Le Savoir (´ilm)
20/11/2007 17:51 par momowally
Le Savoir (´ilm)
Sourate coranique XCVI 1-5 ci-dessous
Bismil'lah,
Le Prophète Muhammad (saws) a dit : « Allez chercher le Savoir jusqu'en Chine » car en effet, aucun lieu, aucune chose n'existe qui ne Lui appartienne et qui serait vide de Lui :
« Là où que vous vous tourniez est la Face de Dieu » est-il énoncé dans le Coran.
Pour tout musulman et toute musulmane, cette recherche qui nous rapproche de Sa Face est un devoir à valeur de prière.
750 versets coraniques exhortent « ceux dotés de moelle [d'esprit] » à réfléchir et à méditer. Par « Savoir » on entend donc le fruit de la Connaissance puisée en Dieu en vue de Dieu, et ce, à tous les échelons et dans tous les domaines, la connaissance métaphysique (1) étant la quintessence qui englobe nécessairement ce moins qu'est l'ensemble des savoirs.
Le premier verset qui a été révélé au Prophète illettré, n'est-il pas :
« Lis ! au nom de ton Seigneur qui crée
créa l'homme d'un accrochement
Lis ! de par ton Seigneur Toute générosité
Lui qui enseigna par le calame
Enseigna à l'homme ce que l'homme ne savait pas » ( Coran XCVI, 1-5)
Dieu est Omniscient, Unique Source de Connaissance, Lui Seul sait, Lui seul connaît l'Ecriture originelle. Il est donc notre Enseigneur, la Main qui tient le calame. Nous ne saurons que ce qu'Il veut nous donner à savoir. Et dans notre supplication : « Mon Seigneur, augmente mon Savoir » (XX, 114) nous n'obtiendrons que ce qui nous convient, selon notre capacité. Et si par une certaine dose d'ignorance, on a l'impression de connaître par nous mêmes, ce n'est qu'en raison de la connaissance initiale qui nous a été donnée : (Dieu a appris à Adam tous les Noms) (Coran II, 31)
«…. Prémunissez vous envers Dieu ! Dieu vous instruit. Dieu sait toute chose » (Coran II, 282)
Tout vient de Dieu et retourne à Dieu.
Nature et signes :
« J'étais un Trésor caché et J'ai voulu être connu, alors J'ai créé le Monde »
Par ce hadith, on comprend déjà que la finalité de la création est de découvrir Le Trésor…
Le cosmos, tel un miroir, reflète en une multitude d'images, l'Unique Réalité… Bien avant l'énonciation de l'atome par la physique nucléaire -qui n'est qu'un écho lointain de ce dont il s'agit- Mahmûd Shabestari nous donne le vertige :
«Sache que le monde tout entier est un miroir,
Dans chaque atome se trouve cent soleils flamboyants
Si tu fends le cœur d'une seul goutte d'eau,
Il en émerge cent purs océans.
Si tu examines chaque grain de poussière,
Mille Adams peuvent y être découverts…
Un univers est caché dans une graine de millet
Tout est rassemblé dans le point du présent…
De chaque point, dans sa rotation en cercle
Est tantôt un cercle, tantôt une circonférence qui tourne (2)
Prodigieuse organisation, éclosion inouïe de toutes espèces, ce macrocosme qu'est notre univers s'achève par un microcosme : curieusement, toutes les phases cosmiques sont synthétisées en l'homme ; tout ce qui constitue la nature se retrouve en lui et toujours curieusement, la transformation n'est pas que biologique. Voilà que par des capacités cognitives particulières, il va être doué d'un discernement qui va opérer une différence radicale ne faisant pas de lui un singe perfectionné (d'où le fameux chaînon manquant). D'un mental uni à la conscience va éclore la pensée dans laquelle il faut inclure la raison, la mémoire et l'imagination. La parole, l'art, la science et le rire qui en découlent, propre de l'homme, lui permettent d'agir en responsable. Il va pouvoir se rebeller -contrairement aux animaux qui suivent, sans la moindre contestation de leur part, leur vocation naturelle- en pensant, par ignorance, que ces facultés viennent de lui-même.
Qui est l'homme ?
La réponse (comme pour toutes choses) est Vérité, vérité qui illumine l'univers, l'univers conscient dans Sa Lumière, de par son origine, mais qui ne l'est pas en lui-même.
«Avant que le monde ne fut créé, lorsque aucune créature ni l'homme n'existaient,
Dieu était un Trésor caché, rien d'autre que Lui n'existait, ô roi !
Il désira être connu avec Ses attributs, donna un ordre et créa avec un kâf et un nûn (kûn = soit)
Il se fabriqua, ô roi, un miroir, et Dieu Se vit Lui-même avec Ses attributs,
L'Homme est ce miroir de Dieu, regarde-le avec intelligence ;
Celui qui est vu, c'est Dieu, Ses noms et Ses attributs,
On dirait que cette essence pure est un point ; c'est de la vitesse de son évolution que viennent les possibles…….» (3)
Achèvement sur la terre:
l'Homme reflète la nature et l'origine, à l'image de Dieu(swt) qui contient en Soi toutes les choses.
L'Univers, tout entier est l'Ecriture de Dieu(swt), Sa Révélation, un livre sacré devant lequel nous sommes tenus de rester en éveil afin d'apprendre à en déchiffrer les «signes» (ayat). La nature et l'univers donnent à voir et à connaître à celui qui peut voir.
« Il y a certes dans la création des cieux et de la terre …des signes pour ceux dotés de moelles » (SteIII, V.190)
Ainsi, par le « dans », Dieu(swt) ne nous demande pas d'observer les cieux et la terre simplement pour en constater l'existence et le mouvement, mais Il nous invite à en pousser la porte, celle qui donne au-delà du regard extérieur… « Nous leur montrerons aux horizons et en eux-mêmes, jusqu'à faire éclater que c'est bien là le Vrai » (Coran XLI, 53)
Le Cosmos est Le Miracle, révélation du divin, expression grandiose de l'Unique ; son étude est approche et connaissance de Dieu et non conquête.
