la touche.»
(Les citations précédentes sont extraites du Coran (La lumière) 24 /V 35)
Alors, la lampe de la sagesse est éclairée par elle-même. Comment
peut-elle rester éteinte quand la lumière des secrets d’Allah l’illumine ?
Dès que brille la lumière des secrets divins, le ciel nocturne des
secrets est éclairé par des milliers d’étoiles … « et au moyen des étoiles
les gens se guident… »(Les Abeilles - 16 /V.16) "
'Abd al-Qadir al-Jilani
salamu'alaykum;chers frères et soeurs !
voici un sujet brûlant,ça vous dit ?
Le soufisme est intrinsèquement une spiritualité car il ne revêt un nom, une forme que pour des besoins pédagogiques. Dans les premiers temps de l'islam, les règles grammaticales de la langue arabe, ayant servi de support à la Révélation, n'avaient pas été formalisées.
Elles se sont révélées nécessaires lorsque l'islam a gagné des pays non arabophones comme la Perse. La codification est apparue alors à des fins pédagogiques. Ainsi l'implicite a-t-il dû se faire explicite. L'implicite est ce qui vivifie comme l'esprit pour la religion. L'explicitation par contre peut devenir, en figeant ce qu'elle prêtant démontrer, une forme sans esprit.
Ainsi, il arrive même parfois que des confréries soufies perdent ce sens profond. Le maintenir implique donc une actualisation permanente, vivante et inspirée. Le soufisme est alors l'explicitation de l'esprit implicite dans le message originel de l'islam.
Ainsi ?le soufisme n'est pas une branche de l'islam, mais son cœur. C'est un état d'esprit, l'intériorité spirituelle de l'islam. Toute tradition religieuse, l'islam compris, a un côté extérieur et un côté intérieur. Il y a « la lettre » et il y a « l'esprit ».
De par l'histoire des religions, nous savons que la conjonction de ces deux aspects est importante. Lorsque l'on s'éloigne de l'esprit, la lettre tue, comme cela est évoqué par Jésus dans les Evangiles lorsqu'il reproche aux Pharisiens d'avoir oublié l'esprit de la Loi. Il est donc important de tenir compte de ce double aspect dans la démarche spirituelle.
Le soufisme consiste à favoriser l'ouverture du cœur, la vision de l'esprit, à comprendre les choses dans une perspective spirituelle. Vision nécessaire dans une tradition, sans laquelle celle-ci perd son sens. Les soufis ont simplement rappelé cette vérité essentielle sous des formes différentes selon les époques. Rappeler cette perspective spirituelle sans laquelle les religions seraient seulement des sortes d'identités culturelles, sociales ou politiques.
L'exemple de Ghazali(As)
Des personnalités comme Ghazali ont illustré par leur vécu même cette réalité. Au XII e siècle de notre ère, à 33 ans, Ghazali : était parvenu au sommet de la science de son époque. C'était un grand théologien, un grand érudit de l'Université Nizamiyya, ami personnel du khalife. Il pouvait discourir sur tout ce qu'on voulait, comme il le disait lui-même. On lui posait n'importe quelle question sur la métaphysique, la théologie spéculative, il y répondait avec beaucoup d'aisance. Puis, est venu un moment où il s'est demandé : « En fin de compte, de quoi suis-je vraiment certain ? ». Il fut pris d'une sorte de doute rationnel, pédagogique, jusqu'à une crise totale : il pouvait convaincre les autres sur de nombreuses questions, mais il n'était plus capable de se répondre à lui-même. Cette crise le poussa à s'enfuir loin de la société où il se sentait désormais comme un étranger. Aussi pendant onze ans a-t-il voyagé, rencontré des gens qui bien souvent avaient un savoir moindre que le sien, mais dont il apprenait la sagesse. Ils lui enseignaient ce qui est d'un autre ordre que le savoir : la connaissance pure est celle du cœur, cette expérience intérieure qui fait la spiritualité. Il revint ensuite à l'écriture et publia des livres fondamentaux comme la Revivification des sciences de la religion . Il y appela à la vigilance, à ne pas se tromper sur la réalité des choses, à ne pas confondre la technique religieuse avec la sagesse et la spiritualité. Pour lui, les sciences religieuses étaient nécessaires pour résoudre certains aspects « techniques », mais ne remplaçaient en aucune manière la science spirituelle.