L'Univers est Vérité :
« N'as-tu pas considéré que Dieu a créé les cieux et la terre dans le Vrai ? » (Coran XIV, 19)
Au-delà de la nature changeante et mouvante est La Réalité. Dieu est présent en toutes choses (sans localisation), même dans le plus petit atome. C'est par cette présence Seigneuriale qu'est célébrée la Grandeur et la Toute puissance créatrice :
« Il n'est pas d'atome dans les cieux ou sur terre, qu'il s'agisse d'un minéral, d'une plante, d'un animal ou d'un globe céleste, qui ne doit son mouvement à Dieu. Il est dans chaque mouvement, une, deux, dix, voire mille sagesses témoignant de l'unicité de Dieu et mettant en évidence Sa Majesté et Sa grandeur. Ce sont des signes qui témoignent de Son Etre » (4)
et de Sa Perfection :
« Tu ne vois, en la création du Bienfaiteur, nulle inégalité. Ramène sur elle ta vue ! Y vois-tu quelques faille ? » (LXVII, 3)
« Par deux fois encore, ramène ta vue sur elle : ta vue reviendra vers toi, lassée, épuisée sans avoir découvert de défaut » (SteLXVII, V.4)
«Ce n'est pas par divertissement que Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux. Nous ne les avons créés qu'en toute vérité. Mais la plupart d'entre eux ne savent pas »
« Procède des signes de Dieu, l'homme créé d'une semence.. il y a en toi une infinité de merveilles […] regarde comment Dieu, d'une goutte de sperme, a créé le nouveau-né, l'a nourri du sang maternel, jusqu'à la plénitude de son développement […]Dieu a doté l'homme de deux yeux dont Il a ordonné les couches, bien fait l'image, la couleur et l'aspect. Il les a protégés par des paupières qui repoussent les saletés. Puis, dans l'espace de leurs lentilles (cornéennes), il a fait apparaître l'image des immenses cieux…cet homme, fait d'eau de pluie, de sources, de rivières, laquelle tient en solution des proportions définies de sels minéraux dont l'origine se trouve dans le sol et constitue le substratum des cellules du sang. Comme la terre et l'eau de mer, elle contient du sodium, du potassium, du magnésium, du calcium, du fer, du cuivre. Le manganèse, le zinc, les matières azotés, les graisses, les sucres, les sels et le vitamines nous sont fournis par les animaux, le lait, les plantes, les céréales, etc… Les éléments chimiques qui entrent dans la composition du corps sont identiques à ceux qui composent le soleil, la lune ou les étoiles, témoignant de l'unité de la création.
« Il te faut après méditer sur la terre », notre planète qui retient autour d'elle une atmosphère assez épaisse pour permettre aux vivants d'obtenir, même en altitude l'oxygène indispensable à la respiration. C'est cette même atmosphère qui protège les plantes et les animaux contre l'action nocive des rayons solaires et du froid. Sur Jupiter, nous serions immobilisés par un poids trop lourd, sur la lune, nous serions trop légers. Notre terre qui est notre séjour et notre vêture ; quand elle est « inerte et sans vie, Dieu fait descendre sur elle l'eau, et la voilà qui se soulève et augmente de volume, verdoie et fait germer toutes sortes de couples de végétaux. De son sein sort étalement des variétés d'être animés […] penses-tu que l'araignée a appris son métier ou s'est formée elle-même ou qu'un humain le lui a appris ou qu'elle n'a ni guide ni maître ? Gloire à Celui dont la science embrasse toute chose, sans réflexion, méditation ou assistance…Il ne reste plus aux créatures que de se soumettre à Sa contrainte, de confesser leur incapacité à cerner Sa Grandeur […] Parmi Ses Signes, il y a les mers profondes qui entourent les continents du globe…Comparées à l'eau, vallées, montagnes et terres représentent une petite île dans un océan immense […] Plus étonnant encore est comment Dieu fait tomber l'eau, la chose la plus apparent qui soit. C'est un corps fluide, courant et transparent. Ses éléments sont liés les uns aux autres comme si c'était une seule chose. C'est un composé qui peut être scindé comme si ses éléments étaient détachés les uns des autres, maniables, disposés à se séparer et à se joindre. Sans eau, rien ne peut exister sur terre… Pour obtenir une gorgée d'eau qui lui serait refusée, le serviteur céderait tous les trésors de la terre s'il les possédait. Et si désaltéré, il éprouvait le besoin de l'évacuer, mais ne le pouvait, il céderait tous les biens du bas onde pour être en mesure de le faire…Tout cela constitue autant de témoignages et de signes exprimant la Majesté de leur Créateur, la plénitude de Sa sagesse, et appelant, de leurs mélodies, les gens aux cœurs éveillés et les doués de raison : Ne nous voyez-vous pas ? […] N'avez-vous pas honte d'affirmer, à la vue d'un mot de trois lettres, que celui-ci procède d'un humain, savant, capable et doué de volonté et de parole et de ne pas voir la Majesté de l'Artisan lorsque vous regardez les lignes divines merveilleuses de nos visages que trace la plume divine dont le regard ne peut saisir ni l'être, ni le mouvement, ni le contact avec le lieu de l'écriture ? »
« Parmi les signes de Dieu(swt), il y a les perles enfouies dans les montagnes et les richesses minières extraites de la terre.
Dans la terre, il y a une variété de terrains adjacents. Regarde comment les perles précieuses, ainsi que l'or, l'argent, la turquoise, le rubis, etc., sont tirés des montagnes. Certains sont forgeables comme l'or, l'argent, le cuivre, le plomb et le fer, tandis que d'autres, la turquoise, le rubis, ne le sont pas. Considère comment Dieu a inspiré aux gens de les extraire, les épurer et, partant, les utiliser comme ustensiles, outils, monnaie et bijoux.
Puis, regarde les minerais de la terre tels que le pétrole, le soufre, le goudron, etc… Le moins précieux est le sel qui n'est utile que pour la cuisson des aliments. Pourtant, si une bourgade vient à en manquer, c'est sa ruine assurée! Considère la Miséricorde de Dieu qui a rendu certaines terres salines pour que tu puisses assaisonner ta nourriture et ainsi te réjouir.
« Lève à présent ton regard vers le ciel. Considère ses astres : leurs rotations…tous suivent des phases ordonnées…Médite sur leur nombre…Considère leurs formes. Il n'est pas de forme terrestre qui n'ait son pareil dans le ciel […] puis regarde l'évolution du soleil dans son orbite. Il se lève et se couche tous les jours suivant un autre processus auquel Dieu l'a soumis.. Considère la rapidité du mouvement de ces astres. Tu ne perçois pas leur déplacement, encore moins leur vitesse… »
« Il est étonnant qu'entrant dans une maison luxueuse…tu ne cesses de t'en émerveiller. Or depuis toujours tu regardes cette immense demeure, son sol, sa voûte, son air, ses objets merveilleux, ses sculptures magnifiques, sans jamais t'émouvoir ou de ton cœur les considérer ! Que représente cette maison dont tu t'étonnes, devant cette demeure dont elle fait partie et qui est même la plus insignifiante partie de cette autre demeure qu'est l'Univers » (5)
De la méditation, va émerger la lumière de la connaissance. « C'est l'exemple de la pierre que l'on frappe contre le fer : de ce contact, se dégage un feu qui donne de la lumière… Lumière qui change le coeur et le fait pencher vers ce qui lui était jusqu'alors inconnu, de la même façon que la vue saisit, du fait de la lumière du feu, ce qui avant, lui échappait. Par conséquent, les membres se mettent à l'oeuvre pour répondre au nouvel état du coeur comme se lève au travail celui qui, avant le retour de la lumière, était immobilisé."
C'est par ce travail que la connaissance obtenue dans ce monde-ci va se parfaire et atteindre le dévoilement et la clarté totale et se transformer en vision, de même que l'image vue ne diffère de ce qui est imaginé que par un plus grand dévoilement. Dieu dit : « Leur lumière rayonnant au-devant d'eux et à leur droite », ils diront : « Seigneur, parfais-nous notre lumière et pardonne-nous : Tu es Tout-Puissant ».
« La connaissance est la semence qui se transforme dans l'au-delà en contemplation comme le noyau se transforme en arbre et le grain en blé. Comment celui qui n'a pas planté de noyau dans le sol pourra-t-il obtenir des palmiers ? Et comment celui qui n'a pas semé des grains pourra-t-il moissonner le blé ? Et comment celui qui ne connaît pas Dieu en ce monde pourra-t-il Le voir dans l'au-delà ? Et comme la connaissance est à différents degrés, la révélation l'est aussi. La diversité des révélations par rapport à celle des connaissances est pareille à celle de l'herbe par rapport à la diversité qui existe dans les semences. Elles diffèrent toutes par l'abondance ou la rareté, la puissance ou la faiblesse. […]
Il ne sera donné à l'homme dans l'au-delà que ce qu'il emportera du monde, il ne moissonnera que ce qu'il a semé, il ne ressuscitera que comme il est mort et il mourra comme il a vécu. Ce qu'il emportera comme connaissance est uniquement ce dont il jouira. Cependant, cette connaissance se transformera en contemplation grâce au lever du voile et le plaisir en sera plus fort. De même l'amoureux éprouve un plus grand plaisir lorsqu'il passe de l'imagination de l'être aimé à sa vue. La beauté du paradis est que chacun y trouve ce qu'il désire. Celui qui ne désire que la rencontre de Dieu ne trouvera de plaisir que dans cette rencontre…Donc, le plaisir du paradis est proportionnel à l'amour de Dieu et l'amour de Dieu est proportionnel à la connaissance qu'on en a.
La base du bonheur est la Connaissance que la loi religieuse exprime par la foi… Sache que le mépris du plaisir de la connaissance provient d'une absence de connaissance. Comment celui qui n'a aucune connaissance peut-il en concevoir le plaisir ? […].
Suppose un amoureux dont l'amour est faible qui contemple de loin et de derrière un rideau fin, l'objet de son amour dont l'image ne se livre pas clairement à lui. Et imagine que des scorpions viennent à ce moment-là le piquer. Il ne manquera pas quand même d'éprouver un certain plaisir à la vue de l'être aimé. Imagine encore que le rideau soit subitement déchiré, que la lumière vienne et qu'il ne souffre plus de la piqûre du scorpion. Le désir montera en lui jusqu'à l'extrême limite. Son plaisir augmentera tellement qu'il ne restera plus de traces de celui qu'il ressentait auparavant. Ainsi tu dois comprendre de la même sorte le rapport entre le plaisir de la vue et celui de la connaissance. Le rideau fin est ici pareil au corps et à ses besoins ; les scorpions sont les désirs et les sentiments qui dominent et préoccupent l'homme : la faim, la soif, la colère et la tristesse. Le désir faible est le symbole de la déficience de l'âme en ce monde, de son manque de désir du Tout-Puissant et de sa tendance à aller toujours vers le bas…..
La connaissance est pareille à une semence ….Or, cette semence ne peut être obtenue que dans ce monde et elle ne peut être semée qu'en plein cœur…… » (6)
_______________________
(1) La connaissance métaphysique, c'est l'Intellect qui fait un avec La Lumière : elle est au mental ce que la lumière du Soleil est à la lune. « Par le Soleil et son éclat ! Par la lune quand elle le suit » (Coran 91, 1-2)
(2)Anthologie du soufisme p 290 Eva de Vitray-Meyerovitch
(3) Rûmi
(4) Le livre de la méditation de Abû Hâmid Al-Ghazzâli p. 67 Editions Maison d'Ennour, Paris.
(5) op. cité
(6) Al-Ghazzâli « L'apaisement du cœur », Editions Al Bouraq
Voici une récitation que j'ai apprise pendant mes classes primaires, précisement en classe de CE2 !
c'est un souvenir d'enfance !
Et on la disait ,les bras croisés devant les autres élèves,
à haute et intelligible voix !
Récitation : A MA MERE ! Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux, En nous baisant au front, tu nous appelais fous, Après avoir maudit nos courses vagabondes.
Puis, comme un vent d'été confond les fraîches ondes, De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux, Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux, Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.
Et pendant bien longtemps, nous restions là ,blottis, Heureux, et tu disais parfois : «ô chers petits ! Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !»
Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux, Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.»
Théodore de Banville Quel beau texte ! J'ai des larmes aux yeux !
« Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,

Il y avait dans un village un vieil homme très pauvre, que les rois eux-mêmes jalousaient car il possédait un magnifique cheval blanc. Ils lui proposaient des sommes fabuleuses pour ce cheval, mais l'homme refusait systématiquement :
"Ce cheval n'est pas un cheval pour moi, disait-il, c'est une personne. Et comment pouvez-vous vendre une personne, un ami ?"