Ghazali constatait qu'à son époque les gens avaient inversé ces réalités et regrettait que ceux qui en savaient le plus, d'un point de vue extérieur, étaient considérés comme les plus importants. Il a donc souhaité contribuer à rétablir la perspective spirituelle et montré comment le soufisme était la porte d'accès à cette perspective.
L'esprit des rites :
La spiritualité est un état d'esprit. Il est très différent de prier ou de jeûner avec la conscience du sens de ses actes et d'accomplir un rituel de façon mécanique. Une tradition du Prophète dit : « Certains jeûnent et ne récoltent de leur jeûne que soif et faim, certains prient et ne récoltent que gesticulations ». Le côté formel, institutionnel, purement extérieur prévaut alors jusqu'au point de rendre parfois la dimension spirituelle parfaitement inaccessible.
Si l'on prie Dieu en songeant à nos activités quotidiennes, nos rendez-vous, nos projets..., ce qui arrive très aisément, on est dans une pratique conforme à la lettre, mais dénuée de l'esprit même qui doit vivifier cet acte. Or, nous sommes tellement sollicités, notre attention a tellement tendance à s'éparpiller au quotidien, que la mécanique se met en place au détriment de l'intention, de l'esprit. Aujourd'hui jamais autant de personnes ne se disputent durant la journée que durant le mois de jeûne, alors que les gens doivent en principe être dans le recueillement, la solidarité, la fraternité. Où est donc l'esprit du jeûne ? Dans bon nombre de cas, privé de l'esprit qui l'anime, cela devient une simple pratique sociale. Heureusement, de nombreuses personnes profitent de cette période pour se retirer des sens extérieurs afin d'aller vers l'essence intérieure. Ce qui est la signification la plus profonde du jeûne : un retrait de l'extérieur permettant une connexion beaucoup plus profonde avec la Présence divine.
Le fait que la pratique soit privée de l'esprit n'est pas sans conséquence. Le sens de cette pratique en est complètement changé, celle-ci n'a ainsi plus rien à voir avec ce pourquoi elle a été instituée. C'est pour cette raison que des personnes ont eu pour fonction de créer des espaces au sein desquels une acuité spirituelle plus intense va être développée. Un enseignement spirituel peut y être dispensé, des pratiques comme le dhikr ou l'écoute de poésie mystique nourrissent l'âme et favorisent son rapprochement vers la Présence divine. L'amour mystique et l'ivresse spirituelle éveillent les cœurs et permettent de retrouver l'esprit qui préside à la prière, au jeûne, à l'esprit originel. On se rend alors mieux compte qu'une religion vécue dans son aspect purement extérieur et formel n'a rien à voir avec une religion vivifiée par l'esprit, nourrie par son sens originel.
Une lettre où souffle l'esprit :
Cette dialectique entre l'esprit et la lettre traverse l'histoire de toutes les religions. Parfois, des êtres incarnent la conjonction des deux. Shadhili, tout comme Ghazali, fut par exemple à la fois un grand théologien et un grand mystique. Cette conjonction a fondé la société traditionnelle musulmane. A Fès par exemple, elle se manifestait dans les corporations de métier qui pouvaient être aussi des lieux d'initiation spirituelle, comme ce fut également le cas au Moyen Orient et en Asie centrale. Souvent, le maître artisan était aussi un maître spirituel. Dans d'autres cas, aujourd'hui les plus fréquents, les artisans vont se ressourcer au sein de confréries spirituelles en dehors de leur activité professionnelle. Les affiliations se font souvent en fonction du métier, les artisans de telle corporation s'affiliant davantage à telle confrérie. Cette configuration traditionnelle, cette cohésion se nourrissait de la conjonction entre l'esprit et la lettre.