Il était pauvre, mais jamais il ne vendit son beau cheval. Un matin, il s'aperçut que le cheval n'était plus dans son écurie. Tous les villageois se rassemblèrent et s'exclamèrent :
"Pauvre fou de vieillard ! Nous savions qu'un jour ce cheval serait volé. Il aurait mieux valu le vendre. Quel malheur ! "
Le vieillard répondit :
"N'allez pas si loin. Dites simplement que le cheval n'est pas dans l'écurie. Ceci est un fait, tout le reste est un jugement. Je ne sais si c'est un malheur ou une bénédiction, car ce n'est qu'un fragment. Qui sait ce qui va suivre ? "
Les gens se moquèrent de lui. Ils avaient toujours pensé qu'il était un peu fou. Mais quinze jours après, une nuit, le cheval revint. Il n'avait pas été volé, il s'était simplement échappé. Il ramenait avec lui une douzaine de
chevaux sauvages ! Les gens s'assemblèrent à nouveau :
"Vieil homme, tu avais raison, dirent-ils, ce n'était pas un malheur. En réalité, cela s'est avéré être une bénédiction. "
Le vieillard répondit :
"De nouveau, vous allez trop loin. Dites simplement que le cheval est de retour. Qui sait si c'est une bénédiction ou non ? Ce n'est qu'un fragment de la vie. Vous lisez un seul mot dans une phrase - comment pouvez-vous juger du livre tout entier ? "
Cette fois, ils ne purent ajouter grand-chose, mais en eux-mêmes ils savaient qu'il avait tort. Douze magnifiques chevaux étaient arrivés !... Le vieil homme avait un fils unique qui commença à dresser les chevaux
sauvages. Une semaine tout juste après, il tomba de cheval et se brisa les jambes. A nouveau les gens se réunirent et, à nouveau, ils jugèrent :
"Tu avais encore raison, c'était un malheur !
dirent-ils. Ton fils unique a perdu l'usage de ses jambes, et il était le seul soutien de ta vieillesse. Maintenant, te voilà plus pauvre que jamais. "
"Vous êtes obsédés par le jugement, répondit le vieil homme. N'allez pas si loin. Dites seulement que mon fils s'est brisé les jambes. Personne ne sait si c'est un malheur ou une bénédiction. La vie vient par fragments et vous ne pouvez tout connaître à l'avance".
Quelques semaines plus tard, il advint que le pays entra en guerre et tous les jeunes gens de la ville furent réquisitionnés de force par l'armée. Seul le fils du vieil homme ne fut pas pris, car il était infirme. La ville
entière se lamentait et pleurait : c'était une guerre perdue d'avance et tous savaient que la plupart des jeunes gens ne reviendraient jamais. Ils se rendirent auprès du vieil homme :
"Tu avais raison, reconnurent-ils, cet accident s'est avéré être une bénédiction pour toi. Il se peut que ton fils soit infirme, mais il estencore avec toi. Nos fils, eux, sont partis pour toujours."
Le vieil homme dit encore :
"Vous continuez à juger sans cesse. Personne ne sait ! Bornez-vous à dire que vos fils ont été contraints d'entrer à l'armée et que mon fils ne l'a pas été. Seul Dieu, le Tout Puissant, sait s'il s'agit d'une bénédiction ou d'un malheur."
NB: récit dont je suis pas l'auteur
MORALE:
Nous sommes ici, dans ce bas monde, pour être testés par de nombreuses épreuves. ALLAH (soubhanou wa taala) nous a montré la voie et IL n'est aucunement injuste envers SES créatures HACHAH!! Au contraire, le meilleur des modes de vie est à notre disposition et seul ceux qui ne veulent pas le paradis ne l'atteindront pas... ils l'ont refusé!
Enfin, mes frères et soeurs fillah l'épreuve est un bienfait : patience et confiance absolue en Dieu doivent être notre quotidien car LUI seul connait l'avenir et notre interêt!
El Mawlana azzawajal nous dit dans le Coran:
"Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien."
"Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et annonce la bonne nouvelle aux endurants qui disent lorsqu'un malheur les atteint "Nous sommes à ALLAH et c'est à lui que nous retournerons !" Sourate: La vache
Rassoul ALLAH, aleyi afdal el salat wa salam a dit:
" Sois attentif envers ALLAH tu Le trouveras devant toi. Rappelles toi de LUI dans l'aisance, Il se rappellera de toi dans l'adversité. Sache que ce qui t'a manqué ne pouvait t'être destiné et que ce qui t'a atteind ne pouvait te manquer. Sache que la victoire accompagne l'endurance, que le soulagement arrive après l'affliction comme la facilité après la difficulté"
Hadith rapporté par At-Thirmidi
Abû Sa'îd et Abû Hurayra rapportent ces paroles du Prophète - sur lui la grâce et la paix - :
"Tous les maux qui affligent le musulman qu'il s'agisse de fatigue, de maladie, de soucis, de tristesse, de préjudices, d'afflictions (de tout ordre) jusqu'à l'épine qui le blesse sont autant de motifs que Dieu allègue pour absoudre ses péchés."
Le prophète, aleyi al salat wa salam, a dit:
« Le croyant est sans cesse éprouvé dans sa personne,dans sa progéniture et dans ses biens jusqu'à ce qu’il se rende à Dieu, exempt de toute faute ». Rapporté par At-Thirmidi « Ce que l’affaire du Croyant est étonnante ! Son affaire ne comporte (pour lui) que du bien, et cette faveur n’appartient qu’au Croyant : s’il est l’objet d’un rapporté par Mouslim
Selon Souhayb Ibn Sinan,Que Dieu l'agrée, le Messager de Dieu, Paix et bénediction soient sur lui a dit :
événement heureux, il remercie Dieu et c’est là pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est là encore pour lui une bonne chose ».
Le voyage de la vie
Carte d'identité
Nom : L'être humain descendant d'ADAM et EVE.
Nationalité : Originaire de l'argile boueuse :
« Quand ton Seigneur dit aux Anges: "Je vais créer d'argile un être Humain" » (Coran 38 : 71)
Adresse : Un domicile éphémère sur la planète terre :
« Nous vous avons établi sur la terre ; Nous vous y avons donné des moyen de vivre. Comme vous êtes peu reconnaissants ! »
(Coran 7 : 10)
Lieu de départ : Quelque part en ce bas monde :
« . et personne ne sait dans quelle terre (lieu) il mourra Certes Allah est Omniscient et Parfaitement Connaisseur » (Coran 31:34)
Heure de départ :
« . le jour où ils entendront le Cri pour de vrais. Voilà le jour de la résurrection» (Coran 50 : 42).
« Oui, la science de l'heure est auprès d'Allah. » (Coran 31 : 34)
Lieu D'arrivée : La demeure éternelle de l'au-delà :
« . et l'on se présentera devant Allah, l'Unique, le Dominateur suprême. » (Coran 14 : 4)
Heure d'arrivée :
« Ce jour-là donc, les excuses ne seront pas utiles aux injustes Et on ne leur demandera pas à chercher à plaire à Allah. » (Coran 30 : 57)
Bagage permis à emporter :
- Plus ou moins 5 mètres de tissu blanc (linceul) et parfois une caisse en bois.
- Les bonnes oeuvres (Ste16 : V.97)
et les actes d'adoration (Ste4 ;V.103),
de piété (Ste49;V.13)
et de soumission (Ste2,V.112)
- Les prières des enfants vertueux et leurs demandes d'absolution (Ste2;V.274)
- Une réalisation ou une découverte scientifique, bénéfique et utile aux gens(Ste20;V.114)
NB : Il ne vous est permis aucun sou, aucune carte de banque ou carte de crédit, aucun bijou, aucune recommandation aucun titre de noblesse. bref, aucun bien terrestre.
Tous ces bien profanes ne pourront vous être utiles, ni vous secourir, ni intercéder en votre faveur auprès du Tout-Puissant.
Bien au contraire, ils vont vous accabler et vous porter préjudice puisque vous aurez à en justifiez l'acquisition et l'utilisation.
SEUL LE SURPLUS DE POIDS EN BONNES ACTIONS EST AUTORISE !
Conditions pour bien réussir ce voyage :
Pour le voyageur; il est strictement recommandé de suivre les indications du Coran ainsi que les actes et paroles prophétiques
(Sounna), à savoir :
- La crainte (16 : 128), l'amour (2 : 165), l'obéissance (8 : 20) et le rappel constant d'Allah.
- Aimer et croire à tous ses Messagers, depuis Adam jusqu'à Mohammed Sallallahou 'Alayhi wa salam - que la Paix et le Salut soient sur lui - et s'en tenir surtout à l'exemple et à la tradition de son ultime et dernier Messager Mohammed Sallallahou 'Alayhi wa salam - que la Paix et le Salut soient sur lui -
- Pratiquer et ordonner le bien, la vertu et le convenable (Ste3 ;V.104)
- Abandonné et interdire le répréhensible et l'illicite par crainte et par amour pour Allah Azawajal (Ste23;V.96)
- Pratiquer scrupuleusement « l'obligatoire » et multiplier les actes surérogatoires (Ste5;V.1)
- La pensée continue de la mort (Ste2;V.156),
-le repentir et la demande incessante de rémission des péchés (Ste39;V.53.)
- La bonté, le respect et l'obéissance vis-à-vis de ses « mère et père » (Ste31;V.14)
- La nourriture, les boissons et les vêtements doivent être licites de par leur nature et de par leur acquisition.
- Faire preuve d'honnêteté, d'altruisme, de modestie, d'ascétisme, de pudeur, d'équité, de tolérance, de respect et de bienveillance envers le voisin et son prochain. :
« ., très certainement Nous paierons leur salaire en fonction des plus belles actions. » (Coran 16 : 96)
EVITER : - L'hypocrisie, la duperie et l'ostentation dans le discours et dans l'action,
- La perversité en privé comme en public,
- La cupidité, la prétention, l'orgueil.,
- Les grossièretés et les obscénités du langage et le dévergondage.
« Dis : Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 3 : 31)
Prenez garde ! L'ultime demeure sera soit le PARADIS, soit l'ENFER!!!
Choisissez, vous-même, en toute liberté, votre destination, bien avant l'heure de départ !
Pour plus de renseignements, veuillez vous référer au Coran et à la Sounna.
Puisse Allah nous bénir et guidez nos pas, Amine.
BON VOYAGE
AGENCE :
« Rappel ! Car le rappel est bénéfique aux croyants » (Coran 51 : 55)
« Et voilà mon chemin dans toute sa rectitude, Suivez-le donc ; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie. Voilà ce qu'il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété » (Coran 6;V.153)
Que Dieu vous garde !... AMINE
Voici l’histoire de deux frères qui s’aimaient beaucoup et vivaient en parfaite harmonie dans leur ferme.
Jusqu’au jour où, un conflit éclata entre eux.
Les deux frères vivaient du travail de leurs champs. Ils cultivaient ensemble et récoltaient ensemble. Ils avaient tout en commun.
Tout commença par un malheureux malentendu entre eux.
Mais peu à peu, le fossé se creusa jusqu’au jour où il y eut une vive discussion entre eux.
Puis un silence douloureux qui dura plusieurs semaines. 
Un jour quelqu’un frappe à la porte du frère aîné. C’était un homme à tout faire qui cherchait du travail; quelques reparations à faire.
«Oui, lui répondit-il, j’ai du travail pour toi ! Tu vois, de l’autre côté du ruisseau vit mon petit frère. Il y a quelques semaines il m’a offensé gravement et nos rapports se sont brisés. Je vais lui montrer que je peux aussi me venger. Tu vois ces pierres à côté de ma maison? Je voudrais que tu en construises un mur de deux métres de haut, car je ne veux plus le voir.» 


L’homme répondit:
«Je crois que je comprends la situation ! »
L’homme aida son visiteur à réunir tout le material de travail puis il partit en voyage le laissant seul pendant toute une semaine.
Quelques jours plus tard, lorsqu’il revint de la ville, l’homme à tout faire avait déjà terminé son travail.
Mais quelle surprise! Le grand frère fut totalement bouleversé.
Au lieu d’un mur de deux mètres de haut, il avait plutôt construit un magnifique pont ! 

Précisément à ce moment, le petit frère sortit de sa maison et courut vers le grand frère en s’exclamant:
«Tu es vraiment formidable! Construire un pont après ce que je t’ai fait! Je suis fier de toi ! »
Pendant que les deux frères fêtaient leur réconciliation, l’homme à tout faire ramassa ses outils pour partir.
«Non attends! Lui dirent-ils. Il y a ici du travail pour toi ! »
Mais il répondit: «Je voudrais bien rester, mais j’ai encore d’autres ponts à construire ! »

Soyons des constructeurs de ponts entre les hommes et nous saurons les réconcilier bi idnillah

Dans une salle de classe d'une école islamique, le professeur lance un défi à ses élèves :
«Qui d'entre vous est capable de trouver une cachette ?»
Les élèves, amusés, relèvent le défi en pensant à la simplicité de la tâche. Mais le professeur précise un point essentiel à cette épreuve :
«Il y a une condition : Cette cachette ne devra être découverte par personne.»
Les élèves ne se laissent pas perturber pour autant et assurent qu'ils réussiront à trouver une cachette à l'abri de tout regard.
Quelque temps après, les élèves reviennent les uns après les autres, certifiant avoir bien trouvé une cachette... sauf un petit garçon qui arrive en pleurs.