Il y eut des périodes de ruptures, dénoncées d'ailleurs pas Ghazali, caractérisées par une intolérance formaliste qui favorisa un esprit d'inquisition et considéra tout ce qui n'est pas normatif comme hétérodoxe et hérétique. Le cas d'al-Hallaj illustre ce type de périodes. Louis Massignon, orientaliste français familier des réalités de l'islam et du soufisme, a écrit une belle thèse sur ce grand soufi. Crucifié au IXe siècle de notre ère par des théologiens inquisiteurs qui le convaincront d'hérésie, alors qu'il jouissait d'une extraordinaire popularité en raison de sa profonde spiritualité. La voie initiatique d'al-Hallaj connaîtra en effet un développement jusqu'en Chine.
Situer les choses dans une perspective spirituelle permet d'éviter ce qui cause problème à notre époque : l'instrumentalisation des religions.
Le soufisme situe les choses dans leur finalité spirituelle. Si l'on perd cette finalité, la religion devient alors un instrument de pouvoir, alors qu'elle est un moyen de transformation de soi dans une finalité spirituelle.
La lettre sans l'esprit, tue !
wa salam
Se rappeler le sacrifice historique de Hussein Ibn Abu Talib
CE jeudi 17 Janvier 2008, neuvième jour de Moharram (premier mois du calendrier musulman 1429), se vivra avec ferveur par ceux qui se rappellent que le prophète de l’islam ,Sayyidina Muhammad(saw)avait une famille et que celle-ci lui a été dévouée jusqu’au bout dans la défense des valeurs universelles prônées par l’islam, comme le respect des droits humains. L’exemple du petit-fils du prophète, Hussein Ibn Abu Talib, en est une illustration des plus marquantes. Nous le rappelons ici pour être confortés dans la dénonciation des injustices quotidiennes de ce monde. Après l’assassinat d’Ali Ibn Abu Talib, successeur du prophète, l’autorité suprême fut usurpée par les Ommeyades qui avaient transformé l’État en une entreprise familiale privée exerçant un pouvoir absolu et négligeant la volonté du peuple, ignorant les limitations dans l’exercice du pouvoir et le sens de la responsabilité que l’islam a toujours prescrits.
Hussein Ibn Ali Ibn Abu Talib, petit-fils du prophète Mohammed par sa fille Fatema et fils d’Ali, connaissait parfaitement la jurisprudence de la religion fondée par son grand-père et qu’il était chargé de perpétuer contre vents et marées. Hussein était également renommé pour sa piété mais aussi pour l’importance qu’il accordait aux préceptes de l’islam, notamment en matière sociale et politique, tels qu’ils lui ont été enseignés par son grand-père et par son père Ali qui était une référence exceptionnelle en la matière.
En raison des qualités de Hussein, de son niveau élevé d’expertise en islam et parce que la règle des Ommeyades s’était transformée en violation des principes fondamentaux de l’islam (prostitutions, orgies, abus d’alcool, absence de justice, discrimination et favoritisme, monopolisation des pouvoirs, appropriation indue des biens publics...), de nombreux musulmans mécontents sont venus se joindre à Hussein, l’invitant à les mener à la révolte contre l’Ommeyade Yazid Ibn Ma’awiyah. Il faut savoir que Ma’awiyah avait en son temps tenté de renverser le père de Hussein, Ali, et qu’il n’y était parvenu qu’après l’avoir fait assassiné. Il a ensuite transmis son pouvoir à Yazid à la fin du 7ème siècle.
Yazid était un être impitoyable et traitait durement ceux qui s’opposaient à lui, particulièrement ceux de la famille d’Ali, et donc les descendants du prophète. C’était d’ailleurs le seul moyen de s’approprier un pouvoir qui ne pouvait lui revenir, n’en ayant ni la capacité ni la légitimité. Et Hussein était le symbole de tous les obstacles qui gênaient les Ommeyades s’ils voulaient perpétuer leur dictature. Hussein est devenu une menace pour ces derniers lorsque le peuple de l’Irak lui a écrit pour l’implorer de venir, lui promettant de se rassembler en masse autour de lui afin de chasser les Ommeyades de leur pays. L’Irak était aussi le territoire de son père, Ali, et les Irakiens y étaient persécutés par le gouverneur Yazid. Pour faire honneur à la parole donnée à son grand-père, conduit par sa croyance que l’islam et la tyrannie ne peuvent coexister, Hussein, dans un élan de générosité peu commun, leva le drapeau de la réforme, quitta Médine pour Kufa (Irak), accompagné d’environ 150 personnes très proches. Il a réussi, à travers son sacrifice et celui de 72 compagnons, le tour de force de révéler à la face du monde qu’on peut perdre sa vie mais préserver sa dignité et conquérir une victoire sublime dont le souvenir ne se tarira jamais dans le cœur des peuples et servira d’exemple universel.