Le professeur lui demande alors la raison de ces pleurs, et le petit garçon répond :
«Je n'ai pas pu relever le défi :
S'il s'agit de trouver une cachette, j'en ai trouvé plusieurs, mais à chaque fois que je me souvenais de la condition à respecter, je me disais que cette cachette est impossible à découvrir, car je sais qu'il y a toujours une présence.»
«Une présence ? Mais quelle présence ?» interroge le professeur.
L'élève éclata en sanglots et dit : «Allah ! ! Comment faire pour me cacher d'Allah ? Lui Qui voit et entend tout !»
Le professeur lui demanda de sécher ses larmes et le félicita car c'est exactement ce qu'il attendait de ses élèves.
En effet, cet enfant avait atteint ce qu'on appelle : «L'excellence du comportement!» (al-ihsane) qui consiste à adorer Allah comme si on Le voyait, car si on le voit pas, Allah, Lui nous voit. Cet enfant avait toujours à l'esprit le verset 7 de la sourate 58, (Al-Moujâdala), La discussion :
« Ne vois-tu pas qu'Allah(swt) sait ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Pas de conversation secrète entre trois sans qu'Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq sans qu'Il n'y ne soit leur sixième, ni moins ni plus que cela sans qu'Il ne soit avec eux, là où ils se trouvent. Ensuite, Il les informera, au Jour de la Résurrection, de ce qu'ils faisaient, car Allah(swt) est Omniscient. »
Ainsi, si nous avions toujours en tête ce verset, nous éviterions de commettre des péchés.

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Commentaire ~ Baraka
Tout près du Temen, dans la ville de Darvan, vivait un homme plein de générosité, de bonté, de maturité et de raison. Sa demeure était le rendez-vous des démunis, des pauvres et des mélancoliques.
Il avait pour coutume de leur distribuer le dixième de ses récoltes.
Quand le blé devenait farine et qu'on en faisait du pain, il en distribuait un dixième. Quelle que soit la nature de sa récolte, il faisait ainsi, quatre fois l'an, semblable distribution. Un jour, il donna ces conseils à ses enfants:
"Lorsque je serai mort, perpétuez cette tradition afin que la baraka soit sur votre récolte. Le fruit d'une récolte provient de l'inconnu car c'est Dieu qui nous le fournit. Si vous disposez convenablement de Ses largesses, la porte du profit s'ouvrira pour vous. Ainsi font les paysans qui sèment sans plus attendre une partie de leur récolte. Il peut arriver que ce qui est semé soit plus important en quantité que le reliquat. Qu'importe! Ils ont confiance! De même, le cordonnier se prive de tout pour acheter des peaux, car c'est là la source de son revenu. Mais la terre ou le cuir ne sont en faits que des voiles. Et la véritable source de gain, c'est ce que Dieu nous offre. Si vous restituez vos gains à la source, vous récupérez votre mise au centuple. Imaginez que vous ayez placé vos gains à l'endroit ou vous supposez que se trouve leur source et que rien ne pousse pendant deux ou trois ans. Il ne vous reste plus qu'à implorer Dieu.
"N'oubliez pas: c'est Lui qui nous procure joie et ivresse, pas le vin ni le haschisch. Aucune aide véritable ne nous viendra de vos oncles, de vos frères, de votre père ou de vos enfants. Sachez-le: un jour viendra ou ils s'éloigneront de vous et vos amis deviendront vos ennemis. Pendant toute votre vie, ils n'auront fait que barrer votre chemin ainsi que des idoles.
"Si un ami s'éloigne de toi avec rancune, jalousie ou colère, ne t'en attriste pas. Bien au contraire, fais des aumônes et rends grâce à Dieu car c'est par ignorance que tu étais attaché à cet ami. Mais maintenant, tu t'es dégagé de ses filets. Cherche donc un véritable ami. Le véritable ami est celui dont l'amitié ne se laisse refroidir par rien, même pas la mort.
"N'oubliez pas ceci: semez votre graine sur la terre de Dieu afin que votre récolte soit à l'abri des voleurs et des calamités. A tout moment, le diable nous menace de pauvreté. Ne lui servons pas de gibier. Au contraire, donnons-lui la chasse car il n'est pas digne que le faucon du sultan soit pris en chasse par une perdrix."
Mais ce sage semait la graine de la sagesse sur un terrain aride.(...) C'est ainsi que hypnotisés par l'idée de sacrifier un dixième de leurs gains, bien des hommes oublient la baraka qu'ils obtiendraient en agissant ainsi.
Extrait du livre :"Le Mesnevi" Par Djalal al-Din Rumi (l207-1273)
Né à Taïba-Niassène dans l'actuelle région du Sine-Saloum en octobre 1900 et décédé à Londre le 26 juillet 1975, Ibrahim Niasse(raa)
est le fils d' Abdoulaye Niasse
(raa)(1844-1922). Communément appelé Baye Niass, il est né au Sénégal et y a vécu pendant toute son enfance.
La position stratégique de Kaolack et les relations tissées et entretenues par son père avec les lettrés du Sénégal , de la Mauritanie et l'Afrique du nord ont fait de sa maison paternelle un endroit privilégié,idéal où le jeune Ibrahim étudie non seulement les science religieuses,l'exégèse du Qur'ane, la jurisprudence,la théologie,la grammaire arabe,la rhétorique, le métrique, la biographie du Prophète (saw), etc... mais également ,il cultiva et développa intensivement un goût prononcé pour le mysticisme musulman.
Donc, à cette époque, la concession familiale était un lieu de rendez-vous,de rencontres où se brassaient en permanence la connaissance des sciences islamiques, la culture sous ses différentes formes et le contact avec des doctes venus d'horizons divers pour parfaire leur savoir et leur sagesse. A la mort de son père,Cheikh El Hajj Abdullah Niass(raa) en 1922, son frère aîné Mouhammad Niass (Khalifa)(raa) prit en charge la communauté des "Niassènes".En cette période, le jeune Ibrahima enseignait dans les écoles coraniques de son père de Taïba-Niassène, Kossi et Kaolack.
Son érudition et sa piété lui attirèrent très vite de nombreux adeptes.
Son premier ouvrage:« rûh al adab »fut écrit à l'âge de 21 ans , ainsi que son fameux «kâshif al ilbas » ,en 1930 (Traité fondamental du Soufisme et de la Voie Tijaniyya), témoignent de ses connaissances ésotériques acquises très tôt !
Dès 1930, il se proclama héritier spirituel de Cheikh Ahmadat' Tijânî Hassani Chérif(raa) et obtint l'allégeance massive des disciples de son père ainsi que celle de nombreux cheikhs Maures qu'il initia à la tarbiyya (initiation mystique) dont le but est de parvenir à la ma'arifa (gnose) qui est la marque la spécifique de sa branche Tijaniyya. Toutefois son audience resta limitée jusqu'en 1937, année où il effectua son premier pélérinage à la Mecque
Cursus
Baye Niass(raa), pour la première fois, quitta le Sénégal en 1937 ,en vue d'effectuer le Hadj(le pèlerinage à la Mecque :1936-1937). Et il n'a connu comme maître unique (il aimait à le rappeler,d'ailleurs avec insistance) qu'El Hadji Abdoulaye Niass(raa), son père. Il passa vingt et un ans (21) avec lui dans une atmosphère de ferveur religieuse,d'amour,de partage, de passion pour le savoir et la sagesse et de vie de travaux champêtres pour une subsistance honnête qui caractérise les milieux des doctes musulmans.
Cheikh Ibrahima Niass(radiyallâhu ta'ala ane-hu) reçut donc le wird de son père El Hadji Abdoulaye Niass(raa), qui l'avait reçu d'un successeur d'El hadji Oumar al Foutiyou TALL , nommé Mamadou Diallo(raa) : Cheikh Abdullah Niass(raa) avait informé celui-ci du désir de plusieurs de ses fidèles à entrer dans la voie Tijaniyya.C'est ainsi qu'il reçut le pouvoir de nommer un nombre déterminé de muqaddam (lieutenants). Il était(Abdullah Niass(raa)) un muqaddam muqyyad qui ne pouvait nommer un nombre illimité de lieutenants.
Au retour de son pèlerinage à la Mecque, il se rendit à Fez au Maroc et y rencontra Sidi Mouhammad Abdallawi(raa) qui lui ouvrit les grandes portes de la Tariqatou Tijaniyya : il eut des liens directs avec la zawiya de Fez, fit renouveler l'autorisation de former lui-même ses muqaddams et fût reconnu comme khalifa (représentant).
El Hadji Abdoulaye Niass(raa) est le premier sénégalais titulaire de la "ijâza mutlaqi" ou le summum des licences dans la Tariqatou Tijaniyya.
C'est justement ,à son retour de son voyage de Fez qu'El Hadji Abdoulaye Niass(raa) remit à Cheikh El Hadji Malick Sy(raa) sa nomination (toujours la idjâza mutlaqa) qu'il lui ramena de Fez.
En effet, Cheikh El Hadj Malick Sy(raa), empêché, avait remis une lettre de demande de « ijâza mutlaqa » ,à Cheikh Abdoulaye Niass(raa) à l'intention des maîtres de la zawiya de Fès, dans laquelle il sollicitait cette consécration.Sur le chemin du retour de fès(Maroc), Cheikh El Hajj Abdullah Niass(raa)s'arrêta à Tivaouane,remis la dite «ijâza mutlaqa »à Cheikh El Hajj Malick Sy qui l'accueilla en hôte pendant plusieurs mois .Au nom de cette bonne et vieille amitié et en tant que des frères spirituels,Malick Sy(raa)plaida sa cause auprès de l'autorité coloniale.Ainsi, El Hajji Abdoulaye Niass(raa) vint s'installer à Kaolack en 1910 et fonda le quartier Léona.
A la mort de ces deux géants en juillet 1922, leurs fils ont poursuivi leurs solides relations de fraternité dans la voie de Cheikh Ahmad Tijânî (raa).
Il vécut avec une rare complétude de l'acceptation de l'égalité primordiale des hommes. C'est sans doute ce trait de caractère qui explique la sincérité et la diversité des relations qu'il a entretenues pendant toute sa vie avec tout le monde
Le civil :
Quand on s'interroge sur la vie de Chaykh Ibrahima Niass (raa) et que l'on s'arrête sur le temps qu'il a passé avec ses concitoyens, on peut se rendre compte du dynamisme qui a marqué ses relations avec son peuple. Il a pleinement vécu et assumé son appartenance au peuple sénégalais au point que, lors d'une entrevue avec le Président Léopold Sédar Senghor, ce dernier résuma par une formule heureuse l'appréciation qu'il avait de l'action de Baye Niass(raa) : «en vérité, vous êtes l'ambassadeur du Sénégal auprès du monde! »
En tant que citoyen sénégalais, la haute idée qu'il se faisait de son appartenance à la nation lui a fait dire que le moyen le plus sûr pour un homme de servir son pays et de garantir son civisme, est de faire en sorte que nul n'ait des préjugés sur lui ni une mauvaise appréhension sur sa conduite afin que l'image de son pays n'en soit pas injustement entachée.
Il ne se limitait pas aux seules pratiques cultuelles et à leurs enseignements. Il s'était également impliqué dans les affaires touchant de près les populations. Son grand intérêt pour l'amélioration des conditions de vie des sénégalais, explique sans doute ses relations avec les milieux d'affaires. Il a été le président du syndicat des coopératives du Sénégal dans les années 50. En outre, il était bien souvent sollicité par des associations de parents d'élèves, de commerçants pour mener à bien des tâches ardues...
Et l'on se rappelle encore la solennité des réceptions qu'il réservait annuellement aux pèlerins qui revenaient de la Mecque et durant lesquelles il ne manquait jamais de rappeler aux musulmans l'importance du Hajj et par la même occasion inviter ceux qui avaient les moyens de s'en acquitter.
On compte par centaines sinon par milliers, le nombre de bourses d'études que Baye Niass(raa) a dispensées à des jeunes, sénégalais, gambiens, ghanéens, nigérians, qui lui doivent d'accéder aux collèges et facultés du monde arabe, indépendamment de son action en faveur de très nombreuses personnes des deux sexes (toutes confréries confondues) qu'il a aidées à se rendre aux lieux saints de l'islam.
Le savant :
Le Cheikh al islam est considéré comme un savant ayant écrit plusieurs documents islamiques, s'étant formé en Mauritanie avant de se rendre en pèlerinage à la Mecque, Cheikh Ibrahima Niass(raa), comme la plupart des chefs religieux ,sollicita sa reconnaissance par les autorités de la tarikhatou Tijaniyya. Il fut comblé puisque non seulement il fut considéré comme le « «Khalife de la confrérie » mais mieux, il fut nommé 'ghawth al zaman'(secours de l'époque). Lors de ce pèlerinage, il obtint une importante adhésion en la personne d'Abdallah Bayero, l'émir de Kano, la plus importante ville du nord du Nigeria. Séduit par la somme des connaissances et de la sagesse du Niassène, ce dernier l'invita au Nigeria et il séjourna principalement à Kano et à Sokoto.