En effet, face à une armée de 4.000 soldats bien nourris, bien armés et fortement payés, quelle chance pouvaient avoir 72 personnes affamées et assoiffées depuis des jours, seulement animées de l’innocence et de la foi en la justice ?
Les troupes de Yazid ont cerné Hussein et ses compagnons en un lieu appelé Karbala, leur bloquant l’accès à l’eau de l’Euphrate. Malgré l’absence de l’appui promis des Irakiens, ceux-là mêmes qui l’avaient appelé à leur secours, Hussein, dans un grand élan de générosité, décida de combattre jusqu’à la dernière goutte de sang contre la tyrannie. Ses compagnons, qui ont également refusé de se rendre, ont vaillamment combattu jusqu’au bout, y compris les enfants et les femmes. Ils ont été brutalement massacrés et mutilés. Quelques survivants furent expédiés à Damas. La plupart des musulmans observent cette tragédie comme une bataille symbolique de la vérité et de la justice, valeurs fondamentales de l’islam.
En effet, l’Islam engage les musulmans à se conformer au respect des droits fondamentaux en matière de participation politique et à s’impliquer dans la gestion du gouvernement selon la volonté du peuple, pour le bien-être de l’ensemble de la société.
wa salam
Quelques paroles de Sagesse de A à Z. (Quentin Ludwig)
A
ABEILLES
*Le Seigneur révéla aux abeilles: Prenez des demeures dans les montagnes, les arbres, et les treillages que [les hommes] font. Puis mangez de toute espèce de fruits, et suivez les sentires de votre Seigneur, rendus faciles pour vous. De leur ventre sort une liqueur, aux couleurs variées, dans laquelle il y a une guérison pour les gens. Il y a vraiment là une preuve pour des gens qui réfléchissent. Sourate 16 (An-Nahl - Les Abeilles), versets 68-69.
ABRAHAM
*Ô gens du Livre, pourquoi vous disputez-vous au sujet d'Abraham, alors que la Thora et l'Evangile ne sont descendus qu'après lui? Ne raisonnez-vous donc pas? Sourate 3 (Al-Imran - La famille d'Imran), verset 65.
ABROGATION
*Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu'Allah est Omnipotent? Sourate 2 (Al-Baqarah - La Vache), verset 106.
*Quiconque subsiste la mécréance à la foi s'égare certes du droit chemin. Sourate 2 (Al-Baqarah - La Vache), verset 107.
ABSENCE
*Toute absence augmente la considération. Proverbe marocain
*Ton image est dans mon oeil
Ton invocation dans ma bouche
Ta demeure dans mon coeur
Où donc peux-Tu être absent? Husein Mansour Al-Hallaj (Poèmes mystiques, 35)
ACCUSATION
*Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coup de fouet, et n'acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers. Sourate 24 (An-Nur - La Lumière), verset 4.
ACTES
*Tes actes naissent dans le creuset de ton coeur. Si celui-ci est pur ils seront purs, s'il ne l'est pas ils seront viciés. Faouzi Skalî, Paroles initiatiques soufies (p.67)
ADORATION
*Ô Seigneur! qu'est-ce que cela ferait s'il n'y avait ni Paradis ni Enfer? "On verrait qui adore réellement Dieu." Abûl-Hassan Kharaqâni (125)
ÂGE
*Le coeur d'un homme âgé ne cesse de rester jeune pour deux choses: la convoitise du bas monde et la longévité. Hadîth du Prophète rapporté par Abou Horaira (Sahih al-Bukhari, 2096)
ALLAH
*Il en est parmi les gens qui adorent Allah marginalement. S'il leur arrive un bien, ils s'en tranquilisent, et s'il leur arrive une épreuve, ils détournent leur visage, perdant ainsi (le bien) de l'ici-bas et de l'au-delà. Telle est la perte évidente! Sourate 22 (Al-Hajj - Le Pèlerinage), verset 11.
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