Abdallah Bayero renouvela son affiliation à la TariqatouTijaniyya auprès de Baye Niass(raa) . Il y obtient l'adhésion de la majorité des oulémas de la Tijaniyya qui, dès la fin de deuxième guerre mondiale(1945), se font les moteurs de l'expansion de son mouvement dans toute l'Afrique de l'Ouest. A la mort de l'Emir Abdallah Bayero en 1953, son fils Mouhamed Sanuss lui succèda et renforça ses liens avec Ibrahima Niass(raa).
A la fin des années 1960, grâce à ses appuis politiques, le zèle de ses disciples nord-nigérians, son action éducative, il se trouve à la tête d'une communauté transnationale de plusieurs millions de membres répartis entre le Nord Nigéria, lieu par excellence de son rayonnement, le Ghana, le Niger, le Togo,le Bénin, la Haute volta,la Guinée (conakry) ,le Libéria, la Sierra Leone, le Tchad, le Caméroun, la Gambie, la Mauritanie et la région du Sine saloum
L'exceptionnelle ouverture d'esprit de Cheikh Ibrahima Niass (aar.) lui permit d'entretenir de solides relations avec les milieux maraboutiques sénégalais. Il avait beaucoup a cœur le triomphe d'un Islam fédérateur et harmonieusement vécu par tous les musulmans, convaincu qu'il ne saurait y avoir de différences entre eux du fait de l'existence des confréries :
«Je ne me rappelle mon appartenance à la Tarikhatou Tijaniyya que dans les moments où je fais mon Wird ! », a-t-il confié,un jour au professeur Ibrahim Barhama DIOP .
Premier Chef religieux ouest africain à établir des contacts avec les organisations islamiques internationales,
Ibrahim Niass(raa) a été:
- membre fondateur
-et vice-président de la ligue Mondiale Islamique basée à la Mecque,
-membre de l'Académie de Recherches de l'Université d'Al-Azhar
-et vice-président de la Conférence Mondiale Islamique dont le siège est à Karachi.
Plus qu'un érudit et un leader charismatique, Ibrahima Niass(raa) était un homme politique d'envergure. Non seulement, il entretenait des relations étroites avec des leaders politiques africains et arabes dont l'ancien président égyptien Abdel Gamal Nasser et le premier président du Ghana Kwamé Nkrumah qui, bien que chrétien, passa pour avoir été un de ses disciples, mais il a été dans les années1950 et 1960, très actif dans l'arène politique africaine en général et nigérienne en particulier.
L'unificateur
En 1958, Cheikh Ibrahima Niass (raa) avait lancé l'idée d'un rassemblement de tous les chefs religieux. Mais cette structure qu'on aurait du identifier sous le sigle C.S.C.R (conseil supérieur des chefs religieux) n'a finalement pas vu le jour.
Ce qui l'intéressait véritablement était que l'islam triomphe et que les musulmans puissent vivre totalement et sans complexe leurs convictions, après avoir acquis toute la connaissance et la sagesse qui leur faciliterait une telle stabilité.
En somme, Baye Niass(raa) avait de bonnes relations avec toutes les couches sociales du monde musulman Sénégalais.
Baye Niass (raa)s'est rendu plusieurs fois à Tivaouane, (surtout au début du khilâfa de feu Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh). Lors d'une de ces visites, il lui est arrivé de passer la nuit dans la chambre de Serigne Ababacar sy(raa). A son tour, il reçut à Medina Baye, Sérigne Mansour Sy(raa) (frère de Sérigne Ababacar Sy) accompagné d'une forte délégation. Il a également échangé plusieurs visites avec Sérigne Abdoul Aziz Sy(raa).
D'ailleurs en 1973, lors du décès de Serigne Mbaye Niass(raa), jeune frère de Baye Niass(raa)(en qui Baye vouait une grande estime), Serigne Abdoul Aziz Sy(raa), venu présenter ses condoléances, reçut une marque de confiance de la part de Cheikh Ibrahim Niass(raa) qui lui demanda de diriger la prière mortuaire.
Baye Niass(raa)avait aussi d'excellentes relations avec la confrérie mouride de Touba. Il s'y est rendu pendant le khilâfat de Sérigne Mouhammadou Moustapha Mbacke en 1951 et durant le khilâfat de Sérigne Fallou Mbacke. C'est avec ce dernier que Cheikh Ibrahima Niass(raa) a eu les relations les plus suivies. Ces deux hommes étaient pour lui de vrais amis, ainsi que Sérigne Bassirou(raa) qui était à Kaolack (Ndorong). Mais ce fut avec Sérigne Fallou (raa)que les relations avec Touba connurent le sommet de leur dynamisme.
Ainsi, Cheikh Djibril Samb raconte qu'en 1964, Cheikh Ibrahima Niass(raa) a rendu visite à Sérigne Fallou. Lorsque Baye le quitta, il le raccompagna jusqu'à Mbacké où il fit savoir à Baye et à l'ensemble de la suite :
«Je n'ai jamais dépassé ce lieu-ci en raccompagnant mes hôtes de marque jusqu'au Président Senghor. Il ajouta : «Mais, j'irai avec vous jusqu'à Diourbel», chose d'autant plus inédite que Cheikh Fallou Mbacké le justifia ainsi :« vous êtes une personnalité d'exception, c'est pourquoi je vous raccompagnerai plus loin que quiconque ! ».
Outre ,les milieux religieux de Tivaouane et de Touba, Baye Niass(raa) entretenait des liens étroits avec le milieu Layêne par le biais de leur premier khalife et avec la famille de Ndiassane dont certaines personnalités ont achevé ou effectué une partie de leur formation à Médina-Baye, en l'occurrence Serigne Mouhammadou Kounta (imam )et Bécaye Kounta.
Baye Niass(raa) est un modèle de vertus et d'honneurs !
Djeureudjeufffffffffffffffffffffffffeeeeeeeeeeeeee BAAAAAAAAAAYYYYYYYYYYYYEEEEEEEEEEE Tes qualités feront école !
QuAllâh(swt) pardonne tous nos péchés dans le «zôhir» comme dans le
« bâtine »,petits comme grands,ainsi ceux de nos parents, ceux de tous ceux qui nous ont précédés et ceux qui nous suivront ,dans l'islam et dans la Tariqatou Tijaniyya ! Allâhumma Amîne Ajma'ine !
Ne m'oubliez pas pendant vos pieuses invocations !
wa salam